Recyclage des médicaments : l’Occitanie progresse

Les médicaments non utilisés (MNU) doivent être recyclés, car rejetés dans la nature, ils polluent fortement l’environnement. L’association Cyclamed, chargée d’assurer le recyclage des MNU, a fait escale à Montpellier pour rappeler les enjeux et les chiffres locaux du recyclage, qui permet de transformer les MNU en énergie.

Le rejet des médicaments dans l’environnement impacte fortement celui-ci. Des observations prouvent que les MNU influencent négativement la faune et la flore en modifiant les équilibres naturels. Une étude anglo-américaine a confirmé que les femelles étourneaux sous Prozac sont moins courtisées par les mâles : les résidus des antidépresseurs, évacués par les selles et les urines, contaminent les eaux usées et modifient, une fois rejetés dans la nature, le comportement des oiseaux. Pour la même raison, des poissons deviennent hermaphrodites à cause des résidus de pilules contraceptives présents dans les rivières.

Recyclage obligatoire pour les pharmacies

D’où l’obligation faîte aux pharmacies de récupérer les MNU que les citoyens leur ramènent. La récupération des médicaments par les officines est devenue une obligation légale pour la profession. Mais les pharmacies ne sont pas des « poubelles » : les pharmaciens sont en effet chargés de vérifier et trier les médicaments qui leurs sont rapportés, car le recyclage exclue certains types de produits, comme les cosmétiques ou les compléments alimentaires.

La région Occitanie est plutôt bonne élève pour le recyclage des MNU.

L’association Tulipe pour l’humanitaire

Depuis la loi de 2008, Cyclamed, l’association chargée du recyclage en France des MNU, ne redistribue plus les médicaments non périmés à des organismes humanitaires, notamment pour l’Afrique. C’est l’association Tulipe, créée par les industriels de la pharmacie, qui est désormais chargée d’acheminer des médicaments neufs sur le continent africain : « C’est une règle de sécurité pour ne proposer que des traitements adaptés », explique Thierry Moreau Defarges, président de Cyclamed : « Les laboratoires suivent la procédure établie par l’OMS qui achemine et distribue les traitements avec les convois humanitaires ».

Des MNU pour produire de l’énergie

Alors, comment recycler les MNU ? Cyclamed explique que le recyclage est destiné à l’incinération pour produire de l’énergie. « La collecte des médicaments non utilisés augmente en France : selon l’étude de BVA de mars 2018, 78% des français déclarent rapporter leur MNU », se réjouit le président qui annonce que 11 083 tonnes collectées en 2017 (soit 164 grammes par an et par habitant) ont été acheminés vers des unités de valorisation énergétique pour produire assez d’énergie pour chauffer l’équivalent de 7000 à 8000 logements en France !

L’Occitanie plutôt bonne élève

Pour la région Occitanie, les 2021 pharmacies recensées sur le territoire ont récupéré 1052 tonnes de MNU, soit 178 g/hab/an/, des chiffres au-dessus de la moyenne nationale. « Ce qui correspond à 2,8 boîtes de médicaments/hab/an », précise Thierry Moreau Defarges : « À noter qu’en Occitanie, on vend en moyenne 45 boîtes/hab/an contre 43 dans le reste du pays ». Pour aller plus loin dans le recyclage, Cyclamed a planifié, du 21 janvier au 17 février, une nouvelle campagne TV.


Cyclamed, une appli pour mieux recycler
L’association a lancé son application « mon armoire à pharmacie » pour identifier les médicaments qui peuvent être ramenés dans les pharmacies. « C’est un outil facile et convivial qui permet à chaque foyer de mieux gérer ses médicaments non utilisés », commente Thierry Moreau Defarges.

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