Bébé gravement secoué dans l’Hérault : une nounou incarcérée

Une assistance maternelle âgée de 60 ans a été mise en examen, ce mardi après-midi par un juge d’instruction du tribunal de grande instance de Montpellier pour les délits présumés de coups et blessures volontaires sur mineur de 15 ans et blessures volontaires d’une personne ayant autorité sur un mineur, après l’hospitalisation en urgence d’un bébé de 7 mois et demi, un garçonnet, vendredi soir au CHU de Montpellier.

C’est la nounou qui en avait la garde à son domicile de Prades-le-Lez qui a appelé les services de secours, après avoir constaté que l’enfant était inanimé. Les médecins ont rapidement constaté qu’il présentait des blessures, notamment aux bras, liées au syndrome du bébé secoué.

Le CHU a effectué un signalement au procureur de la République de Montpellier qui a saisi la compagnie de gendarmerie de Castelnau-le-Lez. L’enquête a été diligentée par les militaires Clapiers-Jacou et de la brigade de recherches. L’assistante maternelle et son mari ont été placés en garde à vue, dimanche.

« Une obligation légale de signalement »

« Le secret médical n’est pas absolu, les médecins ont une obligation légale de signaler de tels faits au parquet, un devoir de signalement qui a été fait vendredi soir, quand le personnel des urgences pédiatriques a découvert des blessures récentes suspectes sur le corps du bébé », relève Christophe Barret, le procureur de la République de Montpellier, entouré du capitaine Serge Dalzon et du lieutenant Carlo Da Silva, adjoints au commandant de compagnie de Castelnau-le-Lez.

Lésions très graves

Selon M.Barret, « le garçonnet souffre de lésions très graves, notamment neurologiques avec des hématomes sous-duraux -dans la boîte crânienne- et des abrasions aux bras, qui attestent qu’il a été empoigné violemment, puis secoué. Il se trouve dans le coma ».

La sexagénaire qui est titulaire d’un agrément officiel d’assistance maternelle depuis 1995 et renouvelée régulièrement, dont la dernière fois en 2015 n’a jamais fait l’objet de plainte de la part des familles, dont les enfants étaient gardés à son domicile, jusqu’à cette affaire. Actuellement, la nounou s’occupait en même temps de quatre bébés âgés de 4 mois à 22 mois et, épisodiquement d’un garçonnet de 6 ans lors des temps périscolaires.

Ces familles, notamment le couple du bébé gravement secoué, n’avaient jamais rien noté d’alarmant, ni de suspect sur leurs progénitures.

Elle nie dans un premier temps…

La sexagénaire a nié les faits présumés, dans un premier temps, en garde à vue. Elle a contesté avoir exercé des violences sur le nourrisson. Elle même évoqué une intervention d’un tiers pour malmener le bébé. Les gendarmes ont donc soupçonné son mari, régulièrement présent au domicile en présence des enfants dont son épouse a la garde. Son placement en garde à vue a été rapidement levée, car, sa femme a finalement avoué avoir blessé l’enfant.

… Et avoue avoir eu un geste énergique

« Elle a qualifié son geste d’énergique quand elle a brutalement tiré le bébé de sa chaise haute par ses deux bras, vendredi vers 18h. Elle a constaté rapidement que l’enfant n’était pas bien, au point de perdre connaissance. Elle explique ce geste qu’elle qualifie d’involontaire dans le sens où elle ne voulait pas lui faire de mal par son agacement généré par les cris et les pleurs d’un des autres enfants qu’elle gardait. Lors de sa garde à vue, les gendarmes ont réalisé une mise en situation, c’est à dire qu’elle a refait son geste. Il correspond aux blessures relevées par les médecins, lors de l’admission du bébé », déclare le procureur de la République. Selon nos informations, inquiète, voire affolée par l’état de santé du bébé, la nounou a alerté les sapeurs-pompiers.

« C’est un geste volontaire »

Christophe Barret insiste ce mardi sur un point : « le syndrome du bébé secoué n’est jamais accidentel, ce n’est pas un geste d’inadvertance, c’est un acte bel et bien volontaire. Voilà pourquoi j’ai retenu les délits de coups et blessures volontaires, aggravés par la fonction de l’assistante maternelle. Ce sont des violences qu’elle a décidée de choisir, à un moment donné et en tant que professionnelle des métiers de la petite enfance, elle sait parfaitement qu’un bébé de sept mois et demi est extrêmement fragile et elle ne peut pas ignorer le syndrome du bébé secoué et ses conséquences qui peuvent être tragiques. Une assistance maternelle a l’obligation de se maîtriser, il n’y a aucune tolérance quand il s’agit d’un nourrisson, il faut le protéger en priorité. Il ne faut pas manquer à son devoir ».

Le procureur a requis le mandat de dépôt. C’est le juge de la liberté et de la détention -JLD- qui a décidé du sort de la nounou: elle a été placée sous mandat de dépôt et incarcérée ce soir dans le quartier des femmes de la maison d’arrêt de Nîmes.

Ironie du sort, un colloque sur le syndrome du bébé secoué qui a réuni des associations, des familles et des spécialistes de la question, s’est déroulé vendredi à l’initiative du CHU Lapeyronie à la salle Rabelais, sur l’Esplanade, à Montpellier.

2 Comments

  1. Si seulement c’était la seule !
    On a la même sur Baillargues, bon chic bon genre par devant mais qui ne vaut rien.
    Faudrait penser à revoir les distributions d’agrément, limiter les places d’accueil et surtout surveiller ces fameuses top assmat par des contrôles inopinés !
    Il y aurait des surprises.

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