Exposition à Montpellier : Andy Summers dans la cour des (très) grands

Le Pavillon Populaire de Montpellier surprend une nouvelle fois avec l’exposition «Andy Summers, une certaine étrangeté», la première rétrospective mondiale consacrée au travail photographique de l’ancien guitariste du groupe The Police.

À travers près de 400 clichés on y découvre un regard photographique singulier.

La petite histoire n’a rien de vraiment rock n’roll mais elle en dit long sur la personnalité d’Andy Summers : «Assis dans une chambre d’hôtel à New York, en septembre 1979, je regardais la télé tout en grattant ma vieille Telecaster cabossée, quand je me suis dit qu’il fallait que je m’achète un vrai appareil photo (…) C’était marrant, mais être assis dans une chambre d’hôtel à contempler les murs, c’était ennuyeux, et nous avions besoin de nous occuper».

Ainsi est née cette relation autobiographique à la photo chez cet Anglais, considéré comme l’un des plus grands guitaristes de l’histoire par le magazine Rolling Stones.

Autodidacte

Ses premières années de photographe – que l’on découvre à travers 200 images petit format à l’étage du Pavillon – documentent la vie du groupe The Police. Mais, au fil des années, se dégage une vision singulière chez le jeune photographe amateur.

«En autodidacte, il a beaucoup regardé les maîtres Cartier-Bresson, Walker Evans, Robert Frank… Et il a réussi à les dépasser avec un langage visuel qui lui est propre», explique Gilles Mora, directeur du Pavillon Populaire et ami du photographe.

Le style d’Andy Summers emprunte beaucoup à sa musique, notamment dans sa manière de créer des espaces, et son utilisation des flous et des halos, comme les échos d’un accord ou l’oscillation d’une vibration. «C’est un photographe de rue, il fait un travail documentaire, mais avec une approche surréaliste», précise Gilles Mora, qui a travaillé en étroite collaboration avec le photographe pour sélectionner 185 tirages, souvent inédits, pour composer l’exposition du rez-de-chaussée du Pavillon.

Rare

Dans ces «années selfies» où la photographie n’a jamais été aussi omniprésente, mais tellement formatée, cette rétrospective serait même salutaire, d’après Gilles Mora : « Andy a construit une vision et un style qui lui est propre et c’est d’autant plus rare à notre époque où tout a tendance à se ressembler. Mais lui est issu de cette génération des années 80 où cela était encore possible ».

Au gré de ses pérégrinations dans le monde, le guitariste a ajouté une corde de plus à son expression artistique, des riffs et des arpèges en noir et blanc, à part entière, sophistiqués, élégants, joueurs… et étranges, certainement.

>> Pratique : Pavillon Populaire, Esplanade Charles de Gaulle, Montpellier
Tel : 04.67.66.13.46. Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 18h.

Visites guidées hebdomadaires : le vendredi 16h, le samedi 14h30 et 16h et le dimanche à 11h. Visites guidées ou libres en groupe. Réservations obligatoires par mail : visites@ville-montpellier.fr

« Andy Summers. Une certaine étrangeté »

au Pavillon Populaire jusqu’au 14 avril

Esplanade Charles-de-Gaulle, Montpellier

 

 

 

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