Montpellier : l’inspecteur des Impôts soupçonné de contrebandes

Métropolitain a révélé ici, en fin de semaine, la mise en examen d’un inspecteur principal des Impôts rattaché à la direction des Finances publiques de l’Hérault, en poste à Montpellier pour les délits douaniers de contrebandes -alcool et cigarettes-, travail dissimulé, fraude fiscale et blanchiment, après une opération lancée le 6 février par les policiers de la division économique et financière du SRPJ de Montpellier.

Âgé de 48 ans, gérant de fait de la SARL propriétaire d’une épicerie ouverte 24h sur 24 et ayant pignon sur rue place Roger Salengro, dans le quartier de Figuerolles, a été placé en détention provisoire. Son épouse, âgée de 44 ans, gérante de droit et un ami, un artisan âgé de 49 ans ayant réalisé des travaux dans le commerce, également mis en examen, ont été placés sous contrôle judiciaire.

Épicerie fermée

L’épicerie était fermée et les gondoles de vente de fruits et légumes retirées, lundi, à l’heure où Christophe Barret, le procureur de la République de Montpellier et le commissaire divisionnaire Jean-Philippe Fourgereau, directeur du SRPJ ont évoqué cette procédure judiciaire, « lancée dans le cadre de l’exploitation de renseignements obtenus dans la lutte contre l’importation illégale de cigarettes de contrebande à Montpellier, via des filières mafieuses des pays de l’Est, ainsi que par des réseaux de la principauté d’Andorre ».

Go fast depuis les pays de l’Est

Le directeur du SRPJ a révélé, hier que, « les mafias locales, des Polonais, des Moldaves et des Arméniens détournent par tonnes, le tabac qui sort des usines en Ukraine et en Biélorussie, entre 1€ et 1,20€ le paquet, revendu 2€ aux trafiquants pour un transport souvent en go fast, comme pour le trafic de drogue et vendu 5€ le paquet ou 5 centimes d’euros l’unité dans les épiceries de Montpellier. L’année dernière,  1 400 cartouches de cigarettes détournés en Ukraine avaient été saisis ici ».

Selon nos informations, le paquet est actuellement vendu illégalement jusqu’à 7€ et la cigarette à l’unité à 7 centimes d’euros dans des épiceries de nuit de Montpellier…Les clients estiment que tout augmente !

918 bouteilles d’alcool

Lors de l’arrestation de cet inspecteur principal du Fisc, les policiers ont saisi 47 cartouches de cigarettes détaxées, donc interdites à la vente, « d’autant que le mis en examen n’est pas gérant d’un bureau de tabac », a relevé le procureur, et 918 bouteilles d’alcool, « qui n’étaient pas, curieusement dans la réserve de l’épicerie », a t-il remarqué, et dont il a assuré en garde à vue que, « il possédait tous les justificatifs de ces achats qu’il apporteraient rapidement au juge d’instruction, comme il allait fournir tous les documents pour déclarer les bénéfices de la SARL ».

Au domicile du couple, 12’000€ en numéraires ont également été saisis, tandis qu’un coffre détenu par l’artisan, chez lui, mais dont il ne possédait pas la clé renfermait 172’000€ en numéraire. Au total, 180’000€ ont été confisqués. Les investigations ont par ailleurs attesté qu’à deux reprises, l’épouse de l’inspecteur principal du Fisc s’est rendue en Tunisie avec 9 999€ lors de chaque voyage présentés à la douane, l’exportation de fonds à l’étranger ne devant pas atteindre ou dépasser les 10’000€.

Des salariés payés au noir

« Le quadragénaire conteste être le dirigeant de fait, son épouse reconnaissant gérer l’épicerie et les huit à dix employés, mais assurant que c’est son mari qui s’occupait de la comptabilité et du maniement des fonds retirés de l’exploitation du commerce. Certains salariés étaient payés au noir, ce qui explique le chef de mise en examen de travail dissimulé pour le couple, ce que M. et Mme n’ont pas nié », a précisé Christophe Barret, qui a insisté sur « la particularité de ce dossier, en raison de la profession d’un des mis en examen, un inspecteur principal des Impôts, qui, d’habitude collabore avec les procureurs pour lutter contre la fraude fiscale et l’importation illicite de cigarettes et d’alcool, notamment au sein du Codaf, le comité départemental anti-fraude ».

Diffamation et clause illégale

L’instruction ne fait que commencer, sur fond de règlement de compte sur la page Facebook du propriétaire des murs de cette épicerie de Figuerolles, Mounir Letaief qui a cédé le fonds de commerce à « ses amis », l’inspecteur principal du Fisc et à son épouse, dont il balance volontiers les identités -le couple est jeté en pâture sur les réseaux sociaux-, tout en mettant en cause gravement une élue et un fonctionnaire de la Ville de Montpellier.

Des plaintes pour diffamation ont été déposées contre le propriétaire des murs, propriétaires d’épiceries de nuit à Montpellier, tandis que le couple d’acheteurs a saisi la justice pour dénoncer une clause illégale et préjudiciable contenue dans le bail signé avec Mounir Letaief. Ambiance…

2 Comments

  1. 1,2 à 2 e le paquet = donc le coût de fabrication. Or cette fabrication est completement automatisée. Donc le cout de fabrication doit etre le meme en FR. On voit ce que l état se met dans la poche mais c est pour notre santé n’est ce pas ! Mais oui mais oui!

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