Écologie : l’Université de Montpellier fête sa 1ère place mondiale

Désignée meilleure université au monde pour l’écologie, l’UM a rassemblé la communauté scientifique locale mardi soir pour célébrer ce titre. Reconnue comme place forte internationale pour l’étude et la préservation de la biodiversité, l’université montpelliéraine entend maintenir son rang en s’appuyant sur sa « pépite », le CeMEB.

Le 15 août dernier, le fameux classement de Shanghai, un classement des meilleures universités au monde publié chaque année à même époque par l’Université chinoise de Jiao Tong, a placé l’Université de Montpellier sous la lumière. Parmi les 52 classements thématiques proposés par ce ranking, l’UM a décroché la première place mondiale en écologie, faisant trébucher de son piédestal la prestigieuse université d’Oxford.

La biodiversité, l’enjeu montpelliérain

Une véritable performance : Montpellier est la seule université française à figurer en première position d’un des 52 classements de Shanghai. Une performance fêtée mardi soir par Philippe Augé, le président de l’UM, entouré de la communauté scientifique dans un lieu symbolique, le Jardin des Plantes : « Nous étions deuxième en 2017 ! Cette reconnaissance internationale confirme que Montpellier est identifiée comme place forte mondiale pour l’écologie, et notamment comme l’un des grands pôles mondiaux de la recherche sur la biodiversité, notre grande spécificité », a commenté le président.

Montpellier est une place forte mondiale pour la recherche sur la biodiversité

Le rôle central du CeMEB

« Les classements valent ce qu’ils valent, bien sûr », a rajouté Philippe Augé, « mais ils ont une influence certaine sur les étudiants, les enseignants et les chercheurs qui veulent venir ici, mais aussi sur nos tutelles, sur les autres universités avec qui nous mettons en place des passerelles, avec les entreprises dont le regard évolue et, bien sur, avec nos financeurs ». Cette première place mondiale en écologie devrait aider l’UM à asseoir sa réputation dans le domaine de l’écologie et de la recherche sur la biodiversité, comme le souhaite le professeur Philippe Jarne, directeur de recherche au CNRS et président du Labex CeMEB, la cheville ouvrière de cette réussite.

1300 personnes fédérées

Pour simplifier, le CEMEB, pour Centre Méditerranéen de l’Environnement et de la Biodiversité, créé en 2011, est la pépite de l’UM dans le domaine de l’écologie. Cette structure créée à Montpellier a permis de fédérer la communauté scientifique en associant 10 unités de recherche locales, CIRAD, CNRS, Ifremer, INRA, IRD, SupAgro, l’Université de Montpellier, UPVM3 et l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), soit une force de frappe inégalée dans l’Hexagone de 1300 personnels de recherche.

Créer des outils pour la biodiversité

Philippe Jarne évoque le rôle du CeMEB : « Nous vivons des bouleversements planétaires violents et rapides dus aux activités humaines qui exercent un impact sans précédent sur la biodiversité et les écosystèmes… les objectifs du LabEx CeMEB sont de comprendre la dynamique et le fonctionnement de la biodiversité en combinant observations, expérimentations et modélisation ; de prévoir les conséquences biologiques des changements planétaires à l’aide de scénarios ; et anticiper l’évolution des services écologiques et des sociétés humaines ».

L’écotron de Montpellier, un équipement de pointe pour étudier l’impact des activités humaines sur les écosystèmes


Tous les écosystèmes étudiés

L’autre grande force de Montpellier, place forte mondiale de l’écologie, est de s’intéresser à tous les types d’écosystèmes (de l’équateur aux pôles, aussi bien terrestres que marins) et d’organismes vivants et passés (des micro-organismes aux grands mammifères) : « Nos approches combinent observations et modélisation, avec de forts apports de l’expérimentation », rappelle Philippe Jarne : « Elles s’appuient sur des outils de haut niveau, comme par exemple l’Ecotron européen de Montpellier et des sites expérimentaux instrumentés comme le laboratoire à ciel ouvert de la forêt de Puéchabon et des plateformes technologiques ». Le scientifique rappelle que les acteurs de l’écologie sur Montpellier restèrent discrets : « Notre spécialité, du coup, n’est pas forcément connue du grand public mais sa renomme n’est plus à fire. On ne le sait pas, mais chaque semaine, nous organisons 4 à 5 séminaires qui accueillent des chercheurs du monde entier qui viennent profiter de notre savoir-faire ».

Rester sur le podium mondial

Comme la médecine, l’étude la biodiversité est une spécialité historiquement implantée à Montpellier, depuis le Moyen-Age autour des jardins, de la botanique et des sciences naturelles, comme en témoignent encore le Jardins des Plantes et l’Herbier de Montpellier… La création du CeMEB en 2011 a offert à l’écologie un outil unique de mutualisation et de visibilité, à la discipline comme à l’Université de Montpellier. Un trésor que la communauté scientifique et Philippe Augé entendent faire fructifier en conservant cette première place mondiale en écologie. « Ce ne sera pas facile, mais si on veut rester à cette place, il faut se préparer à courir plus vite que les autres ».

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