Interview / ARAPL Grand Sud de France : Nouveau duo choc au service des libéraux

Ils composent depuis novembre dernier un nouveau duo très efficace au sein de l’Association Régionale Agréée des Professions Libérales (ARAPL) Grand Sud de France. Lui, en tant que nouveau Président. Elle, en tant que Directrice de la structure. Leur objectif : donner, en région, toutes les chances possibles aux professionnels exerçant en indépendant, pour réussir leur entreprise à chaque étape de leur vie d’entrepreneur. S’inscrire, aussi, dans l’air du temps, pour accompagner une révolution lente, mais décidément perceptible depuis quelques années : celle d’une métamorphose profonde de l’exercice libéral, comme du profil de ses acteurs. Rencontre.

M Bouscarain, Mme Barazal, vous composez depuis quelques semaines un nouveau duo plutôt dynamique au sein de l’ARAPL GSF. Pouvez-vous vous présenter rapidement à nos lecteurs avant que nous n’abordions vos missions et les enjeux des mois à venir ?

Jean-François Bouscarain : Oh, sur cette partie, je vais être très succinct. Je m’appelle Jean-François Bouscarain, j’exerce en tant qu’infirmier libéral à Valergues, près de Montpellier, depuis déjà vingt ans et, en parallèle de fonctions diverses au service de la profession infirmière, je suis depuis novembre dernier Le nouveau président de l’ARAPL GSF, en remplacement de Bernard Delran, mon prédécesseur.

Caroline Barazal: Pour ma part, je suis directrice de cette association depuis février 2008. Cela va donc faire onze ans dans quelques jours que j’exerce au service des libéraux par le biais de l’ARAPL. Je travaille donc en lien étroit avec Jean-François depuis son élection à la présidence de l’ARAPL GSF. Mais cette collaboration n’est pas totalement nouvelle puisque nous collaborions déjà ensemble au sein du précédent Bureau.

Pourriez-vous résumer en quelques mots simples, pour nos lecteurs, le rôle de l’ARAPL GSF ?

Jean-François Bouscarain : De la façon la plus simple qui soit : une ARAPL (il y en a 18 en France, ndlr.) est une association de gestion agréé par l’administration fiscale qui a pour fonction première de faciliter l’accomplissement des obligations administratives et fiscales des professions libérales. Nous accompagnons donc nos adhérents sur des questions comptables, fiscales, administratives… Nous leur apportons également une aide dans la gestion de leur entreprise et les aidons à prévenir d’éventuelles difficultés économiques tout au long de leur vie professionnelle.

N’êtes vous pas tenu d’assurer, aussi, une mission de contrôle ?

Caroline Barazal: Oui, cela fait partie de nos prérogatives. Mais je précise toutefois que, de notre point de vue, le « contrôle » n’a pas pouvoir de sanction, mais plutôt d’alerte, d’accompagnement. Nous procédons par exemple à un examen de forme et de cohérence des documents comptables remis par nos adhérents. On vérifie la concordance et la cohérence entre la déclaration de résultat, les déclarations de taxes sur le chiffre d’affaires, les déclarations à l’administration fiscale…

La confiance n’exclut pas le contrôle.

Caroline Barazal: (sourire). Oui, c’est un peu ça. Mais un contrôle bienveillant qui vise à renforcer la solidité de nos adhérents, qui sont parfois un peu perdus face au législateur ou aux textes listant leurs obligations.

ll faut avouer qu’il y a de quoi parfois.

Jean-François Bouscarain : On ne jette la pierre à personne. Nous, notre message est clair et se résume par cette phrase : besoin de formation, d’information, d’accompagnement, de conseil ? On est là. Et on s’inscrit dans notre époque en apportant des réponses à tous les professionnels libéraux, sans exception. Y compris les nouveaux métiers, comme coach, par exemple, qui prennent de plus en plus d’ampleur.

Caroline Barazal: Trop nombreuses sont les structures se décrivant comme « guichet unique » qui, par excès de dématérialisation, s’éloignent de leur objectif initial : renseigner efficacement leur adhérents. Raison pour laquelle j’assure personnellement entre 600 et 700 rendez-vous par an. Pour accompagner l’individu derrière l’entreprise, il faut pouvoir se regarder droit dans les yeux, se parler simplement et être en mesure de se dire : je vous ai entendu, voilà ma réponse.

Y a-t-il un secteur d’activité prépondérant dans notre région ?

Caroline Barazal: La santé, sans aucun doute. Ses professionnels représentent environ 70% de nos adhérents : infirmiers, kinésithérapeutes, médecins… La preuve en est, notre nouveau président est infirmier !

Ça aussi, c’est un petit changement.

Jean-François Bouscarain : En effet. Généralement, un président d’ARAPL est d’ordinaire issu des métiers comptables, financiers… Et moins doué que moi pour les piqûres ! (rires) Mais j’ai tenu à candidater pour plusieurs raisons : la première, c’est que selon moi, un président d’une association comme celle-ci doit être en activité pendant son mandat. Cela, pour rester en phase avec les réalités du monde professionnel. La seconde, c’est une question de représentativité, tout simplement. Avec environ deux-tiers de libéraux de santé parmi nos 5000 adhérents, je trouvais pertinent de devenir sinon leur représentant, leur porte-parole.

Justement, sur ce sujet, votre mission d’information fait de vous les mieux renseignés sur les questions relatives aux changements légaux, juridiques… Quels sont les gros changements ou les principales sources d’inquiétude des libéraux accompagnés par l’ARAPL ?

Caroline Barazal : Plusieurs sujets semblent perturber les libéraux. Il y a tout d’abord celles des créateurs : quel régime fiscal dois-je choisir ?  Quelles sont les erreurs à ne pas commettre au moment de créer ? Comment répondre aux questions ou demandes de l’administration ? Il y a aussi la question, très populaire en ce moment, du prélèvement à la source : « Comment ça marche pour nous ? ».

Le relèvement du seuil des micro-entrepreneurs à 70K€ de CA annuel fait-il aussi partie des sujets récurrents ?

Caroline Barazal : D’une certaine façon, oui. Et d’une autre, pas du tout. C’est très simple : le rehaussement du seuil de chiffre d’affaires à 70 000 euros par an pour les micro-entrepreneurs a curieusement éloigné tout un public de nos ARAPL, partout en France. Le créateur se dit qu’il peut créer son entreprise comme ça, presque en un claquement de doigts, et réaliser déjà un beau chiffre d’affaires avant de se poser la question du régime « réel ». D’autant qu’il n’est pas obligé de recourir aux services, payants, d’un comptable, pour certifier ses comptes… Mais, à l’issue du premier exercice, certains reviennent sur leur raisonnement : l’impossibilité de déduire des frais, finalement plus nombreux et importants que prévu, la complexification des déclarations de TVA (dès 33200€ de CA)… Ils s’interrogent et reviennent alors souvent nous voir.

Jean-François Bouscarain : Deux conférences proposées récemment par l’ARAPL ont d’ailleurs rencontré un vif succès. Leurs noms : micro-entreprise : piège ou opportunité ?

Quel message voudriez-vous adresser aux libéraux confrontés à des questions qui leur semblent insurmontables ?

Jean-François Bouscarain : Méfiez-vous du « On m’a dit que… ». Qui c’est « on » d’ailleurs? Et en quoi est-il plus expert que vous et moi pour répondre à votre cas personnel ? On ne dirige pas son activité sur la base d’un conseil bancal.

Caroline Barazal : Pour ma part, je dirai : focalisez-vous sur l’essentiel : votre activité et son développement. Pour le reste, sachez vous entourer.

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