Montpellier : la « police des polices » saisie de violences sur un supporter niçois

Coup de théâtre après la relaxe du supporter niçois par les juges du tribunal correctionnel de Montpellier : la vidéosurveillance atteste que le membre des Ultras de l’OGC Nice a été tabassé par un policier du service d’intervention rapide -SIR- de Marseille, avant le début du match de ligne 1 entre le MHSC et Nice, samedi soir à la Mosson. L’IGPN enquête sous l’autorité du procureur de la République de Montpellier. Les investigations progressent vite, puisque selon nos informations, le policier en cause a déjà été entendu.

L’Inspection générale de la police nationale -IGPN-, la « police des polices » a été saisie mardi par le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret, après deux éléments nouveaux survenus lundi, concernant des faits présumés de violences volontaires survenus samedi soir avant la rencontre de ligue 1, MHSC-OGC Nice, à une des entrées du stade de la Mosson, à Montpellier : d’abord, une bande de vidéosurveillance diffusée lundi lors du procès devant le tribunal correctionnel d’un supporter des Ultras niçois de 37 ans, jugé en comparution immédiate lundi pour avoir blessé trois policiers du service d’intervention rapide -SIR- de Marseille; ensuite, la plainte qu’il a déposée contre les policiers, après sa relaxe obtenue à l’issue de l’audience.

Une bouteille de pastis

Métropolitain a évoqué dimanche, ici, l’interpellation et le placement en garde à vue d’un supporter des Ultras de l’OGC Nice âgé de 37 ans pour s’être rebellé et blessé trois policiers du SIR de la direction départementale de la Sécurité publique des Bouches-du-Rhône, venus en renfort de leurs collègues de Montpellier, après avoir refusé de se séparer de sa bouteille de pastis qu’il tenait en main, quand il s’est présenté à la fouille par les stadiers. Des policiers du SIR étaient présents et lui ont ordonné de poser sa bouteille d’alcool hors de l’enceinte du stade, s’il désirait rejoindre les gradins. Le trentenaire a de nouveau refusé.

C’est à ce moment là que les événements se sont précipités. La première version livrée dimanche aux médias d’ici par une source proche de l’enquête a fait état d’une rébellion sur les forces de l’ordre qui auraient été vivement malmenées. Le bilan a fait état de trois policiers du SIR de Marseille blessés, dont un sérieusement.

Relaxe après la projection de la vidéosurveillance

Le trentenaire avait le visage tuméfié et les yeux au « beurre noir » lors de sa garde à vue au commissariat central de Montpellier et de sa présentation au tribunal correctionnel, lundi en comparution immédiate, où il avait trois jours d’interdiction temporaire de travail prescrits par le médecin venu à son chevet, comme le président du tribunal l’a évoqué. Un président et ses deux assesseurs qui ont visionné l’intégralité des bandes de la caméra de vidéosurveillance ayant filmé la scène et saisie par les enquêteurs, à la requête de l’avocate de la défense.

À l’issue de la projection du film, l’avocate du prévenu a plaidé la relaxe pure et simple : il montre qu’un des policiers a tabassé en premier le supporter Ultra niçois qui n’avait pas bougé, contrairement à leur version. Le tribunal a abondé dans le sens de la défense du prévenu et a abandonné les poursuites lancées contre lui par le parquet, sur la foi des versions des policiers du SIR de Marseille.

Dans la foulée de sa relaxe, le supporter a déposé plainte contre ces policiers marseillais. Et mardi, le procureur de la République de Montpellier a ouvert une enquête préliminaire et saisi l’IGPN. C’est l’antenne de Marseille de la « police des police » qui est en chargé des investigations. Les auditions ont démarré dès mardi.

Selon Christophe Barret, « Il est certain que cette personne a reçu des coups portés par un agent dépositaire de l’autorité publique qu’il n’avait pas à recevoir, comme le montre la vidéosurveillance ».

Le supporter qui a été blanchi raconte

Populaire Sud, le club des supporters Ultras de l’OGC Nice, dont fait partie leur adhérent relaxé lundi s’exprime sur les réseaux sociaux : « Ce qui s’est passé samedi soir à l’entrée du stade de la Mosson à Montpellier pour l’un d’entre-nous, ne permet pas le doute cette fois. Et c’est gravissime, il faut que tout le monde en prenne conscience une bonne fois pour toute; et ce n’est pas faute de le dénoncer depuis des années. Christophe, qui est inconnu des services de police et qui possède un casier judiciaire vierge, contrairement à la version officielle relayée par les médias s’était rendu à Montpellier samedi, pour soutenir le Gym, comme nombre d’entre-nous tout au long de l’année. Rien d’exceptionnel jusque-là. Il est aux environs de 19h20, quand il se présente à l’entrée de la tribune visiteurs. La suite ? Il l’a raconte lui même…

« Je le reconnais j’avais une bouteille en plastique de 33cl à moitié remplie de pastis. Le stadier m’a dit de me mettre sur le côté pour la finir, ce que j’ai fait. À ce moment-là un fonctionnaire de la SIR s’est approché, très menaçant, et m’a parlé méchamment pendant 5 minutes. J’ai donc fini par lui demander fermement d’arrêter. Il m’a saisi par le cou comme pour m’étrangler et ramené contre le grillage, au milieu de ses collègues. J’ai essayé d’écarter son bras, car j’avais mal et comme un éclair, une pluie de coups s’est abattue sur moi. Je n’ai rien compris, à aucun moment je n’ai été menaçant ou agressif. Lorsque j’ai retrouvé mes esprits, j’étais au sol, la tête en sang et les mains menottées dans le dos. Les fonctionnaires ont mis un temps fou avant d’appeler les pompiers. On m’a ensuite emmené au commissariat pour me placer en garde à vue. Trois fonctionnaires ont témoigné et déposé des plaintes contre moi, dont un s’est fait prescrire une Itt de 8 jours. Après 38h de garde à vue j’ai été jugé en comparution immédiate et c’est à ce moment que les images de la vidéosurveillance ont été diffusées, et que, grâce à elles, car on voit clairement que je n’ai rien fait, j’ai été relaxé. Je remercie mon avocate qui a insisté pour les avoir, car sans ça j’aurai été condamné gratuitement et certainement placé en détention. Je suis fatigué mais ça va. Je souffre, entre autres, d’un traumatisme crânien et d’une fracture du nez ».

La « police des polices » aurait déjà entendu depuis mardi, le policier du SIR identifié comme le plus violent envers le supporter niçois. Une affaire qui tombe mal, à deux jours du derby MHSC-Nîmes sous haute tension…

3 Comments

    1. Tu réagis comme ça car tu n’as apparemment jamais vécu une bavure policière.
      Saches que l’ayant vécu ça peut être très dur à vivre …
      Je ne te le souhaite pas mais peut-être que tu devrais le vivre pour réagir moins bêtement…
      Pauvre de nous…

    2. Fermes là pauvre connard de Flo, j’étais présent ce jour là, car je fais parti de la sécurité du stade de Montpellier, je n’ai jamais vu ça, des racailles ces flics c’est hallucinant, mes collégues et moi avons été choqué de ce qui est arrivé ce jour là, il a rien fait, il n’à même pas chier le collegue qui lui a dit de finir sa bouteille sur le coté, ils voulaient le déboiter, point barre !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *