MHSC / Derby : Michel Der Zakarian appelle à la ferveur sans la connerie

À deux jours du derby face à Nîmes, les joueurs montpelliérains ont reçu la visite de plusieurs de leurs supporters venus les encourager. Si la ferveur générale n’est pas aussi grande qu’il y a 25 ans, la passion exacerbée dans les deux camps laisse craindre quelques incidents à la marge. Pour cette rencontre, prise très au sérieux par la Préfecture, Michel Der Zakarian a lancé un message aux supporters : « Que ce soit les Nîmois qui viennent et les Montpelliérains, il faut qu’il y ait de la ferveur dans le stade mais il ne faut pas qu’il y ait de la connerie. Il y aura des enfants, des familles… Il faut que cela reste mesuré. On peut se chambrer, dire des conneries même des gros mots… à un moment donné, il ne faut pas aller au-delà de ça. Après on ne peut rien faire. Des cons il y en aura partout. Il faut qu’il y en ait un minimum dimanche ».

« Quand tu es joueur, c’est quand même mieux »

L’entraîneur montpelliérain parle avec le poids de l’expérience. Dernier joueur a avoir inscrit un but lors d’un Montpellier-Nîmes, Michel Der Zakarian a également changé de perspective, non sans une certaine frustration dans la voix : « Quand tu es joueur c’est quand même mieux. Tu l’abordes différemment qu’un coach. Les acteurs, ce sont les joueurs ». Solide défenseur, il a vécu les chauds derbies des années 90. Époque où le football emportait deux villes dans une rivalité concrétisée par ces deux rencontres souvent enjeux d’une saison toute entière. Où ces matches vampirisaient les esprits et déchaînaient les passions. Vingt-cinq années plus tard, les deux clubs se retrouvent enfin parmi l’élite pour faire revivre la légende du derby et enrichir l’histoire du football français de nouvelles anecdotes.

Alors oui les temps ont changé. Et si on ne pourra s’empêcher de penser aux sorties du regretté Louis Nicollin pour pimenter avec une truculence taquine les avant-matches, Ultras Montpelliérains et Nîmois n’ont pas manqué de se livrer à quelques échanges fleuris. Les esprits chagrins pourront y voir un signe de bêtise que l’on ne pourra démentir si l’on ne prend pas en compte le folklore et la passion qui unissent les deux villes. La haine ne pouvant aller sans l’amour, il en faut beaucoup dans les deux camps pour consacrer autant de temps à se détester. Et quel plus bel amant inavouable que son meilleur ennemi surtout quand il a des charmes dont on manque. Toutefois, le vol de la bâche montpelliéraine, sacralisée dans le milieu des Ultras, reste un geste, dont on espère les conséquences minimes, que les autorités prennent à raison très au sérieux.

Du bruit dans le stade

Si les temps ont changé, certaines choses moins. On ne contredira pas Michel Der Zakarian lorsqu’il affirme avec regret que « Même quand j’étais joueur ; Montpellier est une ville avec de la ferveur mais il y en a moins qu’à Nîmes. Peut-être parce que c’est une ville de tauromachie, ils sont beaucoup plus saignants et vivent plus le foot. À Montpellier, il y a tous les sports de haut niveau. Le public est moins derrière ».

Le match de dimanche pourrait être un déclic, comme une déclaration d’amour d’un public plus large que ses habituels supporters envers son équipe. Arrivé seulement depuis la saison dernière, Benjamin Lecomte a bien compris l’importance que peut revêtir ce match : « Cela peut être une bascule d’un point de vue comptable mais également pour le club et nos supporters, pour leur montrer que l’on veut emmener tout le monde avec nous parce qu’on est ambitieux ». Si les joueurs font le travail sur le terrain, il n’y a pas de raison pour que La Mosson ne suive pas.

À condition de se faire entendre. « J’espère qu’il y aura beaucoup plus de bruit. Que ce ne soit pas juste la Butte qui chante, qui vibre, qui encourage. Il faut que tout le stade s’y mette un peu parce que par moment il n’y a pas assez de bruit pour moi » lance Michel Der Zakarian. Seulement 605 supporters nîmois ont été autorisés à faire un déplacement hautement sécurisé par les forces de l’ordre tout au long du trajet. Si aucun signe de Nîmes ne sera toléré dans et aux abords du stade, près de 3000 supporters gardois, ayant pris leur billet sur internet, devraient être présents dans les travées. Si La Mosson ronronne souvent, dimanche l’occasion est trop belle de revivre un instant de football aux saveurs d’antan. À condition de ne pas passer de la bêtise à la connerie.

1 Comment

  1. En espérant qu’il y a du bruit a gogo . Que les joueurs Montpellierain mette une grosse tanner au Nîmois … amusez vous comme des fous . Mais pas de violences … Allez paillade . Tous ensemble . Tous ensemble. .

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