Hérault : les sapeurs-pompiers sortent toutes les sept minutes

Le président du conseil départemental de l’Hérault, président du conseil d’administration du Service départemental d’incendie et de secours de l’Hérault -Sdis 34-, Kléber Mesquida et le contrôleur général Éric Florès, directeur du Sdis 34 ont dressé un bilan de l’activité des sapeurs-pompiers l’année dernière et évoqué les projets. En 2018, les casqués de l’Hérault ont réalisé 73 513 interventions, soit une en moyenne toutes les sept minutes.

78% des interventions -57 430- relèvent de secours à personne : accidents de la circulation -4 602- du travail, chutes et malaises sur la voie publique et dans des établissements recevant du public. Particularité de l’année dernière, la nette baisse des incendies urbains -usines, entrepôts, commerces- d’habitations -621- et de végétation -1 862, dont 41 feux de forêt- de l’ordre de moins 53,9%. « Il y a eu moins de mille incendies en 2018, par rapport à 2017, c’est énorme » convient le directeur du Sdis 34, qui remarque que, « les feux d’habitations repartent à la hausse depuis le début de l’année ».

Kléber Mesquida confirme ce constat : « L’année dernière, les interventions ont baissé de 40% par rapport à 2017 et la surface de végétation brûlée a été inférieure de 88% par rapport à l’été 2017 ». Le président du Département de l’Hérault se félicite, « des opérations communes multi-services entre les pompiers et les sapeurs-forestiers pour le débroussaillement près des massifs forestiers, où des voies d’accès sont par ailleurs tracées pour que les engins aillent au plus près du front de feu ».

50’000 personnes secourues

D’autres chiffres attestent de l’intense activité des pompiers de l’Hérault en 2018 : 50’000 personnes secourues, plus de 300’000 appels traités à la plateforme du 18-112-15, plus de 250’000 heures d’interventions, avec de plus en plus d’insécurité : 37 agressions ou menaces qui se sont soldées par 31plaintes, avec des réponses pénales des procureurs de la République de Montpellier et de Béziers. Selon le site d’actualité Secours Info qui révèle l’information ce mardi, les actes de violences sur les sapeurs-pompiers en mission ont triplé en dix ans en France : il y en a eu 2 813 en 2017, soit 74 chaque mois.

Diminuer les transports non urgents

Au chapitre des secours à personne, une étude est en cours avec l’agence régionale de santé -ARS- et le CHU Lapeyronie de Montpellier pour diminuer le nombre d’interventions ne relevant pas du caractère d’urgence et géré par le Centre 15, avec le Samu 34, mais aussi avec les ambulances privées. Les VSAV -ambulances- du Sdis 34 sont beaucoup trop sollicités pour ces transports de carence. Le directeur du Sdis 34 a chaleureusement remercié le président du Département de l’Hérault pour l’effort consenti de nominations massives d’adjudants : de 190 à 340 en trois ans et demi. Ce sont ces gradés qui assurent les fonctions de chef d’agrès lors des interventions.

Augmenter la féminisation

Objectif du patron des pompiers de l’Hérault : augmenter la féminisation -14% des effectifs seulement, mais 33% de recrutement actuel-, en faisant des efforts notables pour doter les casernes de vestiaires adaptées : « Beaucoup de femmes rechignent à s’engager en découvrant l’existence de vestiaires mixtes », relève Éric Florès. L’Académie française a officialisé le terme sapeuse-pompière, comme nous l’avons évoqué ici le 8 mars, en honorant la Journée internationale des droits des Femmes.

Restons dans les chiffres : le coût par habitant du Sdis 34, classé en catégorie A, est évalué à 83,47€. Il est inférieur à la moyenne nationale : 86€ par habitant.

71 casernes, plus de mille véhicules

Les 3 600 volontaires et les 800 professionnels disposent de plus de mille véhicules dans les 71 casernes, dont la moyenne d’âge est inférieure à sept ans. Ce mardi, Kléber Mesquida et Eric Florès ont confirmé que le projet de construction d’une troisième caserne à Montpellier, pour assurer la couverture du centre-ville et des faubourgs dans des délais raccourcis, était bien avancé, sur un terrain de la métropole dans le quartier des Près-d’Arènes mitoyen avec la cité Saint-Martin, au bout de la voie ferroviaire de la gare SNCF Saint-Roch.

Kléber Mesquida fait part de son souhait que le déroulement de ce dossier prioritaire s’accélère et ne s’enlise pas…Coût de la nouvelle caserne de Montpellier : 15 M€. Le budget est bouclé.

