Un film sur Manitas de Plata : sa guitare sonnera au festival de Cannes

La scène animée et musicale n’a pas échappé aux automobilistes, aux badauds et aux usagers du tramway, dimanche, à la mi-journée, sur le parvis de l’hôtel de ville de Montpellier, dans le quartier de Port Marianne : au pied de la statue de Manitas de Plata, feu le célèbre Gitan « aux petites mains d’argent », Paco Baliardo, un des petits fils et des guitaristes gypsies vêtus de noir entonnaient un des tubes de l’artiste qui a longtemps vécu ici.

Avec eux, on reconnaissait Patricia Bessière, la médiatrice de la communauté gitane qui réside à la Pompignane; tous dansaient au son des « grattes », les bras levés vers leur Dieu, Manitas.

Cet hommage dominical a été rendu pour la bonne cause, puisque c’était le tournage de l’ultime séquence du court-métrage que le réalisateur montpelliérain, Francis Fournot consacre à Manitas de Plata. Les premiers coups de manivelle ont été donnés il y a environ cinq mois et la mise en boîte du film a déjà commencé, ce lundi.

Présent dimanche lors des derniers claps devant la statue de Manitas de Plata, le retraité montpelliérain Martial Casino a révélé que ce court-métrage sera en compétition au prochain festival de Cannes, en mai prochain : « Nous allons faire un documentaire qui pourra concourir dans les deux catégories, celle des moins de 15 minutes et celle des 15 à 30 minutes. Notre objectif est de fignoler ce petit film pour séduire les Parisiens, membres du jury au festival de cinéma réputée. Nous allons nous atteler à faire un petit bijou ». Avec le projet d’un long métrage.

« Mon père était le coiffeur de Manitas »

C’est le fils de Martial, Mathieu Casino qui est à la tête de la boîte de production multimédias, Casino Pictures installée à Lavérune, aux portes ouest de Montpellier, qui a accepté d’accompagner Francis Fournot derrière les caméras. « Je suis un ami de Francis, on l’a aidé à réaliser ce court-métrage grâce à un collectif constitué de musiciens de la culture gypsy et des acteurs de la communauté gitane d’ici. C’est ainsi que j’ai rejoint l’équipe de tournage. Paco Baliardo et ses cousins qui figurent dans les séquences du film ne me sont pas inconnus, loin de là. J’ai eu la chance et le bonheur de côtoyer Manitas quand j’étais gamin, mon père était son coiffeur à Figuerolles », témoigne Martial Casino.

Animations festives

Quand le court-métrage sera définitivement monté, d’ici quelques semaines, il sera diffusé en avant-première aant Cannes, lors d’animations festives dans des villes de la métropole de Montpellier, auxquelles participera notamment Paco Baliardo. Selon Martial Casino, des aides financières seront apportées, notamment une enveloppe du conseil régional d’Occitanie -Pyrénées-Méditerranée-, comme le conseiller régional Ferdinand Jaoul s’y est engagé, lors d’une récente rencontre avec le collectif, mais aussi de la métropole et du Département de l’Hérault.

Le titre du court-métrage n’est pas encore officiellement choisi, mais, il est question de plus en plus de « Manitas de Plata, ma guitare sonne, sonne ».

Soutien de la famille Baliardo au réalisateur

Francis Fournot, retraité de l’audiovisuel prouve aujourd’hui, qu’à coeur vaillant rien n’est impossible. Sa rencontre avec la famille Baliardo en 1982 avec son assistant de studio Jean-Paul Dumas, pour la création des incontournables Bamboléo ou Djobi Djobalui a permis de croiser le chemin de Manitas de Plata, et de créer la scénographie vidéo de son dernier Olympia en 2000.

En 2016, après l’écriture d’un moyen-court métrage sur la célèbre guitare de Manitas, décorée par Picasso et Dali, Francis Fournot a rassemblé une équipe, pour concrétiser ce projet. « Lors de l’inauguration de la statue de Manitas, Philippe Saurel, dont j’avais fait la connaissance lors de la remise du film «Georges Frêche, 40 ans de politique» m’y a vivement encouragé. Toute la famille Baliardo m’a apporté son soutien, en s’improvisant avec bonheur comme de véritables comédiens sur le terrain, d’autant que Paco Baliardo, un des petit fils de Manitas a composé pour la circonstance une pure merveille : « Ma guitare sonne, sonne ». Cyril Cablat, dit Mario, Jean-Paul Dumas, Ange, Ethan, Fred, Rey, l’enfant sauvage de Truffaut, Mathieu Casino, formateur et gérant de Casino Pictures à Lavérune sont tous embarqués à mes côtés dans cette belle aventure.. çà me fait chaud au coeur », raconte Francis Fournot.

En bonus : assister au montage

Le réalisateur, très disponible et convivial, se félicite que, « Tous s’impliquent de manière bénévole pour que le court métrage voit le jour. La quasi totalité des scènes a été tournée et la métropole de Montpellier, tout comme la région sont un écrin à l’histoire que nous ne dévoilerons pas. Toutes les musiques sont originales et dignes de ce génie aux doigts d’argent, dont l’équipe veut honorer la mémoire.Il ne reste désormais qu’à aller au bout avec les derniers tournages et un montage/étalonnage professionnel visant à présenter le film dans les festivals mais aussi aux producteurs parisiens, pour que l’aventure débouche sur un long métrage ».

Le collectif qui s’active pour réaliser ce documentaire consacré au roi des Gitans va offrir un bonus : la possibilité de visiter les deux studios et d’assister à des séances de montage ou d’enregistrement, dans les jours qui viennent.

La guitare de Manitas n’a pas fini de sonner.

>> La vidéo de Métropolitain réalisée dimanche

Les guitares sonnent, sonnent : c’était dimanche à la mi-journée. Photo JMA. Métropolitain.
Le réalisateur Francis Fournot, caméra au poing pour les ultimes séquences du court-métrage. Photo JMA. Métropolitain.
Francis Fournot fait placer les guitaristes pour le clap de fin. On reconnaît Paco Baliardo au pied de la statue. Photo JMA. Métropolitain.
Patricia Bessière, ravie et fière d’apparaître dans le film, avec Martial Casino : son père était le coiffeur de Manitas à Figuerolles. Photo JMA. Métropolitain.
La police municipale a failli interdire l’utilisation d’un drone pour filmer le clap de fin. C’est Philippe Saurel qui a donné son feu vert, après un appel de détresse de Patricia Bessière. Photo JMA. Métropolitain.

3 Comments

  1. Honteux. Le descendant direct de Manitas, Fernando Baliardo, n’a même pas été prévenu du projet, lui qui a assisté Son père jusqu’au bout, avec sa sœur. Il est mis à l’écart, alors que ceux qui jouent dans ce film ont été aux abonnés absents quand leur oncle appelait au secours. Et le droit à l’image ?

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