Logement : les priorités des promoteurs montpelliérains

Le nouveau président régional de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI Occitanie Méditerranée) fixe les défis qui attendent les acteurs de ce secteur dans le Clapas.

Le 22 juin 2018, Laurent Villaret, directeur général d’Hélénis, était élu à la présidence de la FPI Occitanie-Méditerranée (Fédération des Promoteurs Immobiliers). L’une des ses premières décisions a été de réorganiser la puissante fédération des promoteurs immobiliers désormais administrée « dans un esprit participatif ».

Laurent Villaret a tenu ses promesses de campagne en organisant le bureau régional en délégations, qui «traiteront des problématiques opérationnelles métiers, de la prospective et du développement de nos marchés à l’échelle du territoire », explique-t-il. « Après la phase de mise en place, elles sont opérationnelles et les premières actions sont lancées dès ce mois de septembre ».

Tant mieux, car les défis à relever pour la FPI sont nombreux : maintenir la production du neuf, maitriser les prix, développer le logement abordable, et explorer les nouvelles formes urbaines en dehors des grandes villes.

Production et marchés émergents

Le promoteur insiste également sur la composition du bureau, une « véritable équipe » reposant sur un subtil dosage entre les groupes nationaux et les promoteurs locaux/régionaux équitablement représentés dans le nouveau bureau. Ainsi organisé, la FPI OM entend répondre à deux défis majeurs : « Favoriser une production foncière élevée et agir sur le prix du logement pour maintenir une production pérenne et défendre nos équilibres financiers », et « développer nos marchés et notre présence en dehors de la Métropole de Montpellier », détaille le président, qui compte mettre l’accent sur les nouveaux marchés émergents.

Veiller à la maîtrise des prix

« Le mode de travail adopté est transparent, agile et collaboratif. Un principe d’interaction entre tous les membres de la FPI OM et l’ensemble des membres correspondants sera développé autour de workshops et de tables rondes », annonce Laurent Villaret qui insiste sur l’importance de travailler en bonne intelligence avec les institutions publiques : « Nous sommes prêts pour travailler avec les collectivités et la SERM pour, notamment, maintenir une production soutenue sur la métropole montpelliéraine… Oui aux projets qualitatifs, mais il faut veiller à la maîtrise des prix. À Montpellier, le logement neuf reste cher et il faut travailler tous ensemble pour mieux s’adapter au marché ».

Une offre accrue dans les villages

Parmi les nouveaux enjeux pour la FPI, donc, le logement abordable. « Aujourd’hui, l’immobilier est concentré sur quelques communes, dont Montpellier ou Castelnau, mais il faut repenser à l’échelle d’un territoire plus vaste, qui doit devenir de plus en plus connecté », confirme le président, qui explique que les promoteurs veulent être précurseurs sur les nouvelles formes urbaines. « Si on va travailler plus loin, il faudra respecter l’identité des villages… La Métropole de Montpellier travaille déjà sur ce sujet, mais nous allons apporter notre expertise pour aller encore plus loin ».

Vers un grand territoire connecté

Le nouveau président a déjà balisé le terrain : « Nous devons étudier les possibilités de constructions sur l’axe porteur nouvelle gare-aéroport, mais aussi sur le Nord de Montpellier où des zones proposent déjà du logement et des bureaux. On peut y faire du renouvellement urbain et je pense notamment à Euromédecine ». Enfin, le président évoque l’axe Nîmes-Sète : « C’est l’avenir. La Métropole montpelliéraine s’étend et, ce faisant, elle qualifie ce territoire pour aller vers un grand territoire connecté ».


Pénurie pour le stock

Laurent Villaret est inquiet : le marché du logement neuf sur la grande aire métropolitaine est en situation de pénurie. « A Montpellier, le stock de logements neufs est inférieur à six mois. Or, pour qu’une situation soit normale, il faut 12 mois de stock », rappelle-t-il. Conséquence de la baisse de l’offre : les promoteurs ont mis 500 logements de moins à la vente ce semestre qu’en 2017. Soit une baisse des mises en vente qui atteint 21% pour Montpellier.

Hausse des prix

Laurent Villaret indique que ce phénomène touche toutes les grandes villes de l’Hexagone… Mais sur Montpellier, cela se traduit par une hausse des prix et un piétinement des ventes. Au cours du 1er semestre 2018, le prix moyen du m2 s’est élevé à 4 000 €, accusant une hausse de 4 % par rapport à 2017. « Et sur la ville-centre, le prix du m2 atteint même 4 160 € », précise le promoteur qui déplore un autre effet ricochet, la baisse du nombre d’investisseurs : « Ils ne sont plus que 57% dans la part des acheteurs, contre 66% fin 2016… Et tant que le gouvernement ne présentera pas sa réforme et les nouvelles mesures pour le logement, et notamment l’avenir du dispositif Pinel, les investisseurs ne vont pas se précipiter sans savoir à quelle sauce ils vont être mangés ».

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