French Tech : SMART B, le booster de la Smart-City

Issus de la French Tech locale, Frédéric Combe et Eric Thomas se sont rencontrés à la Valériane, start-up montpelliéraine spécialiste de l’e-santé. Ils portent aujourd’hui un nouveau projet, SMART B, présenté comme le fameux chaînon manquant de la Cité Intelligente, ou Smart City, un concept lancé en grande pompe et qui devait permettre le développement de « l’économie de la donnée ».

La Smart City a toutefois pris du retard à l’allumage, que l’ambitieuse start-up montpelliéraine s’apprêter à combler. SMART B, qui a tout pour devenir une future pépite locale, ne cache pas ses ambitions en se positionnant comme la première plateforme internationale pour la Smart-City.

Dès 2012, avec tambours et trompettes, la Smart City balbutiante est annoncée comme l’un des grands vecteurs de la création des entreprises et des emplois de demain. Ce concept promet l’essor d’une nouvelle économie bâtie sur le partage de la donnée, une matière première abondante qui doit favoriser l’émergence de nouveaux services numériques via la création de start-up…

Rebooster la Smart City

Mais, quelques années plus tard, ce beau concept, à Montpellier comme partout ailleurs en France, patine : « Par rapport aux ambitions initiales, la Cité Intelligente est en retard », confirme Frédéric Combe : « Pour faire simple, la circulation des données reste problématique. Il y a un vrai problème de confiance qui impacte très fortement le partage. Par exemple, de grands groupes ou des collectivités ne jouent pas le jeu. Pour l’heure, ça ne marche pas ».

Impliquer les citoyens

Pour rebooster la Smart City, les deux spécialistes du numérique ont donc lancé SMART B, « le projet qui offre les moyens d’agir », annonce Eric Thomas : « Il y a un peu d’échanges aujourd’hui autour de la Cité Intelligente, mais nous proposons une solution qui offre à la fois un cadre sécurisé et une identité, protégeant les données personnelles. SMART B consiste en effet à concilier développement économique, social et environnemental à travers l’implication des citoyens dans des projets d’intérêt collectif et des bonnes pratiques en faveur du Développement Durable». Concrètement, la start-up, qui ne cache pas ses ambitions, veut devenir l’interface majeure de la Smart City en France et en Europe.

Un portefeuille de données et d’impact.

SMART B sera une grande plateforme où s’effectueront, sous contrôle et dans la transparence, les échanges de données pour faire naître et développer de nos nouveaux services au public : « SMART B est un réseau au sein duquel l’échange de données sera limpide » confirme Frédéric Combe : « La plateforme propose un portefeuille de données et d’impacts à chaque usager. Notre fonctionnement est transparent : chacun est propriétaire de ses données et décide à tout moment à qui il y donne accès. Tous les impacts sont comptabilisés, valorisés et utilisables pour financer de nouveaux services ou de nouveaux projets ».

Fin 2017, Nexity Lab et Maddyness présentaient le Top 6 des villes françaises les plus « smart » avec Montpellier pour ses quartiers exemplaires, la Mantilla et Eureka


Des « tokens » pour récompenser l’implication

Eric Thomas insiste sur cette notion de « transparence totale » sur laquelle repose l’offre : « SMART B repose sur une gouvernance coopérative. A chaque transaction effectuée, la valeur est équitablement répartie entre tous les acteurs, y compris les usagers qui seront récompensés, par les collectivités ou les entreprises par exemple, sous forme de Token convertibles au sein de la Smart City. Nous avons veillé à construire un projet reposant sur de vraies valeurs sociales : il nous semble indispensable de fonctionner ainsi pour créer un environnement idéal basé sur la confiance et le respect de la vie privée ».

Un nouvel essor espéré

Sur la plateforme, tous les services seront déployés à l’aide de contrats auto-exécutés, basés sur des technologies open sources, décrivant tous les traitements effectués : « Usagers, fournisseurs et collectivités décident ensemble des services proposés », confirme Frédéric Combe : « Au final, SMART B, un outil innovant et unique qui n’existait pas encore en France et en Europe, est conçu pour sécuriser tout le concept de la Smart City. C’est en quelque sorte le chaînon manquant pour favoriser l’essor tant attendu de cette fameuse économie de la donnée qui va permettre de créer de nouveaux services aux citoyens, de nouvelles start-up et donc de nouveau emplois ».

