Interview. André Deljarry : « La CCI Hérault est dans le bon timing »

Le président de la CCI de l’Hérault, qui affirme que l’institution génère 372 M€ de retombées sur le territoire, fait le point pour Métropolitain sur les grands projets portés par la chambre départementale : Montpellier Business School, Club des Croisières à Sète, Parc des Expos et CFA de Béziers, soit plus de 100 M€ d’investissements mobilisés.

« Il faut savoir défendre son bilan », affirme André Deljarry. Donc acte…

Commençons par la Montpellier Business School dont l’inauguration a été annoncée pour septembre 2022. Où en êtes-vous sur le calendrier ?

Avec l’aide de la Région et de la Métropole de Montpellier, nous sommes dans le timing de ce qui avait été annoncé. Nous respecterons la date annoncée : l’ouverture de l’établissement sur le nouveau site de Cambacérès pour septembre 2022. Il ne s’agit pas, dans ce projet, que de l’inauguration de l’école. Le site accueillera en effet les nouveaux bureaux de la CCI et ceux de la CCI régionale qui va nous rejoindre, et Sud Formation. Nous créerons ainsi sur ce nouveau grand quartier montpelliérain ce que j’appelle un « campus économique ». Ce projet, au final, est une vraie marque de territoire.

Financièrement, tout est bouclé ?

Le budget global pour le futur site est de 92 M€. Pour financer ce projet, nous allons d’abord vendre le site d’Alco pour 20 M€…

Ce n’était pas 25 ?

On l’avait annoncé, mais il faut toujours demander un peu plus pour être sûr d’obtenir le meilleur prix ! (rires) Allons, quand même, le commerce et la négociation, on connaît quand même un petit peu, non ? 20 M€, c’est un bon prix. Et justifié pour un site de 6 hectares présentant un bon étalement urbain, autrement dit, de quoi prévoir un joli petit quartier…

La CCI de l’Hérault peut-elle compter sur des aides ?

Oui, bien sûr. La Région Occitanie nous suit sur le financement du CFA et de l’école de commerce à hauteur de 20 M€. La Région, toujours, va également intervenir avec la Caisse des Dépôts et Consignations sur un autre aspect du projet, pour une enveloppe qui pourrait atteindre au moins 20 M€, voire plus. On y travaille… Dans ce cas de figure, on financera les 30 M€ avec le crédit. Nous limitons le recours à l’emprunt à moins de 50 %, ce qui est largement en-dessous des standards sur ce type d’opération.

« La CCI assumera encore longtemps son rôle crucial au service de l’économie du territoire »

Un petit mot sur Saint-Côme, vos locaux dans le centre historique ?

Nous allons rénover Saint-Côme que je ne veux pas vendre, c’est prévu. On prévoit les travaux sur la période 2019-2020. Nous conserverons l’accueil CCI en rez-de-chaussée, mais nous allons innover en créant un accueil plus moderne, résolument « digital ». Je veux garder Saint-Côme car la CCI doit impérativement garder un lien physique avec le centre-ville. On profite donc de la rénovation de la Grand-Rue Jean Moulin par la Ville pour acter celle de notre bâtiment historique, pour un montant de 500 000 €.

Du côté de Sète, le projet sur les croisières n’est pas resté à quai ?

(rires) Non, il a bien avancé. Les choses sont actées, planifiées. Avec Jean-Claude Gayssot, nous avons travaillé de concert pour développer l’activité du Club des Croisières. Aujourd’hui, 20 000 croisiéristes passent chaque année par le port de Sète. Nous devons porter ce flux à 200 000. Nous travaillons aussi à la mise en place d’une offre touristique nouvelle qui nous permettra de capter une partie de ces 200 000 futurs croisiéristes pour les canaliser dans l’Hérault. La plupart des croisiéristes qui font escale à Sète vont plutôt sur des sites emblématiques mondialement connus, le Pont du Gard et la Cité de Carcassonne. Nous devons en garder une partie dans l’Hérault.

Pas uniquement sur Sète ?

La CCI travaille pour tout le département. Nous avons déjà obtenu l’accord des commerçants sétois pour rester ouvert le jour des escales, y compris le dimanche. C’est nécessaire si l’on veut que les touristes, qui viennent en masse entre mai et septembre, restent dans la ville et s’y promènent… Ensuite, nous sommes en train de mettre en place des circuits, notamment dans le domaine de l’oenotourisme, pour capter au moins 20 000 à 30 000 croisiéristes pour qu’ils visitent l’Hérault.

Et sur Béziers ? Vos projets avancent ?

Nous avons déjà réalisé une partie du programme. Nous avons repris l’hôtel d’application, qui jouxte le parc des expositions, que nous avons entièrement rénové. Sur 400 , il accueille désormais les services de la CCI biterroise. Nous avons investi 525 000 € dans ce projet, en conservant, comme à Montpellier, une présence forte de l’institution en centre-ville avec un local de 90 sur les Allées Paul Riquet… Donc, ça c’est fait.

Il reste le gros morceau : le vieillot parc des expositions de Béziers…

Le CFA aussi ! Pour cet établissement vital pour le territoire, la Région s’est engagée dans ce projet à hauteur de 2,5 M€, et nous mettons un montant identique. Quant au parc des expositions, la CCI va investir 3 M€ pour le rénover entièrement avec l’aide de l’agglomération Béziers Méditerranée qui met 2 M€. Au final, nous allons créer à Béziers un « campus de l’économie », comme à Montpellier.

Quel bilan tirez-vous de votre mandat ?

Je le trouve plutôt bon. Sérieusement, il faut savoir défendre son bilan ! J’estime avoir tenu tous les grands engagements annoncés pour la CCI. Et je précise que tout cela, nous l’avons réalisé ou nous le réaliserons alors que les gouvernements successifs ont ponctionné de manière scandaleuse nos revenus, avec notamment la baisse de la TFC, qui est passée de 17 M€ à 7 M€… Je rappelle qu’entre 2013 et 2022, nous perdrons 75 % de notre ressource fiscale… Tenir ce programme a été un vrai challenge pour la CCI de l’Hérault. Je félicite encore nos équipes.

Malgré cette baisse, la CCI reste un acteur économique incontournable pour le territoire ?

Bien sûr ! J’ai toujours dit que la CCI, outre son action en faveur de la création d’entreprise, se positionne comme un facilitateur. Et notre impact est plus fort qu’on ne le croit. Je souhaite mettre en exergue un chiffre concret qui témoigne de l’activité globale de la CCI de l’Hérault et de son influence. Lors de notre AG du 28 novembre, en effet, un chiffre est sorti : 35. Il s’avère que la CCI a un effet multiplicateur de 35 ! En 2017, pour 11 M€ de fiscalité perçue, nous avons généré 372 M€ de retombées sur le territoire. Ce chiffre, c’est la valeur globale créée et propagée par notre institution, qui permet par ailleurs la création ou le maintien de 2443 emplois. Donc, oui, la CCI assumera encore longtemps son rôle crucial au service de l’économie du territoire…

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