Hérault : les auto-écoles en colère reçues par le directeur de l’URSSAF

Après les Gilets Jaunes et les lycéens, un nouveau mouvement social a pointé le bout de son nez, ce lundi matin : un collectif regroupant des gérants et des moniteurs d’auto-écoles de Montpellier et de l’Hérault -Sète, Béziers, Lunel-  a manifesté à son tour, à Montpellier.

Environ 50 agents et moniteurs d’autos-écoles se sont rassemblés dès 7h30 dans le quartier du Millénaire, avec un blocage total des véhicules, suivi d’une opération escargot sur l’autoroute A709 entre les échangeurs de Montpellier-Est, au Zénith et de Montpellier Sud, aux Près-d’Arènes, puis sur l’avenue de la Liberté, jusque devant l’URSSAF, dans le quartier de la Mosson-la Paillade. Et ce à grand coups de Klaxons.

Les indépendants dans le collimateur

Des représentants ont été reçu par le directeur de l’URSSAF à qui ils ont exposé leurs revendications. À l’écoute, il s’est engagé à faire remonter ces doléances à qui de droit. Cette délégation d’auto-écoles a surtout montré du doigt les moniteurs d’auto-écoles indépendants accusés de travail illégal. Des indépendants plus que jamais dans le collimateur de la profession. Bref, la guerre est déclarée.

« Cette action intervient pour protester contre le projet de réforme des auto-écoles et plus généralement de l’enseignement de la conduite. En effet, un rapport d’information sur l’évaluation de la loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, dite « loi Macron » a été déposé. Après l’externalisation de l’épreuve théorique qui est maintenant organisée par des prestataires privés, tel que La Poste et SGS, apres la dématérialisation des dossiers des candidats au permis sur la plateforme ANTS, voilà qu’on voit arriver de nouveaux acteurs, tel Ornikar ou Le Permis Libre pour ne citez qu’eux, qui participent un peu plus à l’ubérisation de notre profession », dénonce un des responsables de cette manifestation.

La profession est mise à mal par des projets de loi qui vont à l’encontre de l’objectif recherché par le Gouvernement. La sécurité n’est pas qu’une affaire de coût du permis et si tel est bien le cas, d’autres solutions pourraient permettre une baisse de son coût.

Non à la TVA à 20%

« Une TVA à 20% pour les auto-écoles, alors qu’elle est de 5.5% pour des cours de flûte ou pour une leçon de poney est un scandale », déplore ce responsable montpelliérain. Selon lui, « Une baisse de cette TVA serait déjà un grand pas vers la baisse des tarifs en auto-école. Et aussi, une défiscalisation du coût du permis pour les financeurs, que ce soit la famille ou l’employeur du candidat, serait une mesure qui pourra satisfaire tout le monde. Un projet de loi pour une égalité des chances économiques ? Encore faut-il respecter les lois qui régissent notre profession. Des moniteurs « indépendants »  proposent des heures bradés à leurs élèves, du travail en parti non déclaré. Des moniteurs «auto-entrepreneurs » qui travaillent 50/60 heures par semaine pour enrichir des plateformes d’auto-écoles en ligne ». 

« Non à la réforme »

Il s’interroge : « Et la sécurité routière dans tous ça ? comment bien préparer un candidat au permis en ne faisant pas abstraction de ces règles fondamentales ? Un moniteur « indépendant » avec autant d’heure travailler peut-il y arriver ?Des indépendants qui n’auront pas les droits qu’un salarié peut attendre, parce que ces indépendants sont bien des salariés de ces plateformes de mises en relation entre candidats au permis et moniteurs indépendants. Parce que nous sommes soucieux de l’avenir de notre profession et de la sécurité sur nos routes. Parce que nous pensons que la France ne doit pas s’ubériser, nous acteurs de l’enseignement de la conduite et de la sécurité routière, appelons notre gouvernement à mettre fin à cette reforme, qui ne sera bénéfique pour personne ».

Après ce coup de sang public, les gérants et les moniteurs des auto-écoles réfléchissent à une prochaine action. Histoire de maintenir la pression.

>> Vidéo : manifestation ce matin au Millénaire à Montpellier

Environ 50 auto-écoles ont investi l’A709 et les rues de Montpellier. Photo Métropolitain.

 

 

1 Comment

  1. Je suis moniteur posez-vous plutôt la question pourquoi j’ai envie d’être auto entrepreneur de quitter la sécurité de l’emploi c’est bien à cause de vous votre honteuse grille des salaires vous nous payez 20Cts au dessus du smic. Vous vendez nos heures c’est exactement ce que fait ornikar sauf que ça coûte moins cher

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