Palavas-les-Flots ouvert à l’année

Les « soldats du feu » de Béziers, Castries, Bessan et Nissan-lez-Ensérune auront une nouvelle caserne, celles de Paulhan, Marsillargues et Cazouls-lès-Béziers seront modernisées.

Le centre de secours de Palavas-les-Flots va être agrandi pour être opérationnel à l’année pour assurer les missions jusqu’à Lattes et Pérols. Le projet du centre de formation à Gignac qui aura un rayonnement régional est sur les rails, avec l’acquisition des dernières parcelles pour espérer une inauguration fin 2020, début 2021.

Une réserve de pompiers retraités bénévoles

Le Sdis 34 est pionnier avec la création d’une réserve ouverte aux sapeurs-pompiers professionnelles et volontaires à la retraite. 70 hommes et femmes sont concernés. « On ne peut pas la comparer à celles de la gendarmerie et de la police, car ces anciens pompiers n’effectueront pas d’interventions, ils auront des missions préventives bénévoles dans les centres de secours pour gérer la logistique, par exemple, également dans les établissements scolaires et auprès des 400 Jeunes sapeurs-pompiers de l’Hérault qui s’engagent dès l’âge de 12 ans. Comme pour les Aventures de Tintin, nous aurons des pompiers de 7 à 77 ans », révèle le contrôleur général Éric Florès.

Géolocalisation des engins de feux de forêt

Autre nouveauté : la géolocalisation dès cet été des camions-citernes feux de forêt -CCF- et, pour la deuxième saison des feux de forêt, l’utilisation des drones pour survoler les zones calcinées équipés d’une caméra thermique pour isoler des brûlots pouvant rallumer des brasiers. Des drones très utiles pour des épisodes de mini-tornades, comme ce fut le cas récemment à Lattes et à Mauguio.

Les pompiers volontaires en danger

Il y a une petite ombre au tableau dans ce bilan positif : le danger de voir disparaître les sapeurs-pompiers volontaires, « ce qui serait un séisme dans l’organisation de la chaîne des secours et de l’urgence », déplore Kléber Mesquida. Le conseil départemental de l’Hérault a rédigé une motion de soutien aux sapeurs-pompiers de France, adressé au Président de la République et au ministre de l’Intérieur, pour que l’État ne mette pas en oeuvre la Directive européenne du temps de travail -DETT-, comme l’oblige la Cour de justice de l’Union européenne, la CJUE.

Transposer la Directive européenne sur le temps de travail –DETT– en France signerait la fin du volontariat comme engagement citoyen. Ce scénario fait également réagir la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France. La DETT appelle à la mise en chantier d’une nouvelle directive européenne spécifique aux forces de sécurité et de secours d’urgence. Elle s’impose depuis ces derniers mois comme un des principaux motifs d’inquiétudes au sein de la communauté des sapeurs-pompiers.

Les volontaires assimilés à des travailleurs

Comment en est-on arrivé à cette situation ? Devant statuer sur un contentieux opposant un sapeur-pompier volontaire à la commune belge de Nivelles, à propos de la rémunération de son service d’astreinte, la Cour de travail de Bruxelles a décidé de s’interroger sur l’applicabilité de la DETT sur sa situation.

Pour ce faire, elle a saisi la CJUE, qui a fini par conclure que les sapeurs-pompiers volontaires sont assimilables à des «travailleurs».

« Toujours présents »

Un arrêt qui a eu l’effet d’une bombe chez les sapeurs-pompiers et qui est toujours d’actualité, d’où cette motion, inédite en France, prise par le Département de l’Hérault qui est sur le bureau d’Emmanuel Macron. Certes, aucune procédure de mise en demeure n’a été engagée contre la France jusqu’à aujourd’hui pour non-conformité avec la DETT, mais sa transposition en droit français constitue un épée de Damoclès. « Elle conduirait à plafonner de manière cumulée le travail du salarié et son activité de sapeur-pompier volontaire à 48 heures par semaine. Ces volontaires ne se reconnaissent pas comme des travailleurs et ne s’engageant pas pour une telle reconnaissance, mais bien pour sauver des vies » martèle Kléber Mesquida.

Le président du Département de l’Hérault a répété, ce mardi devant la presse d’ici, au côté du contrôleur général Éric Florès et de quelques officiers qu’il était fier des sapeurs-pompiers du département « toujours présents et toujours là quand il faut », le fameux slogan du Sdis 34.

>> Vidéo : le directeur du Sdis 34 évoque la troisième caserne à Montpellier

Des officiers du Sdis 34 présents ce mardi. Photo JMA. Métropolitain.

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