Languedoc-Roussillon : 2,6 milliards d’euros pour « sauver l’eau »

Tous les 6 ans, l’Agence de l’Eau lance un nouveau cycle d’investissement pour améliorer la qualité des eaux et favoriser l’adaptation au changement climatique. La grande agence Rhône Méditerranée Corse, qui couvre un quart du territoire national, a dévoilé les grandes lignes de son onzième programme, baptisé « Sauvons l’eau ». Celui-ci couvre la période 2019-2024 et bénéficiera d’une enveloppe de 2,6 milliards d’euros.

Laurent Roy et Dominique Colin, respectivement directeur régional et directeur de la délégation de Montpellier de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, ont présenté le plan d’action de leur institution pour la période 2019-2014. Abordé avec une enveloppe de 2,6 milliards d’euros, soit un volet d’interventions de 440 M€ par an, ce budget sera consacré aux investissements visant à améliorer la qualité de l’eau sur le territoire couvert par l’agence, dont fait partie l’ex-Languedoc-Roussillon. Laurent Roy énumère les priorités et la philosophie de l’Agence : « Améliorer la qualité de l’eau, économiser la ressource, restaurer le caractère naturel des rivières et des zones humides, garantir la solidarité en faveur des territoires ruraux… Nous priorisons les actions en intervenant là où il y a urgence ».

1,4 milliard pour mieux gérer la ressource

Dans le détail, le plan « Sauvons l’Eau » prévoit 6 grands domaines d’intervention :
– Gestion de l’eau et lutte contre la pollution domestique : 1,4 milliard d’euros ;
– Restauration des rivières et zones humides : 504 M€ ;
– Économie et partage de la ressource eau : 260 M€ ;
– Lutte contre les pollutions agricoles et industrielles : 355 M€ ;
– Amélioration de la surveillance : 105 M€ ;
– Animations : 69 M€.

4 grandes priorités pour l’Occitanie

Laurent Roy apporte une précision de poids : « Dans un contexte de tension accrue sur la ressource eau, le nouveau programme consacre 40% de l’enveloppe à l’adaptation au changement climatique dont les effets se font déjà sentir, notamment avec des pluies désormais inégalement réparties ». L’agence a identifié 4 grandes priorités pour l’Occitanie qui permettront de flécher les investissements : le partage et les économies d’eau ; la restauration du caractère naturel des rivières et milieux aquatiques (« sans oublier la sauvegarde des milieux littoraux, lagunes littorales et mer », précise le directeur) ; la lutte contre la pollution (agriculture et viticulture en tête) ; et enfin, la gestion durable des services publics d’eau et d’assainissement.

Laurent Roy, directeur de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, insiste sur l’enjeu crucial d’une meilleur gestion de la ressource eau pour le territoire.

 

Remettre à niveau les stations d’épuration

Dans le détail, l’agence souhaite accompagner la rénovation de stations d’épuration considérées comme défaillantes. Vingt-deux points noirs sont identifiés sur le territoire, principalement dans le Gard (16 stations posent problème) et l’Hérault (5 stations ciblées) : sur le Rieutord (Saint-Pargoire), le Rhonel (Cazoul-les-Béziers), l’Orb (de l’aval du barrage à la confluence avec la Mare à Sériyes), l’Hérault (du barrage du moulin Bertrand au ruisseau de Gassac à Aniane) et la Buège (Saint Jean de Buèges).


Réduire les pollutions agricoles…

Dans le viseur, le secteur agriculture-viticulture, un pollueur dont l’activité impacte les 269 zones de captage d’eau potable prioritaires en Occitanie. L’Agence évoque 66 captages classés « prioritaires à protéger » où des pollutions aux pesticides sont repérées. L’une des solutions prônée par l’Agence : encourager la mutation de l’agriculture en s’appuyant notamment sur le plan Ecophyto2+ et le plan de développement de l’Agriculture Bio : « Il faut sécuriser et assainir l’environnement immédiat des captages », précise Dominique Colin qui entend veiller également à la mise aux normes des exploitations ciblées par la Directive Nitrates : « Il faut lutter contre la pollution par ruissellement qui permet aux eaux de pluie de rejeter des polluants dans les rivières ».

L’Orb traverse la réserve naturelle du parc régional du Haut-Languedoc. ©BiosphotoFrédéric Didillon

 

… Et les pollutions industrielles

L’industrie n’échappe pas à la vigilance de l’Agence : « Depuis 10 ans, les efforts des industriels ont permis de diviser par six les niveaux de concentration en métaux dans l’eau », rappelle Laurent Roy : « Au cours du programme 2013-2018, l’agence a financé 300 opérations pour 140 M€ afin de réduire ou supprimer les rejets de micropolluants ». Selon le directeur, le bilan est positif : « ces opérations ont permis de réduire considérablement les flux de pollution dans le milieu naturel », affirme-t-il. Le programme 2019-2024 prévoit 125 M€ pour soutenir les efforts des industriels.

L’avenir passe par les économies

Sur le bilan global des six dernières années, Laurent Roy se montre plutôt satisfait : « 50% des cours d’eau en Occitanie sont aujourd’hui de bonne qualité », annonce-t-il : « Nous sommes au milieu de l’objectif, et il en reste autant à faire que ce qui a été fait… Nous comptons sur le prochain programme pour y parvenir ». Le directeur estime que l’effort portera largement sur les économies d’eau : « Il faut préserver la ressource. On le sait, c’est une obligation pour assurer l’avenir des générations futures ». L’Agence, sur le précédent programme, a financé plus de 138 millions de m3 de nouvelles économies d’eau et 10 nouveaux plans de gestion de la ressource eau ont été engagés entre 2017 et 2018.

 

La ressource en eau diminue

« Mais il faut poursuivre et accélérer », assène Laurent Roy, esquissant une situation d’urgence : « Sur le territoire, plus de la moitié des bassins versants sont en déficit, la ressource diminue et les sols s’assèchent : 40% du bassin Rhône Méditerranée Corse est déjà déficitaire en eau, et la situation ne va pas s’arranger avec le réchauffement climatique ». Il manque aujourd’hui 80 millions de m3 en Occitanie, soit la consommation d’une ville de 1 million d’habitants. Dans ce contexte, l’agence prévoit d’économiser 30 millions de m3 d’eau/an par la mise en place de plans de gestion de la ressource en eau sur les 71 bassins d’Occitanie. « Dans Le Languedoc-Roussillon, en modernisant l’irrigation, nous avons déjà réalisé une économie de 18 millions de m3 », précise Dominique Colin : « Au final, il faudra arriver à l’équilibre ».

3 Comments

  1. Irrigation des vignes des oliviers dans la plaine de l’Hérault avec le vol de la resssource en eau par l’Asa du canal de Gignac.Malgré les plaintes à la gendarmerie par les associations de protection de l’environnement l’Etat-voyou complice avec ces déliquants de l’ASA.L’eau est devenue une marchandise dans le coeur-Hérault pour remplir les piscines,et arroser les gazons.Un véritable scandale.Faites une enquête Métropolitain sur ce scandale environnemental.H.B.Collectif unitaire pour la défense de l’eau Souterraine du Larzac SUD.St Guilhem-le-Désert

  2. installer des détecteurs de bactéries pour interdire l’accès de la vIs et de l’herault pour les crados qui confondent la rivière et leur salle de bains ,quand je vois la populace a saint laurent le minier dans l’eau l’été franchement je plains les truites

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