« Montpellier Capitale de la Pédale » : les Écologistes ont-ils déraillé ?

Ce mardi matin, les Écologistes de Montpellier, représentés par Coralie Mantion, Manu Reynaud et Christian Dupraz, ont décidé de rebaptiser Montpellier en « Capitale de la Pédale ». Une opération humoristique, destinée à sensibiliser à la mise en place d’un plan vélo dans la ville, qui passe mal auprès de certains.

Le fond de l’opération

Estimant insuffisante la politique municipale en matière de déplacement doux, les Écologistes « proposent de doter Montpellier d’un véritable Plan vélo avec pour objectifs d’atteindre 10% de part vélo dès 2025 et 20% avant 2035 ».

Selon eux : « Avec à peine 3%, Montpellier arrive en queue de peloton pour l’usage du vélo comme moyen de transport comparé aux autres métropoles en France ou en Europe : 15% à Strasbourg, 10% à Bordeaux, 55 % à Copenhague, 20 % à Bologne… ». C’est pourquoi ils accusent « la Métropole et la Ville de Montpellier de ne disposer d’aucune réelle politique cyclable. Depuis 2014, la Métropole de Montpellier n’a créé qu’une seule piste cyclable sur 200 mètres le long du Verdanson. Elle ne s’est dotée d’aucun objectif ni d’aucun budget spécifique ». Et de comparer avec « la Métropole Bordeaux, qui a réalisé plus de 150 km de pistes cyclables sur son territoire, s’est fixée pour objectif de passer à 15 % de part vélo d’ici 2020. Pour cela, elle y a consacré un budget de 18 millions par an ».

S’ils ont mis en ligne une plateforme collaborative monavissurlevelo.fr où chacun peut s’exprimer, les Écologistes font quatre propositions pour Montpellier : 500 nouveaux arceaux à vélo par an, des aménagements adaptés au vélo dans 100% des projets de voiries, création de quatre « autoroutes à vélo » d’ici 2025 et de favoriser de manière plus importante l’achat de vélo électrique.

La forme de l’opération

Les Écologistes ont donc choisi d’installer un panneau « Montpellier – Capitale de la pédale » à l’entrée de la ville. Un jeu de mots qui en choque plus d’un et notamment des élus ou proches de la majorité. Jérémie Malek, conseiller municipal en charge de la lutte contre les discriminations, y voit un « appel à la haine (…) Jouer ainsi avec les mots stigmatise de façon outrancière la communauté ».

Pour Manu Reynaud, il n’y a pas raison à polémique : « Ça vient des Écolos. Politiquement, sur le côté libertaire, on ne peut pas nous accuser. Nous sommes les premiers défenseurs des minorités, de la communauté LGBT, et pour nous tout ça ne fait pas l’objet de débat. C’est un clin d’oeil gay friendly ». Et de défendre la forme d’un message que chacun est en droit de juger maladroit. « C’était plus sympa de le faire sur ce ton. C’est bienveillant, il n’y a pas de mauvaises intentions » plaide t-il.

Pédale!

L’humour ne passe pas, même si chez certains les cris d’orfraie tendent plus au domaine politique que sociétal, et transforme désormais la démarche des Écologistes en polémique. Les mêmes seront-ils aussi choqués d’apprendre que le groupe So Press (So Foot, So Film, Society…) en est au huitième numéro de son magazine dédié au cyclisme intitulé Pédale!. Le magazine a d’ailleurs signé en 2015, avec d’autres titres, une charte contre l’homophobie proposée aux médias par l’Association des journalistes LGBT.  Les pelotons et les associations potentiellement concernées ne s’en sont jamais plaints. Sans doute parce qu’il n’y avait pas de politique derrière…

8 Comments

    1. oui mais justement ce n’est pas Marine Le Pen qui lance une campagne originale pour dénoncer les politiques insuffisantes de la commune et de l’agglo concernant la relance de l’usage de la bicyclette comme mode de transport doux complémentaire des transports en commun les moins polluants, mais des militants qui luttent contre l’homophobie , qui viennent manifester en vélo et posent des vélos de part et d’autre de l’appellation capitale de la pédale…

  1. pourquoi ne pas l’appeler « Capitale de la petite reine » cela reviendra au même et ne choquera personne. En plus c’est sympa.

  2. Je ne connaissais pas ces chiffres, si ceux-ci sont exacts, c’est incroyable le retard pris par une ville si importante. Avec l’essor du vélo électrique qui va amener de nombreux usagers, il est grand temps d’agir.

  3. En matière de grand déraillage concernant les politiques de transports de la métropole montpellier méditerranée, il faut parler du fiasco qui était annoncé par ses opposants de la gare TGV Montpellier Sud de France, plus de 135 M€ pour faire perdre 3/4 d’heures aux voyageurs entre le PEM Montpellier Saint-Roch en coeur d’agglo et la gare de la Mogère, alors qu’il suffisait de réaliser le raccordement qui était prévu à St Brès pour que les TGV empruntant le contournement Nîmes Montpelllier desservent le PEM de Montpellier Saint-Roch, tant que la réalisation du maillon Montpellier Perpignan n’assurait pas un fort trafic voyageurs et fret entre la péninsule ibérique et la vallée du Rhône).
    En attendant, dès 2017, les associés de la SAS Gare de la Mogère, avant même de l’avoir livrée, ramassaient 850 000 euros d’intérêts financiers en faisant fructifier leurs trésoreries dans les comptes d’associés de la SAS… On est là dans des jeux de millions d’euros où les voyageurs perdent des millions d’heures en temps de trajet supplémentaire, parfois aberrant comme une liaison Lyon Montpellier Saint-Roch via Montpellier Sud de France et Sète (soit un supplément énergivore de 64 km supplémentaire et de plus d’une heure de temps de voyage sans en prévenir les voyageurs à l’achat du billet !!!).

  4. Le mot pédale choque les bobo qui prennent leur monture afin de se restaurer au rive du lez. Là c est sur vu les prix pratiqués c est beaufs ont « mal au cul » so choquing.

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