Décès des Gardois en Guadeloupe : la piste de l’intervention d’un tiers

Coup de théâtre ce jeudi dans l’enquête sur la mort des six Gardois en vacances en Guadeloupe -deux couples et leurs enfants de Calvisson et de Nages-et-Solorgues et dont une des familles réside à Vendargues et à Baillargues, dans l’Hérault-, avec les conclusions pour le moins spectaculaires de l’expert judiciaire dépêché de la Martinique : au vu de ses conclusions minutieuses, il a exclu formellement l’hypothèse de décès accidentels par asphyxie causés par le barbecue à charbon mal éteint, contrairement à l’hypothèse privilégiée depuis la découverte du drame, jeudi 1er novembre, par le procureur de la République de Pointe-à-Pitre et les gendarmes de la compagnie du Moule

L’expert judiciaire a relevé que le fameux barbecue à charbon, qui , effectivement avait été utilisé ce jour-là, se trouvait sur une terrasse extérieure de l’habitation où séjournaient les deux familles gardoises, et que les dégagements de fumées, peu épaisses n’ont pas pu entraîner leur mort. Car, le barbecue n’a pas été détruit par un incendie, puisqu’il a été retrouvé intact par l’expert judiciaire mandaté par le procureur. Par ailleurs, les morceaux de charbon de bois retrouvés à côté du barbecue n’étaient pas consumés.

Des résidus de bouteilles de rhum

Ce détail de présence de morceaux de charbon de bois non consumés écarte donc l’hypothèse que l’incendie qui s’est déclaré dans l’habitation et qui a généré des fumées importantes a été causé par ce barbecue. Ce qui est confirmé par les inattendues découvertes de l’expert judiciaire, ces dernières heures : sur un mur mitoyen de la maison où dormaient les six Gardois, à l’opposé de la terrasse où se trouvait le barbecue, des résidus de bouteilles de rhum ont été retrouvés. Et l’expert judiciaire est catégorique : l’incendie est parti de ces bouteilles d’alcool…

« L’intervention d’un tiers est désormais une évidence et l’orientation de l’enquête prend une autre tournure. Au stade actuel des investigations, il n’est pas possible d’affirmer si cette intervention d’un tiers, extérieur ou faisant partie des locataires, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre vers 1h30, est involontaire ou involontaire, mais il est clair qu’il ne s’agit pas d’un incendie d’origine accidentelle », confirme le procureur de la République de Pointe-à-Pitre.

>> Rappel des faits

Une famille de Vendargues est endeuillée après ce terrible drame qui a fait six morts, deux couples et leurs enfants gardois, lors d’un incendie en Guadeloupe. Et qui reste mystérieux. Une des victimes domiciliée dans le Gard est une très proche parente d’un Vendarguois et des siens, qui dirigent une entreprise dans la commune voisine de Baillargues. Une famille connue et estimée qui est dans une peine immense.

Six Gardois en vacances -quatre adultes et deux enfants- sont morts asphyxiés, fin octobre, dans l’incendie d’une habitation, à Saint-François, en Guadeloupe. Il s’agit de deux familles qui résidaient à Calvisson, près de Sommières et à Nages-et-Solorgues, à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Nîmes. Une autre famille de Vendargues est endeuillée.

Parmi les victimes figurent Alexandra Estivill, son époux, Georges et leur garçon de 12 ans. Gérante du vaste camping « Mer et Camargue », elle était présidente de l’association des artisans et des commerçants de cette commune. Depuis la fin de la matinée, Calvisson est sous le choc, comme Nages-et-Solorgues, où résidaient Vanessa et Alain Franquebalme et leur fils de 17 ans, qui ont péri.

Les victimes piégées par des barreaux

Vendredi, l’autopsie des corps des six victimes a confirmé qu’elles avaient été réveillées dans leur sommeil par le dégagement d’épaisses fumées et qu’elles s’étaient réfugiées dans la salle de bain, car toutes les issues de l’habitation étaient condamnées par des barreaux, ayant empêché leur fuite. L’enquête vise le délit d’homicides involontaires. Elle est relancée depuis ce jeudi par les conclusions de l’expert judiciaire.

Les deux couples et leurs enfants sont deux hommes de 48 et 58 ans, deux femmes, des soeurs de 40 et 39 ans, un adolescent de 16 ans et un enfant de 12 ans. Ils étaient arrivés dans cette habitation le 23 octobre dernier et devaient y séjourner jusqu’au dimanche 5 novembre. Les corps ont été rendus aux familles.

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