Théâtre à Montpellier : qui était Sapphô,  la « première » des lesbiennes ? 

Jusqu’à dimanche soir, le théâtre Rondelet, à Montpellier, accueille la pièce Sapphô, première des lesbiennes, une création originale qui entend bien rendre justice à celle qui fut l’une des plus grande poétesses antiques.

Sapphô, poétesse du VIe siècle av. JC, qui vécut sur l’île de Lesbos en Grèce (dont le nom donnera plus tard le terme « lesbienne ») eut une vie sulfureuse au cours de laquelle elle assuma ouvertement son homosexualité. Elle laissa derrière elle une œuvre vaste qui a traversé les âges, et un nom autour duquel se bâtirent de nombreux mythes, parmi lesquels il est parfois délicat de démêler le vrai du faux.

Un mythe antique narré par des femmes

Le cercle de poésie qui entourait Sapphô était constitué de jeunes femmes qui étaient ses disciples et souvent ses amantes. La pièce Sapphô, première des lesbiennes raconte, à la façon d’une nouvelle page de la mythologie, le récit de sa quête effrénée pour retrouver Athis, la femme qu’elle aime, enlevée par les terribles bacchantes loin de leur île idyllique, une quête au cours de laquelle elle pourra compter sur l’aide d’ Athéna, déesse de la guerre et de la sagesse.

Le texte, interprété ici par les comédiennes Delphine Thelliez, Charlie Morgan, Pamela Acosta, Stella Pueyo, est une création du metteur en scène – et comédien dans la pièce également – Imago des Framboisiers, qui choisit de narrer ce récit antique à travers le point de vue des personnages féminins, à partir des extraits de ses poèmes que l’on a pu retrouver. Sapphô est le dernier volet de sa « trilogie des Bacchantes », déjà joué à Paris ou encore au festival d’Avignon.

Une artiste « invisibilisée »

Sapphô est considérée par beaucoup comme la plus grande poétesse de la Grèce antique mais elle a été, à l’instar de nombreuses artistes féminines, « invisibilisée », c’est-à-dire ignorée, censurée, volontairement oubliée car elle était une femme, homosexuelle qui plus est, par ses confrères contemporains puis à travers les âges.

Comme l’explique le metteur en scène de la pièce, « il ne nous reste que quelques fragments de son œuvre, que nous retrouvons peu à peu. Il s’agit bien souvent d’extraits cités par d’autres auteurs, car Sapphô a dérangé. On a cherché à la faire tomber dans l’oubli parce qu’elle aimait des femmes ».

Amoureuses d’hommes ?

Au point qu’on aurait même tenter de « l’hétérosexualiser » en inventant d’autres légendes à son sujet, dans lesquelles elle tombait amoureuse d’hommes, allant même jusqu’à se suicider pour l’un d’entre eux.

La pièce réfute cette théorie, colportée notamment par certains savants du XIXe siècle et entend bien rendre justice à la poétesse en créant une nouvelle légende, afin que Sapphô « reste et demeure un exemple pour celles et ceux qui vivent librement ».

Ce samedi et ce dimanche à 18h et 21h 

Théâtre Rondelet – 14 rue de Belfort à Montpellier 

Tarifs de 14,75 à 16,8 euros.

 

1 Comment

  1. Réduire Sapho à l’homosexualité, c’est un peu comme réduire Socrate à la pédophilie. Ignorance+bêtise+récupération honteuse

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