Fiction : Andrew Bennett, la série 100% montpelliéraine

Andrew Bennett, c’est LA série fantastique produite et tournée chez nous, qui n’a rien à envier à Netflix et cartonne actuellement sur Youtube. Frédéric Perchet, producteur et acteur de la série, nous explique comment ce projet, ambitieux et un peu fou, a vu le jour.

> Métropolitain : Andrew Benett est née d’une rencontre entre une société de création audiovisuelle montpelliéraine et un youtubeur reconnu. Comment s’est monté ce projet ?
Frédéric Perchet : SoundLife, notre boite de production, a reçu un message du youtubeur Superflame l’année dernière, dans lequel il nous disait beaucoup aimer nos courts-métrages ! Il avait écrit un scénario et proposait d’en faire une série avec nous. On l’a lu, on a aimé, et on a dit go ! Alors bien évidemment, le scénario a été retraité pour le rendre plus efficace, et nous avons choisi le format «série digitale» de 10 épisodes de 10 minutes : un format accessible sur Youtube, dans l’air du temps, un format plus libre.

Parle-moi justement de Soundlife, ta société de production audiovisuelle grâce à laquelle vous avez produit et tourné cette série, c’est un challenge de monter une structure pareille dans le Sud de la France ?
Créer SoundLife, ça a été un saut dans le vide : cela faisait 8 ans que j’étais comédien. À force de croiser les mêmes personnes sur les tournages, on s’est dit « et si on créait notre propre boite ? ». J’ai même carrément décidé de quitter mon boulot d’ingénieur pour me consacrer uniquement à SoundLife Prod.
SoundLife, c’est Kévin Payet (réalisateur), Sam Debout (sound-designer), Théo Rol (motion designer), Thibaut Sartre (effets spéciaux) et moi : c’est une histoire de potes. On l’envisage pas autrement ! Ça va faire 2 ans et demi que l’on a lancé l’affaire. On travaille beaucoup, on dort peu, on ne gagne pas des masses, mais on est motivés à relever des défis et à croire en notre rêve collectif ! Mais il faut aussi être un peu taré… Pour se lancer là-dedans et pour faire ça à Montpellier, surtout. On ne va pas se leurrer, à part les quelques séries quotidiennes qui sont produites ici aujourd’hui, la production audiovisuelle est quand même ultra-concentrée sur Paris.

Justement, est-ce que Andrew Bennett a reçu des aides financières de la Région ?
Aucune ! Alors que nous avons été lauréats de la nouvelle aide du CNC, le CNC Talents, qui s’intéresse au contenus numériques, et que l’on fait même partie des premières séries digitales locales à avoir reçu des aides nationales. Mais notre propre région ne nous a pas du tout aidé.
La société de production de Andrew Bennett était montpelliéraine, 90% de l’équipe technique et des comédiens étaient montpelliérains, la série était tournée à Montpellier… bref, nous pensions que la Région allait prendre en compte tous ces facteurs ! Notre contenu et notre scénario ont été jugés «incohérents» par la même commission qui attribue les aides aux séries quotidiennes nationales (Demain nous appartient, Un si grand soleil…).

©Geoffrey Leveque

Je pense qu’il y a un vrai décalage culturel ou générationnel, entre « les gens de la télé » et « les gens de Netflix ». Les séries Netflix ont en commun d’en mettre plein la vue, et c’est ça notre modèle ! Nous, on aime la fiction qui fait rêver, la science-fiction, le fantastique, les films d’époque, autre chose que « la vie normale des gens normaux ». Dans Candice Renoir il n’y a rien d’exceptionnel, de marquant, tu ne vas pas dire « Whoua, l’épisode 8 de la saison 3 de Candice, il est vraiment culte ! ».

> Comment avez-vous réussi à surmonter ces obstacles pour financer votre série ?
On a lancé une opération de crowdfunding (financement participatif) en ligne qui s’est très bien passée, grâce à une jolie mobilisation.
Pour être honnête, la plupart des séries que l’on trouve sur le web sont faibles techniquement et en terme de jeu. Il n’y a que très peu de contenus gratuits de ce type qui fonctionnent. Alors il a fallu convaincre les gens que Andrew Bennett n’allait pas être une énième série du même genre, et que nous avions de grosses ambitions. Et ça a marché  (Ndlr : ils ont récolté 60 000 € sur Ulule au lieu des 50 000 demandés !). Au final c’est super, mais ça ne remplace pas ce qu’aurait pu nous apporter la Région. Le trou financier laissé par cette non-participation n’est toujours pas comblé à ce jour. Heureusement, plusieurs entreprises privées nous ont généreusement aidé, dont Traiteur Grand.

> Comment s’est déroulé le tournage ?
Nous avons tourné toute la série entre Saint-Jean-de-Védas, Montpellier, Le Crès, … Nous ne voulions pas d’un tournage amateur ou bénévole de plus. Quatre semaines de tournage non stop, on ne pouvait pas faire ça « à l’arrache »! Toute l’équipe était donc rémunérée, figurants compris, à part l’équipe de SoundLife ! C’était la seule façon de parvenir à produire le projet.
Et par la suite tous les effets spéciaux de la série ont été réalisés par Thibaut Sartre, en 4 mois de travail !

> La série – diffusée au rythme de 3 épisodes par semaine sur Youtube – reçoit un excellent accueil sur internet. Quels sont vos projets à présent ?
Faire la promotion de Andrew Bennett partout où l’on pourra. Envisager une saison 2, et d’autres projets, on en a plein qui sont déjà écrits.
On est très fiers d’avoir réussi à produire et tourner un premier projet de fiction professionnel. Et je serai encore plus fier quand on n’aura plus aucune dette !

>> Pratique : Andrew Bennett, série fantastique de 10×10 minutes, création originale de Superflame et produite par SoundLife Prod – Épisodes diffusés tous les lundis, mercredis et samedis, sur la chaine Youtube de SuperFlame.

2 Comments

  1. Bravooooo! Franchement chapeau!!!! Si vous lancez la saison 2, contactez moi! Je suis comedienne et serais ravie de travailler pour vous!
    Au paisir de vos nouvelles,
    Bien a vous,
    Lorene

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