Pic Saint-Loup : une pétition contre le projet d’une truffière géante

La petite commune rurale de Ferrière-les-Verreries, dans l’Hérault, frontalière avec le Gard au nord du Pic Saint-Loup est de nouveau en ébullition. De nouveau, car ces derniers mois, le maire et les habitants n’avaient pas digéré l’organisation d’une rave-party dans les bois isolés, qui avait vu débarquer des centaines de véhicules et quelque 8 000 « teuffeurs ».

Ferrières-les-Verreries revient à la une de l’actualité avec un projet qui est loin de faire l’unanimité, celui de l’implantation d’une truffière géante à proximité d’une zone pastorale protégée. Pour l’heure, la commune n’a pas pris position encore : ni le maire, ni les conseillers municipaux ne s’opposent.

5 000 signatures

Une pétition contre ce projet de truffière géante, une des plus grandes au monde dans cette zone rurale proche de Saint-Martin-de-Londres, lancée récemment a déjà recueilli 5.000 signatures. Le projet est porté par un homme d’affaires écossais à la tête de la société Truffle Farms Europe. Il est bien avancé : des chênes truffiers doivent être plantés sur 400 hectares, au lieu-dit Les Jasses, à Ferrière-les-Verreries. Au total, 17’000 arbres seraient plantés.

33 hectares déjà autorisés

Truffle Farmes Europe a déjà obtenu l’autorisation de planter des chênes sur 33 hectares, avec un rendement de 260 kg de truffes par hectare et par an, d’ici 15 ans. Truffle Farms Europe vendrait l’hectare 200’000 dollars aux investisseurs.

« Pour atteindre cet objectif qui semble  extrêmement ambitieux, il faut retourner des prairies, déboiser, planter 500 chênes  par hectare, faire des forages profond pour les irriguer. On va ni plus, ni moins défigurer le paysage, en traversant par une voie verte chère aux promeneurs et Vttistes » , constate  Simon Popy, le président régional de France Nature Environnement.

Résidant dans la commune, il relève que, « cette zone est un joyau en termes de biodiversité, avec des espèces animales protégée de l’aigle de Bonelli, de la Pie-Grièche à Tête Rousse et du Lézard Ocellé. Cette zone des Jasses est également un passage obligé de la transhumance, avec un berger qui élève 350 moutons ».

Pas de création d’emplois

Ceux qui font circuler la pétition assurent que ce projet n’a aucun intérêt économique, puisque selon eux, il ne prévoit pas la création d’emplois. Et les investisseurs, Français et Américains seront exonérés d’impôts sur le revenu en France durant 15 ans.

Des habitants, les associations de défense de l’environnement et les bergers se mobilisent depuis qu’ils ont été informés du dossier d’implantation ce cette truffière géante. Les élus n’ont pas encore officiellement réagi. Outre la pétition, ils vont poursuivre leur combat pour dire non à ce projet. Un pied de nez au « diamant noir ».

La truffe : un régal

La truffe naît de la symbiose entre un champignon souterrain et un arbre truffier (chêne, noisetier, tilleul, pin, charme) dans les régions à sol calcaire. Parmi les plus nobles, on trouvera en France, dans le Sud : le tuber melanosporum dite truffe noire du Périgord , les truffes du Vaucluse élevées dans la région de Carpentras, où le marché traditionnel est très couru et en Italie, dans le Piémont : le Tuber magnatum dite truffe blanche d’Alba. Noire ou blanche, peu encline à être cultivée, on la récolte en automne avec l’aide de chiens ou cochons truffiers dressés à reconnaitre son arôme si particulier.

Met rare et raffiné, la truffe appelée aussi le « diamant noir » se consomme et se décline sous de nombreuses formes : fraîches (râpées ou en lamelles dans des salades et avec le céleri coupé en petits tronçons), dans une omelette bien baveuse ou en brouillade, en conserve ou en huile pour parfumer un plat.

Cet exceptionnel tubercule n’a pas fini de nous surprendre : au fil de son histoire on lui a même attribué des vertus aphrodisiaques et médicinales.

Truffes.
Omelette aux truffes : un régal pour les amateurs…d’omelettes ! Photo JMA

7 Comments

  1. Les « écolos » d’aujourd’hui sont partis dans un tel délire qu’avec eux, on ne peut même plus planter des arbres (des chênes, en plus !!!). En réalité, l’écologie est devenue un mouvement réactionnaire, au sens politique du terme. Ils finiront par donner raison à ceux qui leur reprochent de préférer la bougie à l’électricité…. Ceci n’a rien à voir avec l’écologie mais relève d’un obscurantisme moyenâgeux.

    1. Planter des milliers de chênes en un lieu désertique, en respectant la faune et la flore locale, serait en effet un geste écologique, si cela ne détournait pas les RÉSERVES D’EAU nécessaires aux habitants et aux agriculteurs locaux.
      Ici c’est un lieu abritant de magnifiques espèces, dont certaines sont rares, qui disparaitraient. Car le projet exige la STÉRILISATION du sol avant de planter une variété de chênes truffiers spéciaux, en défonçant le sol en profondeur avec une grosse excavatrice, ce qui deviendra un désert pour la précieuse biodiversité du lieu.

  2. Eh oui, l’écologie est plus complexe que vous ne le pensez. Allez jeter un oeil aux plantations d’eucalypytus en Espagne ou de sapins de Douglas dans le Morvan, et vous verrez qu’on peut tout à la fois planter des arbres et détruire un paysage. Il suffit d’utiliser pour cela des machines de 20 tonnes qui broient et terrassent le sol, en bref tuent tout ce qui y vivaient auparavant.

  3. L’obscurantisme, c’est ne pas comprendre qu’il faut cesser de penser exclusivement au profit individuel au détriment d’enjeux collectifs que sont le respect des petits paysans, de la ressource en eau, des espèces animales qui ont besoin de milieux ouverts ( sans arbres ) mais à proximité de lieux boisés, ce qu’offre précisément ce précieux site de garrigue menacé par ce projet. Ce n’est même pas de l’écologie, c’est du bon sens. Mais voilà, semble-t-il une vertu elle aussi en voie de disparition.

  4. Planter des milliers de chênes en un lieu désertique, en respectant la faune et la flore locale, serait en effet un geste écologique si :
    1) si cela n’épuisait pas les ressources en eau pour les faire pousser
    2) si la plantation de cette variété de chênes, destinée uniquement à la trufficulture, n’exigeait pas au préalable la STÉRILISATION d’un sol déjà riche en biodiversité, en le défonçant profondément au moyen d’une excavatrice, le transformant ainsi en un désert pour les magnifiques espèces qui vont alors disparaitre (dont certaines espèces rares et protégées)

  5. Oui hein? Ils sont fous ces écolos, hein!!! Dire qu’il y a des gens qui élèvent des animaux en batterie alors qu’élever des animaux, y a rien de plus écolo! Humour noir bien sûre….il y a planter et planter, cultiver et cultiver, élever et élever….à méditer!

  6. Les écolos d’opérette style écologistes de l’Euzière subventionnés par le Département de l’Hérault ont fermé leur grosse gueule pour le Pompage à scandale de la soruce des Cent-Fonts au Causse de la Selle et aujourd’hui s’opposent que l’on plantent des chênes.Chercher l’erreur.
    En fait un politique corrompu qui pue les a missionné pour foutre le bordel.
    Ce bordel profite à quelqu’un.On va finir par le savoir.Un producteur local de truffes parent de ce politique.La France est devenu un magnifique réservoir de merde socialiste.L’Hérault en est un exemple.

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