MHSC-Nîmes : le contentieux entre les Ultras perdure depuis dix ans

Le stade de la Mosson, à Montpellier sera comble ce dimanche à 17h, lors du coup d’envoi du derby de ligue 1 de football, entre le MHSC et les Crocos de Nîmes. 605 supporters gardois pourront prendre place dans les tribunes.

Ils seront acheminés à bord de bus encadrés par les services de police et auront l’interdiction de se rendre dans le centre-ville de Montpellier, avant et après le match, placé sous haute surveillance. Et pour cause : un contentieux perdure depuis dix ans, selon l’arrêté de la préfecture de l’Hérault, qui liste tous les violents événements.

Code interne des ultras bafoué

Le 31 octobre 2008, à 22h30, une vingtaine de supporters ultras du club pailladin saccageaient le local des ultras nîmois des Gladiators avec des battes de base-ball et des poings américains, avec des blessés à la clé. Cinq ultras montpelliérains avaient été arrêtés, jugés et condamnés à des peines de prison avec sursis. « Depuis, une forte haine existe entre les deux clubs d’ultras, notamment parce que les Montpelliérains reprochent aux Nîmois d’avoir contrevenu au code interne aux ultras, celui de ne rien dénoncer aux autorités « , écrit la préfecture de l’Hérault.

Le 22 octobre 2011, à 17h40, devant le stade de Petit Quevilly, en Seine-Maritime, des ultras montpelliérains avaient violenté des ultras nîmois, avant qu’un autre groupe ne tombe dans un guet-apens, à 22h30 ce soir-là, sur une aire de repos de l’autoroute A6, en Saône-et-Loire.

Le 4 janvier 2015, au stade des Bastides de la route de Vauvert, à Nîmes, de violents affrontements avaient opposés 60 à 80 supporters des ultras de Montpellier à 50 ultras nîmois du club des Gladiators, en marge du match de football entre les équipes féminines du MHSC et de Nîmes.

Le 9 janvier 2016, les supporters ultras pailladins -ceux de Nîmes n’étaient pas concernés, avaient pris à partie des supporters de Bordeaux, dans leur bus, lors d’un match au stade de la Mosson entre le MHSC et les Girondins. Les supporters bordelais avaient été matraqués à coups de barres de fer et de divers projectiles lourds.

Histoires de bâches

Le 28 novembre 2017, au retour du match Lorient-Nîmes, les ultras gardois avaient été victimes de violences, alors qu’ils faisaient une halte dans une station-service du Morbihan. Un groupe d’individus avait tenté de dérober la bâche extérieure des ultras de Nîmes. Ces derniers, qui n’ont jamais contrevenu au fameux code interne secret qui lie tous les clubs des ultras, auraient identifié des ultras de la Butte Paillade de Montpellier…Les Gardois avaient fait échouer ce vol.

C’est donc probablement pour se venger de cette tentative du vol de leur bâche extérieure, que les ultras de Nîmes sont soupçonnés d’avoir cambriolé par effraction le local des ultras montpelliérains, dans la nuit du 2 au 3 mai dernier et d’avoir dérobé la grande bâche officielle. C’est du moins l’hypothèse émise par Mahamadou Diarra, le directeur du cabinet du préfet de l’Hérault dans l’arrêté préfectoral, limitant à 605 le nombre de supporters des Crocos à faire le déplacement dominical.

Panneaux : Nîmes à la place de Montpellier

Les autorités préfectorales et policières, ainsi que les dirigeants des deux clubs n’osent pas imaginer, que les détenteurs de cette bâche des ultras de Montpellier -qui reste introuvable à ce jour- pousseront la provocation à l’exhiber ce dimanche dans les gradins du stade de la Mosson…

Des supporters ultras nîmois qui ont le sens de l’humour, en tout cas, mais en auront-ils demain ? : en effet, en cette nuit de vendredi à samedi, ils sont venus recouvrir sur certaines pancartes le nom de Montpellier par celui de Nîmes, avec le logo des Crocos -notamment sur l’avenue Pierre Mendes France, entre le Zénith et Antigone-, comme ils l’ont revendiqué ce samedi sur les réseaux sociaux.

Une action insolite qui n’a pas manqué d’intriguer de nombreux conducteurs, ceux à jeun, certes, mais surtout ceux ayant un peu forcé sur l’alcool et qui ont eu la berlue en rentrant se coucher : étaient-ils bien à Montpellier ou à Nîmes ?!

« Nîmois, Salopes »

Et en réponse à ce raid des Gardois, le groupe de supporters montpelliérains Armata Ultras 2002 a collé des centaines d’affiches avec cette inscription claire et nette : « Nîmois, Salopes »…Une action qu’ils ont revendiquée. Le derby s’annonce explosif.

« Nîmois, Salopes » : des affiches ont fleuri en marge du derby. Photo D.R.
Des affiches placardées avant le derby. Photo D.R.

2 Comments

  1. Les « ULTRAS » utilisent des ingrédients tels que la célèbre « omerta » digne des plus grands Truands, d’où le fort peu de respect que nous leur octroyons, et celà se justifie amplement.

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