Occitanie / Hérault : Carole Delga : « Il y a des exemples à suivre » 

À la faveur de l’automne et dans le contexte de la 70e Foire internationale de Montpellier, Métropolitain a tenu à s’entretenir avec la Présidente de Région Occitanie sur des sujets essentiels pour notre territoire : envergure internationale, développement économique, soutien aux entreprises… Quel visage pour l’Hérault, au coeur de cette grande région, demain ? Découvrez sa réponse.

Nous nous rencontrons dans le contexte de la 70e Foire internationale de Montpellier. Cette manifestation est, pour les locaux, un divertissement attendu. Mais pour vous, que représente un tel événement ?

La Foire internationale reste un rendez-vous incontournable et fait partie des principaux événements de Montpellier avec une fréquentation de 130 000 personnes. Les foires, nous le savons, doivent évoluer. Rappelez-vous que celle de Montpellier s’appelait à l’origine “Foire de la Vigne et du Vin“… Aujourd’hui, c’est une Foire internationale, marquant ainsi le développement du territoire et son attractivité. Dans un contexte de forte concurrence, celle de Montpellier, comme toutes les autres, cherche, initie, crée, avec la volonté d’attirer de nouveaux publics, notamment les jeunes. C’est dans cet esprit que j’ai souhaité initier un partenariat inédit avec le concours Lépine pour créer “le concours Lépine Méditerranée“, qui va apporter plus de notoriété à la Foire.

La Foire, c’est l’économie d’aujourd’hui et un peu celle de demain aussi. Justement, à ce sujet, quelle vision avez-vous pour l’Hérault ?

Il y a ici un environnement intéressant : des centres de recherche et des universités reconnues dans le monde entier, des sociétés innovantes, des start-up montantes, un réseau d’entrepreneurs dynamiques. Le rôle de la Région est de pousser, soutenir, accompagner, en étant agile et souple dans ses dispositifs. Parfois, j’entends des gens dire : “Nous n’avons pas d’industrie“. Mais il y a les idées, la matière grise, qui est une arme importante dans le monde économique d’aujourd’hui. Quand je vois VOGO sur les terrains de sport, la réussite de Septeo, SMAG, Horiba, que j’ai visité il y a peu, Altrad, Nicollin… il y a de belles et grandes réussites dont certaines rayonnent à l’international, et beaucoup de petites et moyennes entreprises que nous aidons significativement. Après, il faut se retrousser les manches et travailler collectivement car l’union fait, aujourd’hui plus que jamais, la force.

Il y a eu, récemment, cette conférence sur la Cité de l’Économie de demain. De quoi s’agit-il ?

D’abord un constat : l’économie va être bouleversée par le digital, les objets connectés, etc. Selon une étude du groupe DELL, près de 60% des métiers de demain n’existent pas aujourd’hui. Cela va bousculer les entreprises, les organisations, les salariés. Moi, je préfère anticiper plutôt que subir. La Région veut donc créer, à Montpellier, une “Cité de l’Économie et des Métiers de demain“ pour justement, avec les acteurs, travailler à imaginer ces métiers, anticiper le besoin des filières notamment en matière de recrutement et adapter notre appareil de formation. Nous sommes la première région à investir dans ce concept. Je veux que la Région Occitanie soit la région de l’innovation. Et, dans ce domaine, nous allons anticiper et faire de Montpellier et de l’Occitanie un des “spots“ internationaux dans le domaine de l’économie de demain. Des groupes de travail sont déjà en place et toutes les entreprises importantes du territoire y participent, ce qui démontre que nous répondons à un besoin.

Il est de coutume, dans les discours économiques, d’évoquer les “forces vives du territoire“. Quelles sont-elles en Hérault ?

Les femmes et les hommes du territoire. Ce sont eux qui créent la richesse. Bien sûr les entreprises. Leurs salariés. Toutes celles et tous ceux qui forment, instruisent. L’économie, c’est une grande chaîne humaine. Je vois beaucoup d’entreprises, notamment à Montpellier, qui ont du mal à recruter des personnes très qualifiées. Voilà pourquoi je veux installer un “hub Talents“ dans la Cité de l’Économie et de Métiers de demain. Enfin, il y a les collectivités qui doivent soutenir, aider, accompagner, dans un esprit de partenariat avec le privé. Dans mon esprit, pour être plus fort, nous devons former un pack.

