Maureilhan : les barrières sont restées levées au passage d’un train

Un an après la tragédie au passage à niveau de Millas, à l’ouest de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales -six collégiens ont été tués lors d’une collision entre le bus scolaire et un TER, le 14 décembre 2017-, avec une polémique qui perdure sur la position des barrières au moment de l’accident, une photo prise par une automobiliste, lundi à 17h50, sur le passage à niveau de Maureilhan, près de Béziers, dans l’Hérault atteste d’un dysfonctionnement : on y voit les barrières levées au passage d’un train.

Un nouveau drame a sans doute été évité de justesse sur cette ligne de fret privée Colombiers-Maureilhan, longue de 6,6 km. Alors que des conducteurs allaient s’engager au passage à niveau proche d’un rond-point situé sur la commune de Maureilhan, car, les barrières étaient levées, ils ont entendu arriver un train de marchandises et ont immobilisé leurs véhicules.

Millas dans les mémoires

Les témoins, miraculés, ont immédiatement pensé au drame de Millas, d’autant plus qu’il est de nouveau revenu sur le devant de l’actualité en fin de semaine dernière, lors de la marche blanche, qui a réuni un millier de personnes en hommage aux six collégiens tués dans cette effroyable collision entre le bus scolaire et un TER. Cette tragédie de Millas reste ancrée dans les mémoires.

Alors que l’instruction est toujours en cours au pôle spécialisé des catastrophes au tribunal de grande instance de Marseille, la polémique perdure autour de la position des barrières : étaient-elles baissées quand la conductrice du car scolaire s’est engagée ? Ou étaient-elles levées ?

Témoignages

Un témoignage capital versé à la procédure judiciaire, fait état de l’immobilisation de véhicules avant le passage à niveau, ce qui semble établir que les barrières étaient bien baissées. Pourtant, la semaine dernière, deux ressortissants Tchétchènes qui travaillaient à l’époque en terre catalane ont assuré avoir vu les barrières levée, juste avant l’accident. Sauf qu’ils étaient à bord de leur voiture immobilisée derrière un véhicule qui la précédait, arrêté sur la route et pour cause : le passage à niveau était infranchissable en raison des barrières baissées…

Seize passages à niveau dangereux

Le dysfonctionnement du passage à niveau de la ligne de fret privée Colombiers-Maureilhan, hier en fin d’après-midi -une ligne ferroviaire qui n’est donc pas gérée par la SNCF- intervient à l’heure où une étude dresse la liste des passages à niveau identifiés comme dangereux, depuis la tragédie de Millas, dans le Languedoc et en Roussillon. Ils sont seize au total. Il y en avait dix-sept jusqu’au 5 septembre dernier, jour de la mise en oeuvre du pont-rail de Baillargues, entre Montpellier et Lunel, après la suppression du passage à niveau de la petite route de Mauguio, proche de la gare multimodale.

Ces seize points noirs vont faire l’objet d’aménagements de la part de la SNCF, comme par exemple ceux de Saint-Aunès et de Lunel-Viel, dans l’Hérault. Pour l’heure, il n’est pas question de les supprimer. Selon nos informations, le passage à niveau de Maureilhan, théâtre de l’incident dece lundi soir ne figure pas parmi les seize identifiés comme dangereux.

42 décès en 2017

La France compte 15’405 passages à niveau répartis sur l’ensemble des lignes ouvertes au trafic du réseau ferré. Certains d’entre eux sont considérés comme étant prioritaires à sécuriser par l’Etat et sont ainsi inscrits au programme national de sécurisation des passages à niveau.

La liste des passages à niveau les plus dangereux est régulièrement mise à jour en fonction des travaux ou des fermetures de passages à niveau. À ce jour, elle recense pas moins de 155 passages dangereux. Cela ne signifie pas que les autres passages à niveau ne sont pas sans risque, celui de Millas ne figure pas dans cette liste.

Selon la SNCF, il y a chaque année en France une centaine de collisions aux passages à niveau. Ils ont provoqué 42 décès en 2017 et  31 en 2016. Un nombre qui a été réduit par deux en dix ans.

Lundi à 17h50, au passage d’un train sur la ligne SNCF Béziers-Neussargues, les barrières sont restées levées au passage à niveau de Maureilhan. Photo D.R.

7 Comments

  1. Une enquete interne de la SNCF assure que les barriere etaient bien fermée et que cette photo n’est qu’un effet d’optique

    1. Euh train privé, ligne privée, maintenance du passage à niveau 100% privée
      Donc pourquoi cracher votre haine de la sncf

  2. Au lieu de mettre de l’huile sur le feu en publiant votre torchon.Vous feriez mieux de vérifier vos sources et d’apprendre votre géographie.
    Maureilhan n’est absolument pas sur la ligne Béziers/Neussargues.

  3. Sur la légende de la photo : « ligne Béziers-Neussargues » à17H50 …
    Quel rapport SVP avec la ligne de frêt Colombiers Maureilhan qui
    sauf erreur ne se trouve absolument pas dans le même secteur.

  4. Depuis le début de l’affaire de Millas, je n’arrête pas de le dire :
    pour moi, il est évident qu’une barrière s’est baissée (en face du bus) alors que celle côté bus est restée ouverte ….

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