Interview. Jean-Marc Maillot : « De grands projets pour le Cercle Mozart »

Ces dernières semaines, le très réputé cercle de réflexion montpelliérain, fort friand de débats, a connu quelques polémiques. « Le succès attire la critique. Mais, hors de question de laisser le buzz l’emporter sur la raison », tempête Jean-Marc Maillot, le nouveau président, soutenu par son prédécesseur, l’incontournable Michel Fromont.

Il évoque cartes sur tables l’actualité d’un cercle en pleine expansion où, c’est assez cocasse pour le souligner, on refuse de tourner en rond.

Jean-Marc Maillot, avocat et universitaire depuis 20 ans dans la région, un des fondateurs et ancien premier vice-président du Cercle Mozart depuis les débuts, il y a 10 ans… Vous êtes suffisamment connu sur la place montpelliéraine, pour que j’écarte les questions biographiques et vous pose directement celle qui me brûle les lèvres.

 (Il sourit) Allez-y.

Intervention controversée d’Eric Zemmour, liens présumés (depuis démentis) avec le Grand Orient de France… à quand la prochaine polémique ?

Je m’attendais à cette question. Voilà ma réponse. Le Cercle Mozart a lancé, voilà plusieurs mois, un cycle de conférences destiné à recevoir plusieurs journalistes qui participent, à l’échelle nationale, au débat public. Eric Zemmour fait partie de ceux-là. Tout comme Christophe Barbier, reçu il y a deux semaines ou encore, prochainement, Edwy Plenel, Nicolas Bouzou et Luc Ferry. Pourquoi chercher à créer une polémique stérile et outrancière, si ce n’est pour nuire à notre image ?

Bernard Serrou intervient un instant

D’ailleurs, l’incompréhension est telle qu’une vague de soutiens spontanés s’est manifestée. Tout le monde connaît le Cercle Mozart et sait parfaitement que nous ne transigeons pas sur nos valeurs, qui sont celles de la République. Soulignons aussi, au passage, que la décision d’inviter toutes ces personnalités a été prise à l’unanimité du Bureau et du Conseil d’administration et qu’aucun adhérent du Cercle Mozart n’a démissionné de l’association. Alors bon…

Affaire classée, comme on dit dans votre jargon juridique ?

Oui, si on veut. On passe à autre chose, mais on tire quand même en enseignement de cet épisode. La notoriété du Cercle et sa capacité d’action nous impose d’être particulièrement vigilants et va nous amener à affiner les modalités de réception de nos intervenants, surtout ceux qui pourraient apparaître comme clivants. Mais ce qui est certain, c’est qu’on ne reçoit d’ordre ou d’injonction de personne et qu’on ne va pas s’interdire quoi que ce soit pour une poignée de mécontents.

Et concernant vos liens présumés avec le Grand Orient ?

Alors là, je vais être encore plus cash. Le Cercle Mozart n’a jamais, je dis bien jamais, entretenu de liens de dépendance avec la Franc-maçonnerie. Tout comme ça n’a jamais et je le répète, jamais, été un critère de sélection ou un mode de fonctionnement de notre association. Qu’une partie, minoritaire d’ailleurs, de ses membres en fasse partie, c’est une chose ; qu’on fasse un amalgame, c’en est une autre que je ne peux pas accepter. Ma conclusion est simple : nous sommes victimes des mesquineries de quelques jaloux, qui, souvent par calculs personnels, nous envient notre position d’association incontournable sur Montpellier et sa région.

Alors, Michel Fromont, justement parlons-en. Comment se porte le Cercle aujourd’hui ?

 Michel Fromont : Ce n’est plus à moi qu’il faut poser la question, jeune homme !

Vous êtes quand même président d’honneur.

Oui, mais le président, désormais, c’est Jean-Marc Maillot, même si je serais surpris d’entendre que tout va mal (sourire) !

J-M Maillot : Merci Michel. Non, en effet, tout va bien. Le Cercle Mozart ne s’est même jamais aussi bien porté. Ses 300 membres renouvellent massivement leur adhésion, les nouvelles candidatures affluent et nous préparons des manifestations d’envergure pour les mois qui viennent. Il n’y a strictement aucune division interne, bien au contraire. Michel Fromont avait préparé depuis deux ans sa succession, laquelle s’est déroulée à l’unanimité du Bureau et du Conseil d’administration. En tant que Président d’honneur, il garde un rôle très actif au sein du Bureau et ne me refuse jamais un conseil quand j’évoque ma volonté d’ouvrir le cercle.

