Montpellier : un conseil municipal de rentrée bien urbain

Le conseil municipal faisait sa rentrée jeudi soir. Si après un été très politique, on pouvait s’attendre à une agitation similaire à celle qui fait piailler parfois à tort et à travers l’oiseau bleu, les débats furent calmes. Presque à la déception de Philippe Saurel, qui s’en est ému en fin de séance, lui permettant de saluer malicieusement un revenant à l’Hôtel de Ville : « C’est déprimant des conseils comme ça. Tout passe à l’unanimité. Il n’y a pratiquement pas de votes contre. Réveillez-vous ! Je crois que c’est la présence du député Patrick Vignal qui a apporté sa sagesse. Patrick on est content de te voir et tu le sais ». Avant de conclure le conseil par cette formule : « Chers collègues, je vous remercie de votre urbanité ». Comme le calme avant la tempête.

Les annonces de pré-conseil de Philippe Saurel :

Philippe Saurel a changé le nom du groupes majoritaire pour « reprendre son appellation d’origine : Citoyens, divers gauche écologistes. C’est avec ce nom que nous avons été élu, il n’y donc aucun problème pour que nous affichions notre identité. Ici on ne marche pas on court ». À l’approche de certaines échéances, le maire de Montpellier semble vouloir effacer la seule trace de rapprochement envers Emmanuel Macron. Le groupe majoritaire à la métropole se nommera lui Montpellier Territoire Pluriel.

Ces mêmes échéances poussent également le maire à quelques restructurations dans sa majorité : « Il y aura un Saurel V qui concernera à la marge les élus, le cabinet et l’administration. Cela peut se faire avant ou après les européennes ». Quoi qu’il arrive avant les Municipales…

Philippe Saurel dans la peau de Michel Drucker : « Patrick on est content de te voir et tu le sais ».

Philippe Saurel a voulu répondre à ceux qui prétendait que son déplacement à Barcelone le 4 octobre aurait pour but de soutenir la candidature à la mairie de la capitale catalane de son ami Manuel Valls : « Ada Calau m’a invité à ouvrir avec elle la conférence internationale sur les défis et enjeux des villes méditerranéennes ». Après, un rendez-vous n’en empêche pas un autre…

Le maire a conclu ces annonces en indiquant la décision de justice concernant une affaire qui l’opposait au conseiller municipal ex FN : « Monsieur Boumaaz m’avait traité de vieux mâle blanc, libéral, con et toxico. Il a été condamné à 1000 € d’amende pour diffamation ».  L’intéressé précisant qu’un appel était possible durant une dizaine de jours.

Le SCOT adopté

Le souhait d’une gouvernance apaisée

Michaël Delafosse (La Gauche pour Montpellier) est revenu sur les conditions de réalisation du SCOT en rappelant la mise à l’écart d’Isabelle Touzard ou encore les tensions avec des collectivités, des associations, des acteurs économiques… « On voudrait vous inviter à une démarche de la bienveillance et de la confiance avec les différents acteurs » a t-il invité Philippe Saurel. « Les défis qui sont dans ce document sont nombreux. Si on veut que cela réussisse, il faut changer de méthode. Il faut une gouvernance coopérative, collaborative, respectueuse des positions de l’autre, bref une gouvernance apaisée ». Et de conclure en demandant « un comité de pilotage pour la réalisation du SCOT et recréer un débat apaisé ».

Le maire de Montpellier répondra sur le terrain politique en saluant : « Madame Touzard était excellente à son poste et Madame Fourcade l’est tout autant ».

La question des transports

Jacques Domergue ((Les Républicains – Centre – Société civile) s’inquiète lui de la gestion future des transports « Cette ville devient, suivant les heures, quasiment impénétrable. Tout le monde ne peut pas prendre le tramway ou les transports en commun. Selon l’emploi que l’on a, on est obligé de prendre des véhicules personnels. On ne voit pas aujourd’hui, au niveau du conseil municipal ou de la métropole, une réflexion globale sur comment on va se déplacer dans l’aire métropolitaine de Montpellier (…) Il serait temps sur Montpellier de réfléchir, comme à Marseille, et peut-être prolonger le tunnel de la Comédie ».

