Surveillance des plages : les policiers municipaux au secours des CRS

Les 25 maîtres nageurs sauveteurs des CRS chargés de surveiller en saison estivale, les plages du littoral de la région Occitanie seront-ils présents dans les postes de secours l’été prochain ? Cet été, ils étaient 13 dans l’Hérault, notamment à La Grande-Motte et 12 dans l’Aude -à Port-la-Nouvelle- et au Barcarès, dans les Pyrénées-Orientales. Mais, combien seront-ils l’été prochain ? Il est question, en effet de supprimer les CRS des plages.

La Fédération autonome FA-FPT Police municipale de l’Hérault et du Gard s’en émeut, après la fermeture des postes de secours jusqu’à juillet prochain. Elle demande le maintien des CRS sur les plages du littoral. Les policiers nationaux issus des CRS étaient près de 800 affectés à la surveillance des plages en 2002 et pendant presque trois mois en saison estivale. or, ils étaient moins de 300 cette saison, mobilisés dans 66 communes du littoral français, contre 126 en 2002, et mobilisés seulement moins de deux mois.

Le choix du ministre de l’Intérieur

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb a évoqué à plusieurs reprises durant l’été que, « Si des nageurs-sauveteurs des compagnies républicaines de sécurité (CRS) participent, historiquement, à ce dispositif, il ne s’agit pas d’une mission propre des CRS, puisque la police des baignades ne relève, ni des missions régaliennes de l’État, ni de ses obligations légales. De nouvelles évolutions ne doivent pas être exclues par principe, pour permettre aux forces de l’ordre de se concentrer sur leurs missions régaliennes, notamment en période estivale. ».

La FA-FPT tient à apporter son plein et entier soutien aux CRS impliqués dans la surveillance des plages. Jean-Michel Weiss, secrétaire national de cette Fédération, un policier municipal en fonction à La Grande Motte, tient à apporter la controverse au ministre de l’Intérieur : « C’est bien méconnaître le travail réalisé quotidiennement par les CRS sur les plages, que de le réduire à la surveillance des baignades ou au secourisme. Ces missions peuvent être confiées sans difficultés à des associations, mais aussi à des fonctionnaires territoriaux titulaires des diplômes nécessaires, voire des contractuels. Le ministre occulte totalement l’investissement des CRS en matière de police judiciaire : le respect des arrêtés de police, certes, mais aussi leur engagement dans la lutte contre la délinquance sur plages, avec les trafics de stupéfiants, les vols simples, les rixes, les agressions. Or, ce travail représente une activité judiciaire importante ».

Policiers et gendarmes sollicités

La FA-FPT Police municipale de l’Hérault et du Gard précise que, « l’absence des CRS aura des conséquences importantes en matière de sécurité publique, que ce soit, en zone rurale gérée par la gendarmerie nationale, ou en zone étatique du ressort de la police nationale-Sécurité publique. Policiers et gendarmes seront bien plus sollicitées pour résoudre ces problèmes de police, surtout sur le pourtour méditerranéen ».

Dès à présent, la FA-FPT Police municipale de l’Hérault et du Gard attire l’attention sur le fait que les policiers municipaux ne doivent pas être la solution de repli pour pallier à un nouveau désengagement de l’État. La sécurité est l’affaire de l’État, les plages françaises ne doivent pas devenir de nouvelles zones de non-droit. « La FA-FPT reste particulièrement vigilante sur ce dossier qui, selon le choix du ministre de l’Intérieur, aurait des conséquences sur la sécurité des agents et fonctionnaires territoriaux que nous représentons », prévient Jean-Michel Weiss.

Les CRS seront fixés sur leur sort dans les mois qui viennent pour savoir s’ils pourront encore faire des missions en maillot de bain sur les plages, l’été prochain.

Jean-Michel Weiss, FA-FPT Police municipale, en poste à la Grande-Motte. – D.R.

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