Le CHU de Montpellier inaugure son bio-incubateur Cyborg

Le CHU de Montpellier a inauguré mercredi, à Saint-Eloi, le bâtiment Cyborg, un bio-incubateur unique en France qui abrite huit start-up impliquées dans les biotechnologies et les thérapies innovantes. Cet outil va faciliter le transfert clinique de la recherche en biologie sur les cellules souches. Objectif : créer de nouveaux traitements et médicaments dans la médecine régénératrice embryonnaire. 

Cet équipement unique en France, porté par l’Institut de Médecine Régénérative et de Biothérapies (IRMB), va permettre à cette unité du CHU, spécialisée dans la biologie des cellules souches, de développer de nouveaux traitements et médicaments pour combattre certaines maladies, comme les maladies du cartilage, le diabète ou les maladies hépatiques. L’IRBM s’est notamment fait une spécialité de la médecine régénératrice embryonnaire : « Cette discipline est source d’espoir pour les médecins comme pour les patients », commente le Professeur Jorgensen, directeur du site : « Cette médecine sera, à terme, capable de réparer ou même de remplacer les organes ou les fonctions défaillantes à cause de la maladie ou du vieillissement ».

Pr. Patrice Taourel, président de CME du CHU ; Pr. Christian Jorgensen, directeur de l’IRMB ; Thomas le Ludec, directeur du CHU ; Pierre Pouëssel, préfet de l’Hérault ; et Chantal Marion, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole, inaugurent Cyborg.

4,5 M€ investis pour Cyborg

Pour créer ce Cyborg, le CHU a investi 4,5 M€ (dont 1,7 M€ de l’État et près d’1 M€ de Montpellier Méditerranée Métropole dans le cadre du « pacte métropolitain d’innovation ») pour rénover et équiper sur Saint-Éloi un bâtiment de 1000 offrant des bureaux aux start-up, des espaces de travail collaboratif, des salles de réunion et deux laboratoires. « Ce projet fédère les acteurs de la recherche et de l’innovation en santé, et notamment des scientifiques et des médecins avec une expertise et un savoir-faire sur les applications en médecine régénérative et immunothérapie innovante pour inventer la médecine de demain », explique le Pr. Christian Jorgensen, directeur de l’IRMB.

Développer de nouveaux traitements

Grâce à son bio-incubateur Cyborg, l’IRMB, créé par le CHU, l’INSERM et l’Université de Montpellier, se dote d’un outil capable de soutenir et d’accélérer la recherche et le développement de nouveaux traitements : « Avec des start-up intégrées au cœur du CHU, au plus près des équipes scientifiques et médicales de l’IRMB, nous allons faire converger les expertises des différents acteurs de la recherche et de l’innovation en santé », analyse le professeur, « Nous allons créer une dynamique en jouant sur nos différents métiers qui peuvent être complémentaires pour développer et mettre sur le marché de nouvelles thérapies ».

Faciliter le transfert clinique

Les huit start-ups accueillies par Cyborg sont toutes spécialisées dans le domaine des biotechnologies et de la médecine régénérative : EMERCELL, MEDXCELL, INGRAALYS, STEMGENOMIX, SEQONE, SPOTALAB, BAUERFEIND et HISTIDE… « Le bio-incubateur permettra de leur faire bénéficier de la plateforme biotechnologique de l’IRMB et du soutien des expertises des équipes de l’hôpital », complète Thomas Le Ludec, directeur général du CHU, « Au final, cet équipement va faciliter le transfert clinique de la recherche sur la biologie des cellules souches à des applications médicales innovantes… Et ce n’est pas fini ! ».

Le Pr Jorgensen, directeur de l’IRMB et grand artisan de ce projet Cyborg.

En 2020, tests sur les patients

En effet, l’IRMB a aussi planifié la construction de nouvelles installations techniques innovantes pour tester, sur place, les futures thérapies: « La deuxième phase du projet Cyborg prévoit une autre extension où sera notamment installée une plateforme de production de lots précoces de médicaments de thérapie innovante ». L’inauguration est prévue pour 2020. Ce plateau médico-technique de haute technologique permettra de tester de nouvelles biothérapies reposant sur des cellules souches et des immunothérapies par anticorps. « Ainsi, les patients atteints de maladies chroniques bénéficieront des traitements les plus innovants », conclut le Pr Jorgensen, « En renforçant les synergies entre les différents acteurs de la recherche et de l’innovation, Cyborg conforte la position de leader de Montpellier dans le domaine des biotechnologies ».

Bientôt IncubaSciences pour l’IGH ?

Thomas Le Ludec évoque également un autre projet pour le CHU de Montpellier : la création de l’incubateur de l’Institut de génétique humaine (IGH), baptisé « IncubaSciences ». Il s’agit d’un d’incubateur-pépinière qui pourra accueillir, au sein du CHU toujours, une douzaine de start-up sur 3 000 .

L’IRMB en chiffres
– 150 professionnels
– Un centre de recherche
– Des entreprises en biotechnologie, des scientifiques
– 3 projets européens Horizon 2020 (H2020) permettant le développement de la recherche et de l’innovation sur les cellules souches adultes, la reprogrammation IPS et les nouvelles immunothérapies.

Le pacte métropolitain d’innovation
Initié par Montpellier Méditerranée Métropole et signé le 5 janvier 2017 avec l’État, ce pacte a permis à la collectivité de décrocher une enveloppe de 10,7 M€ pour financer six projets d’incubateurs, plateformes de recherche et équipements innovants d’un coût total de 45 M€. Cyborg entre dans ce pacte : « Il y a 5 autres projets pour Montpellier », a énuméré le préfet Pierre Pouëssel : « Le Redsaim pour l’UM (Réseau de Développement des Solutions contre les Agents Infectieux de Montpellier) ; le Pôle autonomie-santé de Lattes ; le projet SunFair pour l’ICM (achat d’un IRM présentant une avancée majeure pour l’amélioration des traitements par radiothérapie) ; IncubaSciences, la pépinière biologie-santé du CNRS ; la création d’une salle d’angiographie cérébrale hybride unique en Europe sur le site de l’hôpital Gui de Chauliac ».

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