Halles Castellane à Montpellier : zizanie autour d’un bail emphytéotique

Zizanie autour d’un bail emphytéotique dans les halles Castellane, à Montpellier. Un procès au fond est fixé au jeudi 25 octobre, après une récente audience d’assignation devant le juge des référé du tribunal de grande instance.

La Caisse d’épargne Languedoc et Roussillon vient d’attaquer en justice le bail emphytéotique octroyé en 2001 à la SCI Méditerranée Castellane, dont l’incontournable homme d’affaires d’ici, Marcel Salerno détient 90% des parts, pour une durée de 61 ans, contre le versement d’un loyer d’un montant total de 3’24 M€. À la signature de l’acte, Marcel Salerno a versé 2,74 M€ cash.

À l’époque de la signature de l’acte entre la Caisse d’Épargne LR et la SCI Méditerranée Castellane,, la banque détenait 60% des parts, Marcel Salerno, 40%. Curieusement, dans la foulée de la réhabilitation des halles, il y a quelques années, la banque régionale a cédé 50% de se parts à la SCI de l’homme d’affaires, qui, du coup possédait les 90% des actions. La Caisse d’épargne LR s’est donc retrouvée avec seulement 10% des parts. Pourquoi y a t-il eu cette transaction inédite ? Mystère.

Objectif : déloger Marcel Salerno

L’objectif de la banque régionale, qui possède donc toujours les 10% de capital restants, via sa filiale Méditerranée Immobilier est visiblement de déloger Marcel Salerno. Pa cette action judiciaire, la Caisse d’Épargne LR estime, en effet que le bail régularisé avec Uniqlo est caduc. Ce que conteste farouchement « le roi des affaires commerciales » sur la place de Montpellier, devenu subitement un homme à abattre. Il avoue être effaré par cette procédure judiciaire.

Pour ester en justice, la banque régionale conteste le niveau de loyer payé par la société bénéficiaire du bail commercial d’une aile des halles Castellane, implantées dans l’Ecusson, dont la surface supérieure de 1 500 m2 au rez-de-chaussée et à l’étage, est occupée depuis deux ans par l’enseigne japonaise de vêtements Uniqlo.

Nombreux sont ceux d’ailleurs qui s’interrogent toujours sur la raison qui a poussé la Ville de Montpellier, sous une précédente mandature, à « couper » en deux ce magnifique bâtiment abritant les halles Castellane, séparant l’aile des étaliers de celle actuellement occupée par Uniqlo…

La Ville engage un audit

Marcel Salerno règle chaque mois à la Ville de Montpellier un loyer mensuel de 8 700 euros. Dans cette procédure en référé, la banque demande qu’un administrateur provisoire soit désigné pour gérer la SCI. « Suite à la procédure diligentée par la Caisse d’Epargne LR à l’encontre de la SCI Méditerranée Castellane, la Ville de Montpellier a obtenu la communication du bail signé entre la dite SCI et la société Uniqlo LTD. À la lumière de cet élément, la Ville de Montpellier a décidé d’engager un audit financier et juridique du bail emphytéotique octroyé en 2001 à la société Méditerranée Castellane. Cet audit sera confié à un cabinet indépendant choisi au terme d’une mise en concurrence », réagit la mairie.

Uniqlo au quatrième rang mondial

Uniqlo est l’une des sept marques du groupe japonais Fast Retailing, avec Princesse tam.tam, Comptoir des Cotonniers, g.u., Helmut Lang, J Brand et Theory. Créée en 1984 à Hiroshima, Uniqlo a ouvert son premier magasin à l’étranger en 2001 à Londres, avant de s’étendre à 18 pays.

L’enseigne compte désormais 49 magasins en Europe, dont celui de Montpellier très bien situé dans le coeur de ville. Uniqlo, qui revendique le quatrième rang mondial du secteur de l’habillement derrière Indetex (Zara), H&M et Gap, et qui pense dépasser ce dernier dès le prochain exercice, compte plus de 3 000 points de vente dans le monde et emploie 120’000 personnes. L’enseigne a réalisé un chiffre d’affaires de 15,7 Mds € en 2016.

L’enseigne H&M écartée

Avant qu’Uniqlo ne s’installe dans les halles Castellane en 2016, Marcel Salerno, propriétaire des murs avait été en contact avec l’enseigne concurrente d’H&M déjà ouverte au centre commercial Odysseum. La presse locale avait même annoncé l’arrivée d’H&M, avant que le choix se porte sur la marque japonaise.

« J’étais prêt à retenir H&M effectivement, mais, à l’époque, j’ai reçu de nombreuses demandes, notamment de clients qui voulaient Uniqlo« , assure Marcel Salerno qui se retrouve en pleine tourmente, après un été délicat question santé, puisqu’il a subi des pontages cardiaques, avec la fermeture d’une partie des brasseries ayant pignon sur rue.

Il se dit volontiers que le « roi des affaires commerciales de Montpellier » a le coeur solide. Au fait, comment on dit zizanie en japonais ?

L’inauguration de l’enseigne Uniqlo dans une aile des halles Castellane, en 2016 : on reconnaît Marcel Salerno. Photo Métropolitain

1 Comment

  1. les bobs ont surement quelqu’un d’autres à caser, qui va plus les sucrer, un classique de la gauche qui elle, n’a jamais bossé, vivant de subsides d’argent public!

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