Réforme Blanquer sur les langues régionales : Carole Delga voit rouge

Mercredi, le monde occitan (au travers de la fédération des enseignants de langue occitane et culture d’Oc), le centre régional de l’enseignement de l’occitan (CREO), « lo Congrès », les calandretas et plus largement les associations occitanes de toute la région, ont manifesté leur colère devant le Rectorat de Toulouse. En effet, dans les prochaines semaines, le ministère de l’Éducation nationale publiera les derniers ajustements relatifs aux enseignements de langues régionales dans le cadre de la réforme du Lycée et du Baccalauréat. Et quelques dents risquent de grincer…

« En l’état, ce projet de réforme, qui entrera en vigueur à la rentrée scolaire 2019 constitue en effet un recul inacceptable de divers enseignements et notamment de la place et du statut de l’enseignement des langues régionales au Lycée ainsi que de leur valorisation au baccalauréat », a immédiatement réagi Carole Delga, la présidente de Région Occitanie.

L’Occitan, en option ?

Les services de l’Etat ont indiqué aux proviseurs une modification dans les dotations horaires pour l’occitan. D’après les informations dont nous disposons, ces heures, sanctuarisées jusqu’à ce jour, seraient dorénavant attribuées au seul enseignement bilingue, et non plus également à l’enseignement de l’occitan comme langue vivante.

Ces mesures conduiront à ce qu’un grand nombre d’établissements d’Occitanie voient purement disparaître l’option d’enseignement de la langue occitane. « Les proviseurs ne peuvent pas faire aussi bien avec moins de crédit alloué », alerte le corps enseignant.

Un bien commun à sauvegarder

Pour rappel, en janvier 2017, la Région Occitanie (au travers de l’OPLO) avait signé avec le ministère de l’Education Nationale une convention « pour le développement et la structuration de l’enseignement contribuant à la transmission de l’occitan dans les académies de Bordeaux, Limoges, Montpellier, Poitiers et Toulouse ».

Elle stipule toujours que : « partie intégrante du patrimoine de la France, la langue occitane constitue un bien commun qu’il convient de sauvegarder, promouvoir et transmettre dans un esprit de valorisation de la pluralité linguistique et culturelle, de continuité intergénérationnelle et d’exercice de la citoyenneté ».

L’état face à ses engagements

À ce jour, non seulement le gouvernement n’a mis en place aucune mesure concrète prévue dans cette convention, mais pire, sa réforme est un recul considérable pour la survie de notre patrimoine linguistique régional.

La Région Occitanie demande donc que soit mis en place dans les plus brefs délais les modalités d’application de la convention et que, « le gouvernement revoie son projet de réduction d’enseignement des langues régionales », réagit Carole Delga.

1 Comment

  1. C’est affligeant mais pas étonnant,c’est dans une stricte continuité depuis des siècles,bientôt on n’en parlera plus et problème sera définitivement réglé ! Adessiatz

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