Projet immobilier à Montpellier : un collectif pour sauver La Friche à Mimi

Lieu culturel emblématique du faubourg de Figuerolles, à Montpellier, La Friche à Mimi est menacée de destruction par un projet immobilier : deux résidences mitoyennes de 137 appartements avec 151 places de parking, dans la rue Adam de Craponne.

Les riverains, très attachés à l’architecture actuelle du quartier ne veulent pas entendre parler de ce projet qui concerne un terrain privé et non municipal. Ils ont constitué un collectif pour obtenir l’annulation du permis de construire. « Figuerolles En Friche » -FIEF- a été créé en juillet dernier et mène un combat quotidien pour la conservation du site. Ils sont une cinquantaine à demander l’annulation du permis de construire accordé par la mairie de Montpellier aux porteurs du projet immobilier, le 12 novembre.

Recours gracieux

Un recours gracieux a été déposé. Un des membres de FIEF déplore que l’identité du quartier va être rasée, dénonçant une absence de concertation. Un autre regrette la disparition programmée d’un lieu de convivialité. La Friche à Mimi était un espace qui abritait une scierie, à deux pas du centre-ville, avant d’être transformé en un lieu artistique grâce à Mimi Vergne. La compagnie de la Rampe, le théâtre de La Vista et la radio Lenga d’Oc ont fait les beaux jours de ce site culture.

Quand le commerce a cessé, au milieu des années 1990, Mimi Vergne a choisi de louer les immenses hangars à des artistes en mal de locaux. « C’était une démarche économique, mais c’était aussi une sorte de mécénat », se souvient une artiste d’ici. L’association louait en effet cet espace de 650 m² pour quelque 1 200 euros par mois, une somme dérisoire pour Montpellier. Il en est de même pour tous les autres locaux des anciens entrepôts Vergne.

Dans le vaste hangar, étaient regroupées huit structure et une vingtaine de personnes de la danse, du théâtre, de la comedia dell’arte, de la vidéo, un artiste peintre etc. Via cette colocation artistique, il s’agissait de mutualiser un bâtiment dans des buts proches, mais différents.

Un projet privé

Montrée du doigt par le collectif FIEF, la Ville de Montpellier réagit en soulignant qu’il ‘agit d’un projet immobilier privé. La vente du terrain s’est déroulée selon une procédure légale, avec un permis de construire, dont le cahier de charges a été respecté. En clair, la mairie ne pouvait pas refuser la construction de ces deux résidences.

L’adjointe en charge de la culture à la Ville de Montpellier, Isabelle Marsala prévient que la mairie ne peut pas acheter tous les terrains. Les membres du collectif ne désarment pas. Ils vont continuer leur combat sur la friche judiciaire.

3 Comments

  1. « En clair, la mairie ne pouvait pas refuser la construction de ces deux résidences. »
    Si, bien sûr, en faisant jouer son droit de préemption au moment de la vente du terrain !

  2. Mme Marsala oublie de dire que :
    Ce site est classé en Quartier prioritaire de la Ville (QPV), il dispose de ce fait d’une série de financements. Une vingtaine de partenaires ont signé le contrat de ville, dont l’état, la région, le département…
    La ville les a t-elle sollicité ? Si oui, Comment ? Et quelle a été leur réponse ?
    Les grands axes du contrat de ville soulignent la nécessité de projet culturel dans ce périmètre.
    De plus, la préemption est justement un outil d’urbanisme qui consiste à pouvoir assurer une maitrise foncière sur les parcelles privées pour servir l’intérêt général.
    Enfin, la ville évoque un total respect du cahier des charges. Ce point reste encore à démontrer et les recours soulèvent déjà quelques incohérences dans l’appréhension de ce dossier.

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