Étang de Thau : vers la fin de la mortalité des jeunes huîtres ?

Depuis dix ans, les jeunes huîtres meurent en nombre important, notamment dans l’étang de Thau, dans l’Hérault. Une catastrophe pour certains ostréiculteurs. Des chercheurs de Montpellier et de Perpignan viennent de découvrir un virus qui affaiblit les jeunes huîtres, les rendant sensibles aux infections bactériennes.

Des chercheurs de l’Ifremer, du CNRS et de l’Université de Montpellier viennent de démontrer qu’une attaque virale suivie d’une prolifération de bactéries était à l’origine de la surmortalité des huîtres sur l’étang de Thau, ainsi dans de nombreux pays européens. Une découverte capitale, grâce à cette étape clé dans la lutte contre ce fléau, grâce aux scientifiques régionaux, Julien de Lorgeril, Aude Lucasson et Guillaume Mitta.

Le scénario qu’ils dessinent dans leur étude, publiée dans la revue Nature Communications, est, en effet celui d’une attaque virale suivie d’une prolifération de bactéries. Dans un premier temps, le virus s’introduit dans l’huître juvénile. Il s’y développe pendant 24h à 48 heures. Une fois que les défenses de l’huître sont affaiblies, des bactéries pathogènes prolifèrent alors dans l’animal, entraînant sa mort 68 heures après l’infection virale.

Le mécanisme mis au jour

Le mécanisme des jeunes huîtres piégées a été mis au jour. « Les huîtres résistantes, contrairement aux sensibles, parviennent à juguler l’infection virale dans leurs tissus, en réduisant la réplication du virus. Elles ne connaissent donc que peu, ou même pas de flambée bactérienne ensuite. A l’inverse, les huîtres sensibles développent bien une réponse antivirale forte, mais trop tardive. Quand le virus a commencé à se répliquer, l’huître ne peut plus lutter », selon Guillaume Mitta, de l’Université de Perpignan Via Domitia, qui a participé à cette étude.

Selon le chercheur catalan, « Les premières étapes de lutte contre la surmortalité des huîtres consistera donc, dans un premier temps, à développer des mesures qui permettront de limiter le développement viral chez les coquillages cultivés en milieu naturel, sachant notamment que la réplication intense du virus se produit dans des eaux comprises entre 16 et 24°C. Elle décroît au fur et à mesure que l’huître avance en âge« .

Cette découverte très importante concerne certes, l’étang de Thau, mais également tous les autres sites d’élevage des huîtres en France, notamment celui de Leucate, dans l’Aude, frappés de fortes mortalités.

7 Comments

  1. Étang de Thau : des chercheurs découvrent un virus contre la mortalité des huîtres

    Ne serait-ce pas un virus qui cause ?????????????????

    1. Bonjour, non, lisez l’article : c’est un virus qui combat les jeunes huîtres contre la mortalité.

  2. non Jean Marc. votre article est bon mais son titre est inexact. le virus fragilise l huitre ce qui permet aux bactéries de l achever.

    1. Bonjour, moi je comprends qu’un virus a été trouvé par ces chercheurs pour tuer le virus qui permet aux bactéries de l’achever.

  3. Bonjour,
    j’ai lu le communiqué du CNRS sur l’article et les commentateurs ont raison !
    le titre de l’article est erroné.
    Les chercheurs ont montré que c’est un virus qui affaiblit davantage certaines huitres que d’autres et les rend sensibles à d’autres pathogènes. il n’y a pas de virus qui renforce celles qui résistent, c’est juste qu’elles ont des défenses immunitaires plus efficaces et surtout plus rapide contre le virus.

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