Livres : Wendy Delorme, lauréate du Prix littéraire de Montpellier

Le Café Jo a vibré au son des mots samedi soir pour la remise du tout premier Prix Littéraire de Montpellier. Pari réussi pour Thibault Loucheux, jeune passionné de littérature et écrivain lui-même, qui peut se vanter d’avoir organisé cette première dans la ville, sous le parrainage bienveillant de l’écrivain Nicolas Rey.

Mathéo Filber, ami de Thibault Loucheux et membre du jury, se rappelle comment tout a commencé : « tout est parti de conversations pendant des soirées au festival de Cannes, les gens que l’on rencontrait nous poussaient à croire en nos rêves, c’est ce qui a vraiment motivé Thibault à se lancer dans ce projet ». Pour les jurés, tous issus du monde de la littérature et moins de 30 ans au compteur, c’était également une première expérience : « Cela représentait pas mal de pression. On se demandait un peu qui l’on était pour avoir le droit de juger ces œuvres », explique Marine Chane-Law, ancienne étudiante en lettres.

L’amour contemporain

La soirée de clôture, qui se déroulait bien évidemment entre les murs du célèbre café de la place Jean Jaurès, s’est conclue par la victoire du dernier roman de Wendy Delorme, Le corps est une chimère. L’écrivaine, également performeuse, y suit une dizaine de personnages et au travers de leurs aspérités, dresse un portrait sensible de l’amour contemporain.

Selon Marine Chane-Law, Le corps est une chimère aborde «  l’amour dans toute son hétérogéneité », avec « un style très percutant, une écriture visuelle » ajoute Mathéo Filber. Ulysse Terrasson, jeune auteur également membre du jury, explique : « Le livre se présente à la façon d’une série, sous la forme de chapitres assez courts. On passe sans cesse d’un personnage à l’autre. C’est un livre choral comme on peut avoir des films choral ».

Un livre récompensé par un jury désireux de célébrer une écriture impactante et moderne.

Wendy Delorme, quant à elle, définit son livre comme un « roman sociétal, qui aborde les grands débats actuels à travers la thématique du corps ».

Elle était présente au Café Joseph ce samedi soir pour recevoir son prix : « Écrire est un exercice passionnant mais très solitaire. Il est vital pour un-e auteur-re de pouvoir échanger avec ses lecteurs ou d’autres auteur-es, à l’occasion d’une soirée chaleureuse comme celle-ci », confie-t-elle, très touchée de son prix, et ravie d’avoir participé à cet événement, qui selon elle « contribue à tisser des liens entre les livres et les lecteurs, les livres et les auteur-es, à faire vivre cette belle communauté des passionné-es du livre ! ».

L’éditrice du Diable-Vauvert présente

Elle était accompagnée de Marion Mazauric, éditrice du Diable-Vauvert, qui publie également les œuvres de Nicolas Rey, le parrain de cette première édition. « Nicolas Rey, c’est carrément l’écrivain qui m’a donné envie d’écrire, raconte Ulysse Terrasson. Je le connais depuis quelques temps et il m’a beaucoup conseillé sur mon écriture, ça a vraiment été mon mentor . Alors l’avoir comme parrain de cette édition, c’est comme avoir dans une église la présence de Jésus himself ! »

Amour, gloire et Champomy

Jean-René Privat se félicite, quant à lui, d’avoir associer son établissement à la littérature :  « Je défends beaucoup le bouquin, de tout temps, j’ai voulu mettre le livre en avant. Pendant un temps, j’exposais même mes lectures coups de cœur à l’entrée du café… Lorsque Thibault est venu me voir, il y a eu une vraie rencontre d’énergies ; j’ai tout de suite eu envie d’accueillir son projet, et le fait que Nicolas Rey soit parrain, c’est un cadeau magnifique », ajoute-t-il en trinquant avec l’écrivain, qui lui s’en tient à son Coca zéro.

Quand on lui demande ce qui l’a poussé à accepter ce rôle, il répond de sa voix douce et mélancolique : « J’ai trouvé le défi agréable, plein de fougue, de panache et d’élan, je crois que ce prix matche bien avec le Café Jo . Et j’espère être le parrain de la prochaine édition ! ». Et lorsqu’on lui demande quel est son état d’esprit du moment, il se confie : « je suis très amoureux d’une femme qui est prof de français, qui boit du Champomy et écrit des sms sans la moindre faute, donc je suis très heureux ».

Aussi heureux que Thibault Loucheux, qui se félicite d’avoir rempli le Café Jo pour la remise des prix : « Il y a ce soir un beau mélange des générations. Je suis fier et soulagé du succès de cette première édition, après avoir passé plusieurs années à imaginer ce prix. Et j’espère que Monsieur le maire viendra l’année prochaine pour la remise des prix ! ».

À l’année prochaine, donc, pour une nouvelle édition du Prix Joseph.

Crédits photo : ©Christian Loucheux

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