Exclusif : préavis de grève des pilotes et assistants de vol du Samu

INFO MÉTROPOLITAIN. Les hélicoptères du Samu -Service d’aide médicale urgente- devraient rester cloués au sol vendredi 5 octobre, dont ceux des CHU Lapeyronie, à Montpellier et Carémeau, à Nîmes, en raison d’un appel à un mouvement de grève national du Personnel navigant technique, le PNT. Les directeurs généraux des CHU et des Agences régionales de santé, ARS, dont celle de la région d’Occitanie, ont été avisés mardi, de l’existence de ce préavis de grève.

Le puissant Syndicat national du personnel naviguant de l’aéronautique civile -SNPNAC- a déposé un préavis de grève pour le vendredi 5 octobre à minuit, pour une durée de 24h, qui pourra être reconduite pour une durée illimitée, dans le cas où aucune négociation ne serait intervenue dans le délai prévu par la loi pour une reconnaissance des assistants de vol, dénommés les TCM pour membre d’équipage technique.

« Nous appelons l’ensemble des membres d’équipage technique, dont les pilotes des entreprises qui travaillent pour le Samu à cesser totalement le travail, confirme ce mercredi à Métropolitain, un responsable du SNPNAC, l’Agence européenne de sécurité a prévu depuis trois ans l’obligation d’un membre d’équipage technique dit assistant de vol pour les vols en régime SMUH, c’est à dire le service médical d’urgence par hélicoptère. Or, force est de constater qu’aucun partenaire officiel ne s’est encore engagé officiellement sur l’essentiel, bien que notre organisation syndicale n’a de cesse de faire des propositions et de faire avancer ce dossier auprès de la direction générale de l’aviation civile, la DGAC et du SNEH, le syndicat national des exploitants d’hélicoptères, notamment sur l’intégration des TCM à la convention collective et la création d’une grille de salaire conventionnelle nationale. Actuellement, les TCM représentent le Smic, soit 1 000€. Nous voulons que le salaire mensuel soit désormais porté à 1 500€. Nous ne voulons plus subir un traitement low cost dans le transport sanitaire héliporté ».

Injonction de la Commission européenne

Ce mouvement de grève qui s’annonce début octobre intervient dans un contexte particulier, sur fond de crise financière qui frappe la plupart des CHU.

Les assistants de vol  ont pris officiellement place à bord des hélicoptères du Samu depuis le 1er janvier 2016, en application de l’injonction de la Commission européenne exigeant la présence systématique d’un second membre d’équipage technique.

« Les pilotes n’étaient pas convaincus »

Au début, l’assistant de vol n’a pas été le bienvenu à bord des hélicoptères, où les pilotes l’ont d’abord vu comme un paramètre supplémentaire à gérer. Ils réclamaient un second pilote, avant finalement de revoir leur position : « Au début, en effet les pilotes n’étaient pas convaincus, reconnaît un responsable du SNPNAC, mais, désormais, 90% des pilotes ne feraient pas le retour en arrière ». Les assistants de vol ont donc toute leur place.

Le 5 octobre prochain, les pilotes, les assistants de vol et les techniciens des hélicoptères ne devraient pas assurer les missions du Samu. Les appareils de couleur jaune à Montpellier, Nîmes, Perpignan et Carcassonne, verte dans d’autres régions resteront posés sur l’héliport des hôpitaux. À moins que d’ici là, les revendications du SNPNAC soient prises en compte.

Une flotte d’environ 30 hélicoptères

Sur les 101 Samu existants, une trentaine mettent en oeuvre des hélicoptères, avec une flotte d’une trentaine d’hélicoptères permanents basés au sein des hôpitaux et 13 hélicoptères utilisés de façon saisonnière, généralement opérés pour une période donnée par des opérateurs privés : SAF / HELICAP, INAER / PROTEUS, MBH (Mont Blanc Hélicoptères), HDF (Hélicoptères de France), NHV (Nordzee Helikopters Vlaanderen). Les appareils utilisés sont tous des biturbines : EC135, Ecureuil, Dauphin, AW109, Bell 429 ou MD902.

Les missions héliportées se répartissent en 80 % de sorties primaires, trajet lieu accident – hôpital et 20 % de transports secondaires, trajet entre hôpitaux. Les missions de recherche et sauvetage -en mer, en montagne etc.- sont confiées aux hélicoptères de la Sécurité Civile, avec 22 bases et 40 hélicoptères, des sections aériennes de la Gendarmerie, avec 26 bases et 44 hélicoptères et de la Marine Nationale. Les hélicoptères du Samu ne sont généralement pas équipés de treuil.

En 2016, les Centres 15 des 101 Samu ont reçu 29 millions d’appels.

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