Procès à Montpellier : un Gilet Jaune en prison pour six mois

Le procès de trois Gilets Jaunes interpellés en marge de la violente manifestation dans les rues de l’Écusson, samedi à Montpellier s’est déroulé ce lundi après-midi devant le tribunal correctionnel, dans le cadre de la comparution immédiate, « destinée à apporter une réponse judiciaire rapide, ferme et dissuasive », comme l’a indiqué le parquet.

Parmi eux a comparu Cédric, un cariste de 45 ans domicilié à Aimargues, dans le Gard, jugé pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, participation à un groupement formé en vue d’une préparation de violences contre les personnes et de destructions volontaires et usage de stupéfiants. Il est accusé d’avoir frappé et blessé à un bras, à coups du bâton d’un drapeau, le commissaire divisionnaire Patrice Buil, chef de la sûreté départementale de l’Hérault, comme Métropolitain l’a révélé ici, dès samedi.

Un policier de la brigade anticriminalité -BAC- a été sérieusement blessé à un genou, dans la confusion qui a marqué l’arrestation du cariste, qui, selon la présidente du tribunal a harangué les manifestants en hurlant qu’il venait d’être victime d’une bavure policière. Lors de sa neutralisation musclée, le quadragénaire s’est blessé à une joue. Et en tombant, après avoir été poussé alors qu’il tentait de lui passer les menottes aux poignets, le policier de la BAC a été sérieusement blessé à un genou.

Violences filmées

La présidente du tribunal, Geneviève Boussaguet a indiqué que le prévenu avait été formellement identifié en fin de matinée rue du Pont de Lattes, dans le secteur de la gare SNCF Saint-Roch en train de frapper le commissaire divisionnaire grâce au visionnage des bandes des caméras de vidéosurveillance du Centre de supervision urbaine -CSU- de la ville de Montpellier.

Son signalement a été diffusé à tous les policiers en tenue et en civil en charge du maintien de l’ordre et le quadragénaire a été repéré et interpellé à 15h30, rue Auguste Fages, dans le quartier du Plan Cabanes, parmi un groupe de Gilets Jaunes. Dans sa sacoche, les policiers ont saisi de l’herbe de cannabis utilisée pour sa consommation personnelle.

Réquisitions et plaidoiries

Le prévenu a nié ces accusations, comme les deux autres Gilets Jaunes, Kévin, 32 ans et Ali, 30 ans qui lui ont succédé dans le box des prévenus, interpellés pour participation à un groupement  formé en vue d’une préparation de violences contre des personnes et destructions volontaires et pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, en l’occurence des policiers de Montpellier.

Ce soir, place aux réquisitions du procureur de la République, aux plaidoiries des avocats du commissaire divisionnaire Buil, du policier de la brigade anticriminalité -BAC- et de la défense.

Six mois de prison ferme

Cédric a été reconnu coupable ce lundi soir par les juges du tribunal correctionnel et condamné à six mois de prison ferme, comme l’a requis le vice-procureur de la République Nicolas Brignol. Il a été incarcéré dans la foulée au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone. Il a dix jours pour appel.

Kévin et Ali ont écopé chacun d’une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans avec sursis. Ils ont quitté libres le palais de justice Pierre-Flotte. « Il s’agit d’un jugement de raison, équilibré, pour Kévin et Ali », analyse Cyril Caron, un des deux avocats de la défense.

6 Comments

    1. C’est une peine clémente ? Dans ce cas là qu’on foute le keuf de Toulon au gnouf pour 2 ans !!!

  1. Allez écouter Charles Gave sur Youtube … il explique très bien le « pourquoi » de cette révolte dans une vidéo intitulée « Gilets Jaunes: vers une guerre civile? » … la france des Bobos , de leurs serviteurs immigrés (chauffeurs et bonniches) et le pays profond, qu’on laisse crever depuis des années …et que de surcroît on taxe sans vergogne !

  2. J’étais à l’audience et je ne vais pas commenté le jugement car on n’a pas le droit.
    j’ai juste été étonné par la juge qui se permet énormément de commentaires personnels et d’apartés (souvent d’ordre général et sans rapport avec l’affaire) mais qui ne tolère pas un haussement de sourcil de la part du public présent.
    bizarre.

  3. A quoi celà sert-il d’interpeller de tels individus aussi Violents….? Qui se sont rendus coupables de graves Agressions sur les forces de l’ordre, Si c’est pour les remettre en liberté aussitôt leur jugement prononcé, alors qu’ils devraient en toute logique être incarcérés pour leurs agissements répréhensibles.

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