Les trois équipes retenues pour repenser l’aménagement du centre de Montpellier

Philipe Saurel a présenté les trois équipes d’architectes-urbanistes-paysagers chargés de penser le réaménagement du triptyque esplanade Charles de Gaulle, place de la Comédie et dalle du Triangle. « C’est un moment important pour l’histoire de la ville et de la métropole. Un projet comme ça ne se réalise que tous les deux siècle » a lancé Philippe Saurel qui attend de ces trois équipes « une idée qui symbolise la ville ».

Un projet d’envergure

Une trentaine d’équipes ont candidaté à ce projet d’envergure et trois équipes internationales ont été retenues. Les critères de la sélection, effectuée lors d’une réunion en interne, ont porté sur « la complémentarité des personnes à l’intérieur des équipes », explique Philippe Saurel, « Elles proposaient un panel de métiers qui permettait de répondre au projet. On a aussi regardé leurs références et leurs partenaire. Ces trois équipes sont celles qui ont le mieux la capacité à y répondre ». Si chaque équipe est pilotée par une agence, chacune est accompagnée d’autres corps spécifiques à certains domaines afin de réfléchir à ce réaménagement en englobant toutes les différentes problématiques.

À la fin de la phase de réflexion du projet, sera adjoint un designer ou un artiste pour que « cet ensemble devienne la signature de Montpellier du XXIe siècle », ajoute Philippe Saurel, « C’est un projet très ambitieux mais qui doit répondre des problématiques du quotidien et d’usage. Il faut savoir négocier la petite échelle et la grande, symbolique du Montpellier qui parle au monde ».

Les trois équipes retenues

West 8

Martin Van de Vorde et Maryam Benzebia, West 8 : « Nous avons été attirés par votre ville et votre projet. Montpellier a un caractère différent des autres villes françaises avec un esprit ouvert et une certaine dynamique. La place de la Comédie est emblématique car on touche le passé, l’histoire, et on peut-être autour de la table pour discuter du futur. Pour nous c’est un rêve ».

L’agence hollandaise West 8 pilote cette équipe composée de structures locales et parisiennes (Ginger CEBTP, l’Atelier Roland Jéol, l’association 7 milliards d’urbanistes et Arcadi). Composée de 70 professionnels de l’architecture en passant par le design industriel ou l’imagerie 3D, l’agence a notamment opéré le réaménagement de la place ‘T’Zand à Bruges ou de la place Gambetta à Bordeaux.

In Situ

Caroline Blin et Emmanuel Jalbert, In Situ : « On a rarement l’occasion de travailler sur des sites qui ont un tel potentiel. On est aussi très sensible à la notion de dialogue. La qualité d’un projet dépend souvent du dialogue que l’on met en place. C’est autre chose qu’un concours. C’est une réflexion à travers des échanges qui peuvent être fondateurs ».

Agence lyonnaise intervient à toutes les échelles du territoire : de la ville dense aux grands paysages, de l’espace public aux projets de renouvellement urbain et périurbains. Avec l’atelier Jacqueline Otsy, elle reçut en 2018, le Grand Prix National du paysage décerné par le ministère de la Transition écologique et solidaire pour leur travail réalisé pour la Ville et la Métropole de Rouen. Parmi ces réalisations, In Situ compte les aménagements des berges du Rhône à Lyon et de la Seine à Courbevoie.

TER

Henri Bava et David Guinet, équipe TER : « Cela nous a beaucoup touché de voir le globe sur la place de la Comédie. C’est à la fois très local et en même temps planétaire. C’est exactement qui nous intéresse. (…) Les centres-villes deviennent aussi emblématiques du territoire. Mais il ne s’agit pas d’en être dissocié, il faut en faire partie pleinement. Nous sommes ravis de développer ce projet qui nous semble emblématique de la démarche actuelle d’être à la fois planétaires et locaux ».

Lauréate du Grand Prix d’Urbanisme 2018 décerné par le ministère de la Cohésion des Territoires, l’agence TER est associée localement au bureau d’études Tecta installé à Baillargues. L’équipe est également constituée de Sismo, Per Ingénierie, Zefco et Agence On. TER a notamment réalisé l’aménagement des bords de la Loire et de la place de la Petite Hollande à Nantes, de la création d’une place au coeur de Pershing Square à Los Angeles et actuellement au réaménagement de la plaça de les Glories à Barcelone

La phase de dialogue

« Nous n’avons pas voulu faire un concours d’œuvre car le sujet est trop complexe. Le sujet doit s’élaborer en dialogue avec le maitre d’ouvrage c’est à dire la Ville. Nous avons donc préféré un dialogue compétitif. Le programme s’élabore en dialogue entre les équipes et le maitre d‘ouvrage, c’est à dire la Métropole et la SA3M » explique Yves Nurit.

Deux ateliers d’échange se tiendront fin janvier et en mars avec la possibilité d’un troisième en avril. « Les équipes ne travaillent pas entre elles », précise le directeur adjoint des services, « En tant que maître d’ouvrage nous demandons à avoir de vraies propositions ».

Au terme de ces échanges, débutera alors la phase d’appel d’offres pour ces trois équipes. Les solutions proposées seront analysées par une commission et l’équipe choisie sera connue à l’été 2019 pour ensuite attribuer un marché notifié au début de l’automne. La concertation avec les habitants à travers des réunions publiques débutera dans la même période. « Il faudra ensuite transformer cette solution par un projet. Les premières images du programme seront dévoilées à la fin de l’année 2019 » indique Yves Nurit. Quant aux travaux, « plus proches de la dentelle car on ne va pas y aller à la kalachnikov », Philippe Saurel indique que ce ne sera pas avant 2020 et qu’il s’agit d’un programme s’étalant sur six ans. En précisant, « je lance le projet, que je sois candidat ou pas, il sera mené ». Les questions d’ordre budgétaire sont eux laissés à plus tard, toute liberté créative étant pour l’heure laissée aux équipes.

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