Vin Bio : l’Occitanie va doubler de volume

L’association Interprofessionnelle SudVinBio, qui rassemble près de 300 producteurs de vin bio en Occitanie pour une production d’un million d’hectolitres par an, soit la moitié de la production nationale de vin Bio, révèle la projection d’une enquête menée par l’agence anglaise IWSR : en France, les ventes de vin Bio vont doubler de volume d’ici 2022.

Reconnue pour suivre depuis quarante ans l’évolution du marché des vins et spiritueux dans 157 pays, IWSR a procédé à une analyse statistique des marchés de 120 pays, avec un focus sur 7 marchés-clés : « Les projections confirment que le marché du vin bio est en train de prendre une nouvelle dimension, en France comme à l’étranger », confirme Patrick Guiraud, le président de SudVinBio.

Une bonne nouvelle les producteurs régionaux à quelques semaine du prochain salon Millésime Bio, qui aura lieu à Montpellier du 28 au 30 janvier prochains, et considéré comme la plus grande place de marché au monde dédiée au vin bio : 1 200 exposants et 5 000 acheteurs attendus au parc des expositions de la route de Pérols.

207 millions de cols en 2022

« L’étude sur l’évolution de la consommation de vin bio en France montre qu’entre 2012 et 2017, l’évolution atteint 16,8% en volume ; et entre 2018 et 2022, elle sera de 14,4% selon IWSR », détaille le président des vignerons occitans bio : « Au final, le marché va pratiquement doubler de volume avec + 85 % d’ici 2022 ».

En 2012, 12 millions de bouteilles de vin Bio ont été consommé en France (soit 1,69% de part de marchés) contre 112 millions en 2017 et… 207 millions en 2022 (soit 7,68 % de part de marché). Signe des temps, en France, le volume d’affaires du vin Bio devrait bientôt dépasser le milliard d’euros par an.

En France, seules les ventes de vin Bio progressent avec + 96 millions de cols prévus en 2022


Le vin Bio, le seul qui progresse
« Et puis, n’oublions pas que dans un marché national du vin qui stagne et qui régresse, le vin Bio est aujourd’hui le seul segment en progression », enfonce le président de l’interprofession régionale qui évoque une baisse prévue de la consommation de vin en France de 16 % sur la période 2012-2022… Mais, le Bio, lui, peut voir la vie en rouge, ou en rosé.

Au niveau mondial, la consommation de vin Bio va elle-aussi augmenter : après avoir cumulé à 14,1 % de croissance annuelle sur la période 2012-2017, la dynamique se fixera à 9,2 % sur la période 2017-2022.

Un milliard de cols à terme

Dans le détail, l’enquête prévoit pour la période 2018-2022, en terme de progression de volume, des ventes de Bio en augmentation dans les grands marchés : + 116 millions de cols pour l’Allemagne, + 96 millions pour la France et + 50 millions pour les USA, de quoi atteindre en cumulé un milliard de bouteilles vendues en 2022, dont plus de 50% sur 3 principaux marchés : Allemagne, avec 23,9%, la France, 16,4%) et l’Angleterre, 10,2%.

L’interprofession des vignerons Bio vise 50% du vignoble régional converti en 2022

50% du vignoble régional en Bio

De quoi voir l’avenir en Bio, « alors que depuis 2015, les conversions se sont ralenties dans la région même si beaucoup de vignerons sont intéressés », précise Patrick Guiraud qui rappelle les objectifs du SudVinBio : « Continuer le travail pour pérenniser l’Agriculture Biologique en facilitant et en accompagner les transitions qui durent 3 ans… Pour avoir un vrai impact environnemental, il faut atteindre 50 % du vignoble régional en Bio d’ici dix ans ! Nous en profiterons aussi pour conforter notre première place européenne ».

Un objectif d’autant plus réaliste que la France importe peu de vin Bio : 99,5 % des vins Bio achetés dans l’Hexagone sont des vins produits dans l’Hexagone.

>> Le vin Bio, qu’es aco ?
En Europe, un vin est reconnu Bio s’il est produit selon un cahier des charges spécifique, encadrant à la fois les pratiques culturales et de vinification. Celui-ci interdit l’utilisation des engrais chimiques et des pesticides de synthèse, réglemente l’emploi d’additifs et d’auxiliaires œnologiques et, enfin, limite les niveaux de soufre contenus dans les vins. La mention « vin bio » ne s’obtient qu’après une étape de conversion qui dure trois ans.

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