Ouvrir le cercle ?

Oui, ce sera le maître mot de ma présidence. Vous savez, la vocation de notre association, c’est de mener des réflexions qui ont toutes un seul et même objectif : l’intérêt général pour le développement du territoire. L’entre-soi, ça ne sert à rien. On veut au contraire faire connaître, diffuser nos conclusions, participer à notre niveau au grand débat.

…National ?

Entre autres. On y participe d’ailleurs ce mardi sous l’égide d’André Bonnary, à qui j’ai cédé ma place de premier vice-président. Nous avons des propositions originales et nous voulons les faire connaître.

Le cercle n’est pas politisé, mais qu’il joue un rôle politique au sens où il contribue à la bonne santé de la vie de la cité.

Le cercle est-il politisé ?

Non. Aucun membre du Cercle n’a de mandat exécutif. Mais les politiques sont régulièrement invités à intervenir, en particulier lors de la campagne des municipales, où les favoris à la mairie viennent débattre autour des idées phares de leur programme. En outre, les portes sont grandes ouvertes aux politiques qui souhaitent assister à nos débats. Ils sont d’ailleurs nombreux à chaque fois, Philippe Saurel en tête, à nous honorer de leur présence. On peut donc dire, je pense, que le cercle n’est pas politisé, mais qu’il joue un rôle politique au sens où il contribue à la bonne santé de la vie de la cité.

Bernard Serrou : Comme on dit, « pour peser, il faut exister. Et pour exister, il faut se faire connaître ».

Y a t-il des idées portées par le cercle qui ont trouvé une forme concrète dans le développement de notre métropole ?

Comment quantifier la part décisionnaire qu’une idée ou qu’un argument de valeur peut avoir dans la décision d’un élu ?

Je reformule : le cercle est-il visionnaire quand on en vient à parler du développement de notre territoire ?

Là, je peux vous répondre. Et par l’affirmative. Je me souviens par exemple d’un rapport que nous avions publié il y a plusieurs années, en lien avec la CCI de Montpellier, sur les modalités et les enjeux du passage d’agglomération à métropole. Sur un sujet axé santé, nous avons aussi joué un rôle de médiateur, notamment l’an dernier, sur la sensibilisation vaccinale auprès de publics méfiants ou réticents. La question du développement des infrastructures sportives, et notamment le nouveau stade de football, a également été portée par le cercle. Nous intervenons sur plein de sujets grâce à nos six commissions : aménagement du territoire, santé, culture, sport, viticulture et action sociale. Sans trop vous dévoiler les détails d’un gros projet qui nous occupe actuellement, je peux aussi vous dire que nous prévoyons pour 2020, en lien avec la ligue nationale contre l’obésité, dont le siège est à Montpellier, une manifestation très prestigieuse avec un invité de marque…

Nous travaillons avec elles dans une égalité absolue, mais on refuse cette injonction de parité

Pour revenir sur l’ouverture, dont vous vous portez le garant… Toujours pas de femmes autorisées ?

Nous travaillons avec elles dans une égalité absolue, mais on refuse cette injonction de parité. Pas de femmes membres du cercle, en effet, mais partout ailleurs. Dans nos soirées, sur la scène lors de nos conférences, au cœur de nos travaux quand on collabore avec des cercles de femmes qui ne sont autres que le pendant féminin de notre association…

Et l’ouverture territoriale ?

C’est Michel Fromont qui a la charge de développer un réseau de cercles Mozart sur plusieurs territoires : Sète Aix-en-Provence, Nîmes, où nous avons déjà un cercle affilié dénommé « Terres du Rhône et de la Méditerranée », présidé par Me Hervé-Georges Bascou, …

Le mouvement des Gilets Jaunes est l’expression d’une nécessité absolue, que nous ne perdons jamais de vue au sein du cercle, celle de replacer l’individu au cœur du débat

Une dernière question, pour clôturer ce déjeuner : l’année de votre accession à la présidence aura été marquée, à tous les échelons de la société, par le mouvement Gilets Jaunes. Vous participez d’ailleurs au grand débat. Quelle est votre analyse sur la question… en une seule phrase ?

 Je dirai que ce mouvement est l’expression d’une nécessité absolue, que nous ne perdons jamais de vue au sein du cercle, celle de replacer l’individu au cœur du débat.

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