« Dans mon esprit, pour être plus forts, nous devons former un pack »

On parle souvent de “dimension internationale“ mais, même si pas mal des entreprises héraultaises ont su se développer au-delà de nos frontières, on a quand même l’impression que sur cette question, Montpellier a un gros retard à rattraper, non ?

Montpellier est aujourd’hui la 7e ville de France. Quand Georges Frêche a été élu maire en 1977, elle n’était que 23e ! Cela nécessite du travail, de la passion, de jouer collectif. J’ai fait ma dernière année d’études à Montpellier. J’ai été impressionnée à l’époque par l’énergie, les projets, la vision. Il faut un supplément d’âme pour diriger un territoire, ne pas la jouer perso, voir grand, voir loin. L’entre-soi ne permet pas cela. Il faut être à la hauteur des enjeux. De l’aéroport à l’université, de l’Arena à l’Écusson, tout doit être au niveau. Cela demande un travail quotidien et surtout, l’élément le plus important, rassembler. Regardez l’Université de Montpellier qui vient d’être désignée première au monde pour ses recherches sur l’écologie par le fameux classement de Shanghaï. Il y a des exemples à suivre dans cette ville !

Vous évoquiez récemment « le besoin de renforcer constamment notre attractivité ». Dans l’Hérault, pouvez-vous citer deux actions concrètes qui prouvent que vous joignez le geste à la parole : une accomplie en 2018 et une à venir dans les prochains mois ?

Deux actes concrets : l’inauguration prochaine du Pôle chimie Balard, financé à 98% par la Région, et qui va regrouper 700 personnes et nous permettre d’avoir un temps d’avance sur la chimie verte, incontournable pour l’industrie de demain. Je citerai aussi la création avec ESL, de l’événement “Occitanie E-Sports“, à l’Arena. Il y a dans notre région, au-delà des amateurs de jeux vidéo, beaucoup d’entreprises de ce secteur en plein développement et qui vont recruter. Le résultat a été là avec 7 000 spectateurs et des millions de vues sur Internet, notamment grâce à Zerator, originaire de Montpellier. Demain, je veux faire grandir cette manifestation au niveau européen. Sinon, pour 2019, c’est clairement la Cité de l’Économie et des Métiers de demain. Je crois beaucoup en ce projet pour Montpellier et la Région.

« Je n’aime pas les polémiques stériles dans la presse, les tweets rageurs »

L’Hérault, c’est un territoire tout entier, mais c’est aussi Montpellier et Philippe Saurel. La presse fait régulièrement écho de vos inimitiés respectives et vous vous êtes d’ailleurs exprimée récemment à ce sujet. Pensez-vous qu’une trêve peut être envisagée ?

Ce qui m’intéresse, c’est Montpellier, ses habitants. Je crois avoir montré depuis deux ans et demi mon sens de l’intérêt général. Je n’aime pas les polémiques stériles dans la presse, les tweets rageurs. Ce n’est pas ma conception de la chose publique. Je crois au travail, au rassemblement. Et ce n’est pas un problème de ne pas penser pareil, bien au contraire. Tous les jours, dans toute la région, je travaille avec les élus de tous bords, des chefs d’entreprises, des porteurs de projet. Mon bureau est toujours ouvert, à Montpellier comme ailleurs, pour toutes celles et ceux qui veulent travailler pour l’intérêt du territoire.

2 Comments

  1. « Je veux que la Région Occitanie soit la région de l’innovation.  »

    « Je veux gagner au loto  »

    Beaucoup de mots et d’argent publique, mais des créations ,des innovations j’en,vois aucune.

    Delga et sympathique ,mais pour l’instant ras.

  2. J’espère tout de même que l’alliance de Montpellier et Toulouse va aboutir sur de réel grosse innovations et créations.

    Pour l’instant rien de neuf, pas d’idée.

    Le Pack il,percute wallou pour l’instant..
    Espéront qu’il ne finira pas en Pac a l’eau

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