Cour d’appel de Montpellier : les services judiciaires sont en ébullition

L’audience solennelle de rentrée de la cour d’appel de Montpellier, vendredi matin, s’est conclue par une intervention imprévue, celle d’un représentant syndical de l’UNSa Services judiciaires. À la fin du discours du Premier président, il s’est levé au milieu du parterre des policiers, gendarmes, douaniers etc. pour faire une déclaration : « L’UNSa Services judiciaires proteste contre certaines dispositions particulièrement préoccupantes du projet de loi de programmation pour la justice et contre la méthode utilisée pour la faire passer en force. Nous contestons notamment la fusion des tribunaux d’instance avec les tribunaux de grande instance, et la spécialisation des tribunaux sur le ressort d’un ou deux départements, qui préfigurent une désertification judiciaire et la fermeture de sites au préjudice des justiciables. La création d’une juridiction nationale pour le procédures d’injonction de payer, aboutissant à un traitement de masse avec un contrôle nécessairement limité sur ces dossiers, au détriment des plus vulnérables qui devront le payer ».

Greffe : 300 postes détruits

Le responsable d’UNSa Services judiciaires de la cour d’appel de Montpellier dénonce également, « la fusion des greffes des conseils de prud’hommes avec ceux des tribunaux de grande instance, dernière idée en matière de gestion de la pénurie qui ne règle rien aux problèmes d’effectifs, mais qui permet d’affecter les personnels de greffe comme des pions entre le différentes juridictions et qui détruit plus de 300 postes de directeurs ou de chefs de greffe et empêche tout débat sur la gouvernance. Nous constatons le mépris de l’administration envers ses personnels de greffe et plus particulièrement  envers les agents techniques, les adjoints et le secrétaires administratifs qui, contrairement à leurs autres collègues n’ont pas bénéficié de primes de fin d’année. Nous dénonçons le manque récurrent d’effectifs et de moyens ».

Manifestation publique

Et l’UNSa Services judiciaires de prévenir : « des solutions doivent être prises rapidement, avant que la situation ne se dégrade et devienne irréversible, au détriment du service public, car les fonctionnaires de justice sont prêts à montrer leur détermination ». Un message clair, qui atteste que les services judiciaires sont en ébullition en ce début d’année.

Les personnels des greffes et des services administratifs de la cour d’appel de Montpellier ont manifesté récemment, à l’appel du syndicat UNSa Services judiciaires, en se ralliant à celle des avocats des barreaux de Montpellier et de Béziers, qui sont également en colère contre le projet de la réforme judiciaire.

Une nouvelle manifestation publique est prévue ce mardi à Montpellier.

Le responsable d’UNSa Services judiciaires près la cour d’appel de Montpellier lisant le message. Photo JMA. Métropolitain.

5 Comments

  1. Connaissant assez bien le service public français, je peux affirmer ici qu’il n’y aucune administration qui soit aussi rétrograde en termes de gestion des ressources humaines -et même des relations entre personnes- que le ministère de la Justice. On a souvent l’impression que l’Ancien régime subsiste dans les palais de justice: on y trouve des castes, du mépris, un vocabulaire suranné.. Il n’y a sans doute que la haute hiérarchie de la Marine qui soit autant imprégnée d’une mentalité si réactionnaire (bien sûr, tout le monde n’est pas sur ce mode de fonctionnement, mais globalement la Justice vit comme en 1950…)

  2. Que penser d’une administration qui passe son temps à vouloir faire la morale, et jugent des gens, alors qu’elle est championne incontestée du travail au noir, du travail dissimulé, de la fraude ? Ah oui, c’est vrai, eux sont au-dessus des lois, burgot l’avait bien montré…

  3. En même temps, à part rendre les mineurs étrangers intouchables, instoppables et tout puissant, et permettre à une minorité crasse qui habite un bidonville d’empoisonner sciemment tout le quartier de celleneuve en brûlant 24h/24 des gaines de câbles mortellement toxiques (pesticide, retardateur, fongicide, dioxyne, etc..) sous prétexte qu’ils envoient leur gosses à l’école. Complicité d’assassinats lents et multiples…
    Du coup non, ils ne nous manqueront pas, bon vent et bon débarras, et ne revenez pas, ça nous fera faire des économies. En espérant au contraire que la prise en main de Toulouse nous permettra d’avoir enfin une vraie justice ici, pas corrompue jusqu’à la moelle comme c’est le cas aujourd’hui

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