Cinéma : ce youtubeur nîmois qui fait froid dans le dos

Rencontre avec Romain Houlès, jeune Nîmois spécialisé dans la fabrication de prothèses horrifiques et les maquillages gores pour le cinéma, qui propose une démonstration ce dimanche à 14h30, au Gaumont Multiplexe dans le cadre du festival Effets Stars.

> En quoi consiste ton métier ?

Je fabrique des monstres et des maquillages spéciaux pour le cinéma. Je suis passé par l’école de maquillage et d’effets spéciaux Métamorphoses à Montpellier, où j’ai eu la chance d’être formé par de grands messieurs du cinéma, tels que Laurent Zupan ou Gilles Payet qui travaille sur « Avengers » ou « Doctor Who »… Et j’ai beaucoup appris seul aussi !

> D’où te vient cette passion ?

Quand j’étais enfant, je moulais le têtes de mes Action man dans la cave de mes parents. À cette époque, il n’y avait pas de tutos sur Youtube ! Du coup, je regardais beaucoup de making-of pour apprendre tout ça, et je regardais à la télé des émissions comme Le cinéma des effets spéciaux ou La dernière séance, présentée par Eddy Mitchell. Je suis né dans les années 90, mais je ne m’intéressais qu’aux films des années 80. Quand j’étais enfant, mon père m’a beaucoup montré de séries Z, de cinéma bis, et je regardais en cachette des films contenant des images abominables que je n’aurais jamais dû voir à cet age-là, comme The Thing ou Robocop qui m’ont particulièrement marqué. Aujourd’hui je suis très fier de faire le métier dont je rêvais enfant !

> De quelle façon interviens-tu sur les films ?

En amont du tournage, on détermine par rapport au script si les effets spéciaux vont être numériques ou mécaniques, auquel cas c’est moi qui m’en charge. Par la suite, si je dois réaliser un maquillage sur un comédien, je reste avec eux pendant toute la durée du tournage.

> Depuis quelques années, il y a un utilisation massive des effets spéciaux numériques au cinéma, quel futur pour les effets spéciaux « à l’ancienne »?

On a cru que le numérique allait s’emparer du cinéma mais il y a finalement un retournement de situation : la nouvelle génération de réalisateurs, qui ont grandi avec les films des années 80, veut revenir à des effets spéciaux non virtuels. Le fait de voir un monstre « en vrai » créait une sorte d’euphorie, c’est vraiment ça, la magie du cinéma ! Le meilleur exemple , c’est Star wars : les nouveaux épisodes sorties dans les années 2000 ont abusé des effets numériques, et les gens ne retrouvaient pas l’univers qu’ils aimaient. Disney est donc revenu à de vrai personnages pour les films suivants. Les effets spéciaux, c’est tout un patrimoine, ce serait vraiment triste que cela disparaisse au profit des images de synthèse.

> Sur quels projets travailles-tu en ce moment ?

Je me consacre beaucoup à ma chaine Youtube (Ndlr : la chaine Romain Houles, dans laquelle il vous révèle les secrets des effets spéciaux de films cultes et la fabrication de ses maquillages et prothèses) et je viens de travailler sur les maquillages SFX de la série Andrew Benett (tournée a Montpellier).

> Tu es originaire de Nîmes et tu vis maintenant sur Montpellier, tu ne comptes pas céder à l’appel de la capitale ?

Pas du tout. Je veux rester dans la région, il y a plein de tournages qui s’installent ici… je crois que les gens en ont de plus en plus marre de la vie parisienne. Vive Montpellier !

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