A9. Destruction du péage d’Agde : douze Gilets Jaunes risquent la cour d’assises

Le point ce soir sur le sort de 44 Gilets Jaunes arrêtés mardi pour la destruction présumée de la gare de péage de l’autoroute A9 d’Agde-Pézenas, dans la commune de Bessan.

Acte judiciaire 3 : ce vendredi, 12 Gilets Jaunes ont été placés sous mandat de dépôt depuis mardi et six autres mis en examen, également, ont été libéré sous contrôles judiciaires. Pour ces douze manifestants, tous mères et pères de familles issus de différents rangs sociaux, la mise en examen est de nature criminelle, c’est à dire qu’ils seront jugés devant une cour d’assises, si cette qualification est retenue jusqu’à la fin de l’instruction : destruction de biens avec des moyens dangereux, à avoir par incendie en bande organisée.

Des mis en examen déjà connus pour des délits

D’autres Gilets Jaunes en garde à vue depuis mardi sont en cours de présentation au juge d’instruction, à 18h, ce vendredi. Yvon Calvet, le procureur de la République de Béziers explique le mandats de dépôt, notamment « pour éviter un renouvellement des infractions. Mis en fuite par des gendarmes une première fois à la mi-décembre, ils sont revenus deux jours plus tard vandaliser de nouveau le péage ».

Le général Jean-Valéry Lettermann, commandant du groupement de gendarmerie de l’Hérault, adjoint au commandant de la Région de gendarmerie d’Occitanie, indique que, « les 44 femmes et hommes interpellés âgés de 30 à 60 ans résident autour de l’étang de Thau et dans l’Ouest du département et que certains sont déjà connus judiciairement pour des incivilités, des dégradations, des rebellions et des outrages envers les forces de l’ordre, bref, de petits actes de délinquance, il ne font pas partie du grand banditisme. Il y a des retraités, une infirmière, des chefs d’entreprise, des commerçants et des artisans. Et une mère de six enfants, tous déterminés ».

Un handicapé en fauteuil roulant fait partie des mis en examen. Aux domiciles des suspects, les gendarmes ont saisi des barres de fer, des masses, des billes d’acier, des boucliers, des masques à gaz, des casques etc.

Acte 2, hier

Acte judiciaire 2 : treize Gilets Jaunes ont été présentés ce jeudi soir au juge d’instruction du tribunal de grande instance -TGI- de Béziers et mis en examen pour les destructions volontaires en bande organisée, notamment par incendie, du bâtiment de Vinci Autoroutes et des barrières de la gare de péage numéro 34 de l’autoroute A9 d’Agde-Pézenas, à Bessan, lors de raids nocturnes à la mi-décembre.

Six ont été incarcérés, dont une mère de six enfants, les sept autres ont été libérés sous contrôle judiciaire, ce qui porte à huit les placements en détention préventive, après les deux d’hier soir.

L’acte judiciaire 1

L’acte judiciaire 1 s’est donc joué dès mercredi soir au palais de justice de Béziers : deux Gilets Jaunes héraultais ont été placés en détention provisoire, un autre est libre sous contrôle judiciaire, après leur mise en examen pour avoir détruit par incendie et en bande organisée le bâtiment de Vinci Autoroutes, à la gare de péage de l’autoroute A9 numéro 34 d’Agde-Pézenas, sur la commune de Bessan, avait annoncé Yvon Calvet, le procureur de la République de Béziers.

Ils ont été présentées à un juge d’instruction chargés de faire toute la lumière sur les deux actions commandos nocturnes dans la nuit du 15 au 16 décembre, puis lors de celle du 18 au 19 décembre.

Comme Métropolitain l’a évoqué ici dès mercredi soir, vingt-neuf mesures de garde à vue étaient en cours hier soir, après 12 remises en liberté, avait confirmé Yvon Calvet. Au total, 44 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue mardi matin, dans cette enquête liée au mouvement national de contestation des Gilets Jaunes. 160 gendarmes ont participé à l’opération mardi au petit matin à Bessan et alentour.

