Montpellier : la galaxie Cosmic Groove retrouve sa base

Après quatre ans d’hibernation pour cause de dégât des eaux et autres affres de la vie, Cosmic Groove est enfin de retour. La tête dans les étoiles et les pieds sur terre, Bruno Guichard retrouve sa « bulle ». Un cocon spatio-temporel, prenant depuis 1999 la forme d’une boutique, où ce passionné de musique et de science-fiction écoule les objets récoltés lors de ses voyages dans le temps. Ou presque…

C’est également le centre d’une galaxie avec le label, qui renaîtra d’ici la fin de l’année, et le festival dans lequel Bruno Guichard réunit ses coups de coeur. Artisan au début des années 2000 du renouveau en France de la musique noire américaine des années 60-70, Cosmic Groove est une véritable institution culturelle.

Atterrissage de la nouvelle boutique Cosmic Groove (1 rue Saint-Côme, Montpellier) et premier contact avec ses passagers, samedi 13 octobre à 18h30 : deejays, buffet, surprises…

Une soucoupe volante musicale

Pour les Montpelliérains, le nom de Cosmic Groove raisonne forcément aux oreilles. Le visage de son commandant de bord tout autant pour peu que l’on ait l’habitude de traîner ses guêtres entre Saint-Roch et St-Côme. C’est dans cette dernière rue où, en 1999, Bruno Guichard pose sa soucoupe volante musicale que n’aurait pas renié La Denrée, sans doute l’extra-terrestre le plus funky après Alf. « Il n’y avait rien de réfléchi. Je ne savais pas ce que j’allais y mettre à part mon univers ».

Et, telle la fiction avec la science, il mélange objets vintages et disques vinyles. En novembre 2014, un important dégât des eaux vient endommager le convecteur temporel créant une faille dans le continuum espace-temps aujourd’hui réparée et le sortant d’un « cauchemar » durant lequel il a poursuivi l’organisation des concerts tout en affrontement le genre d’événements qui changent votre vision de la vie. Au sens propre comme figuré.

Aujourd’hui, le compteur affiche bien « samedi 13 octobre 2018 » et Bruno Guichard semble presque renaître. Pas étonnant quand on fait ce que l’on aime en étant particulièrement attaché à un lieu désormais transformé : « Ça a été un boulot de dingue » confie t-il. Son univers n’a lui pas changé. Une manière de cultiver des bouts d’époques révolues où les courbes se mariaient avec les couleurs flashy, où le funk et la soul électrisaient l’atmosphère…

Et même s’il y a quelques changements évidents, les objets côtoient toujours les vinyles dans une cohérence illogique. « La moquette violette avait son charme dans la première boutique. Cela correspondait, quand j’ai ouvert, à mon état d’esprit. Au final, tu retrouves la même chose mais on n’est plus dans les 70’s, on est dans les 50’s-60’s. C’est la boutique de la maturité » s’amuse t-il. Mais aucune inquiétude, vous serez toujours autant happé dans une autre dimension. Celle des passions qui ont fait que Bruno Guichard y a aussi lancé un label et un festival.

De la boutique au festival

Rien n’était prévu. La passion a tout décidé. En 2004, des potes musiciens discutent dans sa boutique, il ne réfléchit pas et décide de créer un label pour les produire. Fanga, Stereoscope Jerk Explosion, Cucumber, The Dansettes, Charles Walker & The Dynamites, Pony Taylor… la liste des vinyles aux pochettes ultra funky sera prolongé d’ici la fin de l’année annonce Bruno Guichard.

La même année, une nouvelle aventure se présentent à lui, tandis qu’il est admiration devant Sharon Jones dont il ne cesse de passer la musique dans sa boutique : « C’était mon coup de coeur des coups de coeur donc, forcément, tu le propages ». Mais comme il l’explique : « Il n’y avait pas toute cette vague soul et funk. C’était les prémices du retour de cette musique qui était encore considérée comme ringarde ». C’est pourquoi il prévient, « Je passe pour un mythomane quand je raconte ça maintenant », avant de narrer l’histoire du premier concert en France de la diva Américaine : « Un mois et demi avant la première tournée européenne de Sharon Jones, je reçois un mail de Neal Sugarman, le patron de Daptone Records. Il était en Espagne le vendredi et en Allemagne le dimanche. Il passait par la France et ne comprenait pas que personne ne veuille la programmer ».

Alors Bruno Guichard va se démener : « J’ai enregistré les vinyles sur cassette et j’ai fait le tour des salles que je fréquentais mais personne ne connaissait Sharon Jones. Un peu vexé, j’ai pris l’annuaire et j’ai appelé toutes les salles du coin. Le Jam, où je n’étais jamais allé, a accepté ». Inutile de préciser que, mû par l’idée de voir sur scène une de ses idoles, le disquaire n’a pas pris le temps de réfléchir : « Je ne savais pas comment organiser un concert, je n’avais pas prévenu la presse… ce n’était que du réseau à travers la boutique. J’allais coller des affiches le soir alors qu’on était en pleine période électorale et je recouvrais les affiches du FN ». S’il plaisante aujourd’hui de cette anecdote, il fait également bien ressentir l’angoisse du moment cruciale pour un organisateur : « Le soir du concert, j’étais prêt à m’enfuir s’il n’y avait personne. J’ouvre la porte et il y avait la queue. C’est à dire que tous mes clients m’avaient suivi à la confiance. Et la chance du débutant ».

Depuis, Bruno Guichard et Cosmic Groove se sont fait un nom auprès des tourneurs, des artistes et surtout des Montpelliérains. Il s’en excuserait presque : « Cosmic Groove c’est ça depuis le début. C’est du hasard, il n’y a rien de réfléchi, aucune logique ». Le succès est pourtant toujours au rendez-vous que ce soit lorsqu’il y a une ou deux sessions du festival dans l’année. Et Bruno Guichard s’éclate toujours autant : « Cette première expérience a été un shoot. C’est devenu une drogue avant même que le concert ne commence. Ce n’est même pas réfléchi économiquement, ce n’est que du plaisir. Et je suis devenu amoureux de la salle en plus ». La scène du Jam ou du Rockstore n’a donc pas fini de vibrer au grès des envies du disquaire-producteur. Surtout maintenant que la Cantina a rouvert dans une galaxie pas si lointaine…

Cosmic Groove Autumn Festival 2018

Pass trois soirées au choix : 58 € / Réservez aux vingt premiers.

Samedi 20 octobre au Jam : This is (Explosive) Soul
Shirley Davis & The Sylverbacks + Tanika Charles
Billetterie en ligne : 24 €.

Samedi 27 octobre au Jam : This is (Crazy) Afrobeat
Guest + London Afrobeat Collective
Billetterie en ligne : 20 €.

Vendredi 2 novembre au Jam : This is (Acoustic) Metal
Dirty Bootz + Lofofora
Billetterie en ligne : 22 €.

Samedi 10 novembre au Jam : This is (Voodoo) Funk
The Dirty Talks + Vaudou Game
Billetterie en ligne : 24 €.

Vendredi 16 novembre au Jam : This is (Psychedelic) Afro-trance
The Burning Souls + BCUC
Billetterie en ligne : 26 €.

Mercredi 21 novembre au Rockstore : This is (Legendary) Rythm & Soul
Les Zemblas + Don Bryant & The Bo-Keys
Billetterie en ligne : 24 €.

Samedi 1er décembre au Jam : This is (Wild) Organ Groove
Organic Flowers + James Taylor Quartet
Billetterie en ligne : 24 €.

 

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