« J’ai l’impression que vous n’écoutez pas bien les conseils de métropole » se défendra Philippe Saurel évoquant le projet de contournement ouest. « Avant la fin du mandat, on posera la première pierre du tronçon et de l’ouvrage d’art du rond-point de Gennevaux qui est une pièce essentielle du contournement ouest (…) Nous n’avons pas de sommes d’argent qui tombe du ciel qui nous permettrait de régler en cinq ans ce qui n’a pas été fait en trente ».

La Friche de Mimi

Michaël Delafosse, en casque bleu du conseil, souhaite une gouvernance apaisée.

Au détour d’une affaire foncière concernant Figuerolle, Michaël Delafosse a tenu à éclaircir la situation autour de la Friche de Mimi : « Un permis de construire serait à l’étude ou a été délivré. Il serait bon de pouvoir préserver ce lieu, de travailler sur une solution comme il a pu en exister une pour le Rockstore. Je crois que ce serait une décision sage pour l’équilibre du quartier et la politique culturelle de la Ville ».

Allant dans son sens, Philippe Saurel a toutefois tenu à préciser : « L’îlot Vergne est une propriété privée. Nous finançons tous les travaux pour recevoir le théâtre. Il y aura un PUP qui garantira l’aménagement de l’espace public autour »

Vente du Capoulié à Sauramps

Le conseil municipal a validé la vente du bâtiment Le Capoulié pour 2 M€ à la société Amétis propriétaire de Sauramps. « Cela permettra de requalifier la rue Maguelone » a indiqué Philippe Saurel. Répondant à Michaël Delafosse quant à la stratégie du libraire, le maire précise : « Sauramps n’a pas l’intention de partir du Triangle. Au contraire, c’est l’occasion pour eux de rajouter un troisième site qui viendra compléter leur offre »

Et d’indiquer : « Les 2 M€ seront reflêchés sur les travaux de réhabilitation du mas de Meric estimé entre 4 et 5 M€ que nous réaliserons en plusieurs phases ».

Stationnement, le bilan attendra encore

Tandis que le nouveau mode de gestion du stationnement a été mis en place au 1er janvier, Jacques Domergue (LR) souhaitait obtenir un bilan du premier semestre d’activité : « Quand on lit le contrat signé, l’estimation des recettes de redevance de stationnement est de 4,8M€, le forfait post-stationnement s’élèverait à 2,9 M€. Les recettes pour la TAM serait de 7,7 M€ avec une redevance versée à la ville de 2,3 M€ et les forfaits reversés à la Métropole à hauteur de 1,5M €. Ces chiffres me semblent bien en-deça de ce qui a été publié dans les autres villes de France ».

Lorraine Acquier, déléguée à Sécurité, l’invite à la patience. « Non pas par manque de transparence mais à ce jour une estimation n’est pas possible. La ville de Montpellier a fait le choix de mettre en place la réforme de manière progressive. On n’a pas verbalisé tout de suite. Ensuite, le comportement des usagers n’est pas encore fixé » a t-elle plaidé tout en profitant de la tribune : « La carte oxygène, qui permet d’avoir une demi-heure de stationnement gratuite, n’a pas été supprimée. Et il n’est pas possible d’avoir sur son pare-brise dix forfaits post-stationnement contrairement aux amendes. À l’exception de la zone jaune où on peut en avoir deux ».

Rénovation du palais des sports Pierre de Coubertin

Le conseil municipal a voté la réhabilitation du palais des sports Pierre de Coubertin. Philippe Saurel précisant, « notamment pour y faire évoluer le futsal ». Le MMF, redescendu en deuxième division avec l’objectif de retrouver l’élite la saison prochaine, devra toutefois patienter avant de s’emparer de sa nouvelle enceinte. Les travaux, d’une durée d’un an et pour un montant de 5 150 000 €, ne débuteront qu’en 2020. L’objectif étant de pouvoir accueillir davantage de pratiques sportives.