 Encourager les bonnes pratiques

Le fil rouge qui sous-tend ce projet repose sur la capacité de SMART B à développer les bonnes pratiques en « incitant les gens à agir par le positif, que ce soit dans le domaine de l’action sociale, de l’initiative citoyenne et du développement durable » rappellent les deux co-dirigeants. Mais comment ? Frédéric Combe prend l’exemple des transports doux à Montpellier : « Il faut encourager la pratique urbaine du vélo car les retours sont positifs à la fois pour les personnes (santé) et la société (qualité de l’air, réduction des embouteillages et des émissions de CO2). Avec SMART B, il sera possible de récompenser les cyclistes qui vont travailler en vélo : Les métropoles via leurs transports publics pourront leur attribuer des tokens pour prendre le tram gratuitement en cas de pluie ; leurs mutuelles pourront également aussi faire un geste ».

 

Les citoyens, grâce au partage de leurs données, pourront prouver leurs efforts en faveur de l’environnement, comme les cyclistes, et être récompensés au sein de la Smart-City en gagnant des Tokens…

Prouver son impact sur la société

Pour les deux co-dirigeants, SMART B est une solution qui répond aussi, de manière très concrète, aux enjeux sociaux et environnementaux, et dont on pourrait étendre les exemples au tri des déchets, aux économies d’énergie, à la solidarité… bref, à tous les secteurs de la société : « SMART B, c’est aussi la capacité de chacun à s’impliquer et être reconnu et récompensé pour ses efforts », tranche Eric Thomas : « Grâce à leurs données qu’ils voudront partager, les citoyens pourront prouver leur impact sur la société et sur l’environnement, et de là, être reconnus dans leurs efforts. Et il est normal que les bonnes pratiques soient récompensées ».

Un projet et des valeurs

En terme de transparence, SMART B a souhaité donner l’exemple : « Le projet repose en effet sur une gouvernance coopérative : la start-up s’appuie sur le principe d’une coopérative et s’articule autour d’une gouvernance de SCIC », explique Frédéric Combe : « A chaque transaction effectuée, la valeur est équitablement répartie entre tous les acteurs, y compris les usagers. Nous avons veillé à construire un projet reposant sur de vraies valeurs sociales ».

Levée de fonds cet hiver

SMART B, lancé depuis quelques semaines, devrait boucler un premier tour de table cet hiver « puis une autre levée de fonds, entre septembre et décembre, qui sera beaucoup plus conséquente », précise Frédéric Combe : « Très rapidement un comité stratégique va être créé, autours de personnalités faisant référence dans le monde de la recherche, de l’Économie, du social, de L’Environnement, et des ONG». Le modèle économique du projet prévoit une rémunération à la transaction pour SMART B chaque fois qu’une certaine quantité de données seront échangées : « Nous devrions atteindre rapidement un équilibre financier qui permettra de structurer le réseau », confirme Eric Thomas qui évoque le déploiement du réseau vers chaque grande ville « qui pourra bénéficier de sa propre gouvernance et de son propre modèle économique ».

De quoi envisager de mailler à terme tout le territoire français, l’Europe, voire au-delà…

Le rôle crucial de la blockchain

Dans le détail, et pour les plus geeks des lecteurs, les deux co-dirigeants expliquent que le projet repose sur la technologie blockchain : « SMART B utilise la blockchain pour apporter une vision démocratique de la Smart City, proposant un nouveau modèle basé sur le respect des individus et de leur vie privée », précisent les deux co-dirigeants.

Pour illustrer ce qu’est la blockchain, on peut reprendre la définition du mathématicien Jean-Paul Delahaye : « Il faut s’imaginer la blockchain comme un très grand cahier, anonyme et infalsifiable, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible ».

>> 22 cofondateurs dans ce projet
Les 22 associés sont tous issus de l’association Civis Blockchain. Parmi eux, Nicolas Merle et Mathieu Pesin, respectivement Chairman et CEO de la start-up montpelliéraine Chain Ops, sont déjà à l’initiative de la création de l’association Civis Blockchain qui réunit, dans l’Hérault, des professionnels de la blockchain, des juristes, des acteurs du logiciel libre, des dirigeants d’entreprise. Avec déjà comme ambition de mettre en place des procédures vertueuses d’utilisation des données personnelles des citoyens…

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