Une expédition préparée

Selon le procureur de Béziers, une mission de surveillance des gendarmes de la compagnie de Pézenas a permis d’établir que le second raid contre les installations de Vinci Autoroutes au péage numéro 34 d’Agde-Pézenas a été préparé le 17 décembre, lors d’un rassemblement de 200 personnes aux abords d’une base de loisirs de la commune de Bessan. Plusieurs d’entre elles ont proposé une expédition la nuit suivante pour incendier les bâtiments du concessionnaire Vinci Autoroutes au péage numéro 34.

Cette proposition avait fait l’objet d’un « vote à main levée » à l’issue duquel les gendarmes avaient dû quitter les lieux « sous la menace » de certains individus de s’en prendre aux forces de l’ordre, selon Yvon Calvet. La barrière autoroutière, déjà endommagée par un précédent incendie, a subi des dégâts en cette nuit du 18 au 19 décembre, où un tag « Black Blocs » avait été tracé à la peinture noire.

Information judiciaire

Le parquet de Béziers a ouvert une information judiciaire le 20 décembre pour les délits de « destruction en bande organisée par un moyen dangereux, participation à un groupement formé en vue d’une préparation de violences contre les personnes, de destructions ou des dégradations de biens, provocation à un crime ou un délit, en l’espèce, atteinte à l’intégrité physique des personnes ». Tous les Gilets Jaunes ont été mis en examen de ces chefs hier soir et ce soir.

Gendarme blessé

Lors du premier raid à la mi-décembre, un gendarme a été blessé et quatre véhicules d’intervention du groupement de l’Hérault volontairement endommagés. Des vandales domiciliés à Bessan ont été reconnus par des témoins cette nuit -là, ainsi que lors de précédentes exactions nocturnes où des cabines de la gare de péage avaient été incendiées.

La plupart des Gilets Jaunes, outre le fait d’avoir préparé le saccage du péage de l’A9 d’Agde-Pézenas, le 17 décembre à Bessan, ont été identifiés par les gendarmes grâce à leurs véhicules garés sur le site lors de l’opération commando et dont les plaques d’immatriculation ont été filmées par les caméras de vidéosurveillance.

Les entrées et les sorties à cet échangeur numéro 34 d’Agde-Pézena restent fermées par Vinci Autoroutes jusqu’à nouvel ordre pour procéder à la remise en état du site et des équipements.

Le bâtiment de Vinci Autoroutes du péage d’Agde de l’A9 incendié récemment.

4 Comments

  1. si cette qualification  » destruction de biens avec des moyens dangereux, à savoir par incendie en bande organisée » est effectivement retenue jusqu’à la fin de l’instruction, les protagonistes risquent d’avoir « chaud aux fesses » et se retrouver pour quelques temps avec vue sur la garrigue ou sur les étangs aux choix.

    Chaque « CITOYEN est RESPONSABLE de son ACTE » !!!.
    Désormais qu’ils assument !!!.

  2. 1/ On est contents d’apprendre dans la bouche du Général de Gendarmerie que les mis en examen ne sont pas connues pour des faits de Grand Banditisme. Cette précision apparait bien superflue!
    2/ Mais où sont les black bloc dont on nous a tant parlé depuis 3 semaines pour ces actions sur les péages ? Ce qui doit interroger, c’est comment et surtout pourquoi ces gens en sont arrivés là.

  3. individus formellement identifiés par les forces de l’ordre, qu’ils soient donc jugés, sanctionnés et incarcérés pour leurs actes de destruction de biens publics auquel ils sont soupçonnés d’avoir participé.

  4. Les GJ se sont crus dans un jeu. Ils ont joué, ils ont perdu. Maintenant ils doivent payer la note. Qu’ils ne disent pas représenter le peuple car je ne compte pas participer, par mes impôts, aux frais de leurs dégâts .

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