Les 10 ans de l’Agora des Savoirs

Le cycle de conférence scientifique fêtera ses 10 ans. Isabelle Marsala a confirmé le succès de l’Agora des savoirs. En 2017, les 24 conférences ont rassemblé 6500 auditeurs au centre Rabelais, soit entre 200 et 300 personnes par soir, et plus de 60000 visiteurs sur Youtube. L’adjointe à la culture souhaite désormais donner à la manifestation « une ampleur plus importante ». Philippe Saurel proposera que les 10 ans de l’Agora des Savoirs soient célébrés à la salle des rencontres de l’Hôtel de Ville.

En amateur de chemises camarguaises, Patrick Vignal aura peut-être apprécier ce clin d’oeil pour son retour au conseil municipal avec un joli panaché de motifs.

Bataille de chiffres autour de la baisse du chômage

Sans doute pour animer une séance qui manquait de dynamisme à son goût, Philippe Saurel a rappelé « les excellent chiffres que nous obtenons depuis 2014 pour la diminution du chômage malgré l’augmentation démographique. Nous sommes passés de 13,7 % à 11,8 % ». L’opportunité de donner ainsi la parole à l’opposition.

Hervé Martin (La Gauche pour Montpellier) a tenu à nuancer : « Tout le monde ne peut que se féliciter de la baisse du chômage mais c’est une baisse équivalente sur l’ensemble du territoire et des grandes villes françaises. C’est dommage d’avoir à Montpellier un taux de pauvreté important, un taux de chômage des jeunes bien plus important qu’ailleurs et notre taux de chômage reste en dessous de la moyenne nationale ». La réponse de Philippe Saurel est cinglante : « Ce que vous dites est un mensonge. Toutes les villes ne sont pas à ce niveau et n’ont pas la même croissance démographique ».

Alex Larue (Les Républicains – Centre – Société civile) salue ce résultat : « Quelque soit la proportion de baisse du chômage, il faut s’en réjouir ». Il souhaite toutefois relativiser les conclusions de Philippe Saurel en se basant sur les données annuelles de l’INSEE du dernier trimestre 2014 au dernier trimestre 2017 : « Les chiffres ne sont pas exactement les mêmes. On passe ainsi de 2 à 1,4 points pour Montpellier ». Et de proposer un éclairage comparatif avec Sète « passée de 16,2 % à 13,8 % soit une décrue de 2,4 points », Nîmes « de 14,4% à 12,3 % » et Toulouse « de 10,5 % à 8,4 % » en concluant : « On sait qu’il y a une tendance nationale qui va vers la décrue. Hélas, les chiffres du premier semestre 2018 ne sont pas bons pour personne. L’intérêt de ce genre d’échange est que l’on peut faire tout dire aux chiffres. Quand on met tous les éléments en perspective, on se rend compte que l’on accompagne un mouvement. On n’est pas forcément les meilleurs. On n’est pas les derniers non plus ».

Jacques Domergue ajoutant taquin « Si j’écoute mon voisin, il faut plutôt saluer l’action de Monsieur Macron et non celle de Monsieur Saurel. Peut-être faut-il rajouter En Marche sur votre groupe ».

Philippe Saurel précisera à Alex Larue que « le taux de création d’emplois à Toulouse est de 2,5 % d’augmentation, et Montpellier 3,2 %. Il faut également rapporter ces chiffres à la poussée démographique. Donc réjouissons-nous, collectivement et avec modestie ». Si ses opposants ne le contrediront pas, il n’est pas certain qu’ils partagent la même définition que le maire du collectif et de la modestie…

1 Comment

  1. Les Montpellierains APPRÉCIERONT ces ALLERS/RETOURS de CHANGEMENTS de PARTIS POLITIQUES !!!? Peut-on SAVOIR s’il n’y aura pas ENCORE de NOUVEAUX CHANGEMENTS ?

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