Interview. Arturo Brachetti : « Venez rêver avec moi, on en a tous vraiment besoin »

Arturo Brachetti, le grand maestro international du quick change, sera de retour jeudi 10 janvier au Pasino de La Grande-Motte avec son one man show Solo, que nous vous présentions récemment.

Il a accepté de répondre à nos questions pour nous présenter, à sa façon bien à lui, son nouveau « bébé ».

Voilà le retour de notre transformiste multi-casquettes préféré !

Je vous remercie, je suis très flatté. Enfin, en même temps, comme je suis un peu le seul artiste au monde à proposer ce genre de spectacle mêlant magie, transformisme, arts du crique, imagerie, peinture sur sable, vidéo-mapping… Je suis content d’être le préféré, puisque je suis le seul !  Mais je prends le compliment quand même. (rires)

Avec une telle liste de tours dans votre poche, le véritable héros du spectacle, ce n’est pas vous, au final, non ? À quoi doit-on s’attendre exactement ?

Vous avez raison, le véritable héros du spectacle, ce n’est pas moi, c’est l’Art avec un grand A, c’est la poésie. J’ai imaginé Solo comme une rêverie visuelle, comme quelque chose de complètement surréaliste et très poétique. Sur scène, comme dans la vie d’ailleurs, j’aime mêler illusion et réalité pour créer une confusion qui en devient forcément magique. Vous savez, j’ai fêté cette année mes 61 ans et pourtant j’ai encore l’impression d’être un grand enfant dont la préoccupation première est de s’amuser.

On appelle ça le syndrome de Peter Pan…

Exactement. Mais pourquoi en faire un syndrome et une maladie ? N’est-ce pas formidable de conserver une part d’enfance en soi ? Moi, je suis un éternel rêveur. Pour autant, comme Peter Pan, j’ai mon ombre qui me poursuit. L’ombre, c’est la réalité qui nous colle à la peau. Difficile de voler l’esprit libre sans avoir fait la paix avec elle.

L’enfant en vous a-t-il fait la paix avec son ombre ?

Oui, Peter Pan a fait la paix avec son ombre (sourire). Dans le spectacle, j’ai même voulu illustrer ça avec un numéro où un danseur afro-américain d’un talent incroyable me suit dans un effet de mimétisme. C’est absolument époustouflant.

Le public est plutôt habitué à vous voir enchainer les costumes à la vitesse de l’éclair.

Oui, et d’ailleurs je lui en donne pour son argent puisque le spectacle débute par un enchainement de personnages. Batman, Wonder Woman… Il y en a un nouveau toutes les 20 secondes, changement compris ! Ça va vite, extrêmement vite même. C’est rythmé comme Internet. Mais, pour rebondir sur votre réflexion, je pense pouvoir affirmer, après plus de 250 représentations de ce show, que le public cherche plus qu’un simple show de transformisme. Il a besoin d’être surpris, certes, mais il a aussi besoin de rêver, de voyager, de repartir « avec les fesses qui sourient ».  Vous ne me trouverez jamais là ou vous m’attendez.

Solo met en scène les grands classiques comme les ombres chinoises, le mime, la chapeaugraphie, la magie, mais que révèle-t-il de vous ?

Ce spectacle, c’est moi. Ou plutôt le rêve de moi-même, c’est à dire un grand enfant de 61 ans qui déborde d’énergie et d’envies. Steve Jobs disait de son vivant : « Be happy, be angry » (pour être heureux, crée toi des projets) et il avait raison. Moi, je déteste m’ennuyer, je fuis la routine comme la peste et, du coup, beaucoup de gens de mon âge qui en font un art de ivre (sourire). Qu’on ne me parle pas de prostate ou de hanche artificielle, ce ne sont pas des conversations pour des jeunes comme moi qui continuent de sortir en club, de se déguiser dans la rue et de télécharger tout un tas de conneries sur leur smartphone. Le Arturo déjanté que vous voyez sur scène est à peu près le même dans la vie. Chez moi, j’ai des tigres en peluche grandeur nature, des miroirs qui parlent, des jeux d’eau lumineux, des faux aliments dans le frigo. La magie touche le coeur et cette illusion permanente fait partie de moi.

Un mot, pour conclure, pour le public qui viendra vous voir le 10 janvier prochain ?

À ceux qui sont déjà venus me voir sur un précédent spectacle, je leur dirais :  « Venez découvrir de nouvelles facettes de ma personnalité ». À ceux qui me découvrent pour la première fois, je dirais simplement : « Venez rêver avec moi, on en a tous vraiment besoin ». Ha ! j’ai failli oublier de rajouter : ce n’est pas écrit sur le billet, mais le show vous offre 2h de retour en enfance !

 
Arturo Brachetti / "Solo" 
Jeudi 10 janvier au Pasino de La Grande Motte
À partir de 30€ 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *