Matricide présumée de Lunel : la fille remise en liberté

Dans un arrêt rendu mercredi, les juges de la chambre de l’instruction près la cour d’appel de Montpellier ont accepté la demande de remise en liberté de la fille de cette retraitée de Lunel, tabassée et asphyxiée mécaniquement en décembre 2017. Les deux précédentes requêtes déposées par la quadragénaire avaient été rejetées.

Comme lors des précédentes audiences, l’avocat général s’est opposé à sa remise en liberté provisoire. Les juges ne l’ont pas suivi. On ne connaît pas encore ce jeudi leur motivation, contenu dans leur arrêt signifié aux parties pour expliquer leur décision.

La fille de la retraitée de 67 ans tabassée, avant d’être étouffée, puis étranglée dans leur villa de Lunel, début décembre 2017 a été mise en examen et écrouée fin juillet dernier pour homicide volontaire par ascendant,

Âgée de 40 ans, institutrice dans une école à La Grande-Motte, mère d’un enfant, dont la garde est assurée par le père, elle nie farouchement les faits présumés depuis son placement en détention provisoire. Et c’est en pleurs depuis la maison d’arrêt où elle est détenue, en direct grâce à la visioconférence, que la quadragénaire a maintenu sa position lors des deux précédentes audiences : elle est innocente.

Sept mois d’investigations

On ne peut pas dire que l’enquête des gendarmes de la section de recherches de Montpellier a été bâclée dans cette procédure criminelle : les investigations, minutieuses, discrètes autour de la suspecte ont duré sept mois. Il avait été prévu, au lendemain de la macabre découverte de placer la fille de la sexagénaire en garde à vue, début décembre, tant les soupçons qui pesaient sur elle étaient lourds.

Finalement, après concertation entre les enquêteurs et le procureur de la République de Montpellier, il a été décidé de ne pas précipiter l’interpellation, de travailler sur d’autres pistes éventuelles -toutes écartées depuis-, bref de diligenter une enquête exemplaire.

Pas d’effraction, simulacre de vol

C’est que le procureur de la République et les gendarmes ont été très étonnés des constatations faites le 7 décembre dernier, après que la fille de la sexagénaire ait signalé la macabre découverte : pas de trace d’effraction, aucune pièce fouillée et le sac à main de la victime ouvert, posé à l’intérieur devant la porte d’entrée verrouillée, sans son téléphone portable à l’intérieur. Le téléphone mobile de la victime n’a toujours pas été retrouvé, d’ailleurs.

Dans la nuit, vers 4h, les voisins de la villa ont été réveillés par des bruits de chocs étranges, avant d’entendre un cri de douleur, puis d’être alertés par les trois chiens de la sexagénaire et de sa fille qui ont longuement aboyé. Au point que pensant à un cambriolage ou à une agression, le voisin est sorti dans la rue.

La fille n’a rien vu, ni rien entendu

Comme il n’a rien constaté d’anormal devant la villa mitoyenne et que le calme était revenu, il a regagné son lit. Ce voisin et sa femme sont formels : il faisait nuit noire quand ils ont été brutalement tirés de leur sommeil en attendant le ramdam dans la maison de la sexagénaire et de sa fille, achetée à deux. La défense de la quadragénaire tente de mettre le doute en indiquant qu’il était en réalité 6h30. Et que le meurtre s’est déroulé après son départ.

La version de la fille de la retraitée fait état qu’elle s’est réveillée à 6h30 ce matin-là pour se préparer à partir au travail à La Grande-Motte, que sa mère était en vie et que les trois chiens ont aboyé. Qu’elle ne les a jamais entendu aboyer plus tôt dans la nuit, où elle n’a pas, non plus entendu de bruit suspect, comme un cambrioleur qui serait venu visiter la villa, ouvrir le sac à main et voler le portable de sa mère, sans rien emporter d’autre et sans être mordu par les chiens…

Alors qu’elle se trouvait bien dans la villa, seule en compagnie de sa mère, elle n’a donc rien vu, ni rien entendu. Comment expliquer alors qu’aucune trace d’effraction n’a été relevée. Comment dès lors, le cambrioleur devenu meurtrier pour un téléphone portable a t-il pu rentrer et s’enfuir de la maison ? L’autopsie a révélé que le décès était antérieur à 6h30, qu’il remontait au milieu de la nuit.

Violence inouïe

Les médecins légistes de l’Institut médico-légal du CHU Lapeyronie de Montpellier ont établi un rapport indiquant que la sexagénaire a été tabassée à coups de poing et de pied : plusieurs côtes fracturées, visage déformé, hématomes sur diverses parties du corps. Une violence inouïe.

La retraitée se trouvait dans son lit, quand elle a été rouée de coups, puis, étouffée avec un oreiller, avant d’être étranglée à mains nues. Sur la taie d’oreiller du lit de sa mère, les gendarmes scientifiques ont isolé l’ADN de sa fille… L’enquête atteste que la mère et la fille se disputaient régulièrement pour, notamment un litige financier. Ce serait le mobile pour l’accusation, ce que contestent la matricide présumée et son avocat.

Libre désormais, la quadragénaire doit respecter un contrôle judiciaire strict durant l’instruction, qui se poursuit activement.

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