Hérault. Infanticide : la mère en examen et écrouée, le bébé est introuvable

Un foetus viable introuvable et une mère mise en examen ce samedi soir et écrouée dans la foulée pour homicide volontaire par le juge d’instruction de permanence au tribunal de grande instance de Montpellier, sur la base d’examens médicaux très pointus qui ont révélé qu’elle avait mis au monde un foetus viable de plus de six mois : voilà en résumé les prolongements des révélations de Métropolitain de jeudi soir ici sur cette affaire effroyable.

Jeudi, à l’aube, une femme de 39 ans domiciliée dans un village entre Gignac et Clermont-l’Hérault s’est présentée aux urgences du CHU Lapeyronie, à Montpellier, avant d’être orientée vers le service pédiatrique de l’hôpital Arnaud de Villeneuve. Elle avait les vêtements maculés de sang frais et elle tenait des propos incohérents, mentionnant qu’elle avait accouché dans la nuit, mais qu’elle ignorait ce qu’était devenu son bébé.

Troubles psychiatriques

Les médecins ont rapidement eu confirmation par des examens en urgence que cette trentenaire, en état de choc, présentant visiblement des problèmes de comportement, voire des troubles psychiatriques avait bien mis un nourrisson au monde, ce que des examens complémentaires ont confirmé.

Géographiquement compétente, la compagnie de gendarmerie de Lodève a été saisie par le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret et ce sont les gendarmes de la brigade de recherches qui ont hérité de l’enquête, tandis que les techniciens de la cellule d’identification criminelle du groupement de gendarmerie de l’Hérault ont été mobilisés : des investigations très poussées ont été effectuées, d’abord au domicile de la mère pour retrouver la trace du bébé, en vain, puis au CHU de Montpellier, où le bâtiment abritant les compacteurs à déchets a été placé sous scellés judiciaires dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte pour un infanticide.

Déchets incinérés

Les gendarmes n’excluant pas que la mère ait pu transporter et dissimuler le foetus dans l’enceinte du CHU de Montpellier avant de se présenter aux urgences, de minutieuses recherches ont été menées dans les compacteurs, sondés pendant plusieurs heures, mais sans résultat non plus. Lors de ses auditions, elle a fait des déclarations totalement contradictoires, dissimulant en tout cas qu’elle portait l’enfant depuis six mois, ce qui n’a pas facilité la progression de l’enquête.

Les déchets sont régulièrement incinérés et plusieurs tonnes quittent le CHU, ont appris le procureur de la République et les enquêteurs de la gendarmerie, ce qui ne facilite pas le déroulement des recherches. Aussi, le foetus reste t-il introuvable ce samedi soir, à l’heure où la jeune femme a été mise en examen. On ignore si elle a été écrouée ou remise en liberté sous contrôle judiciaire.

État de santé compatible

Un expert psychiatre près la cour d’appel de Montpellier qui l’a examinée, lors de sa garde à vue dans les locaux de la communauté de brigades de Gignac-Aniane a conclu que, même si la trentenaire tient des propos incohérents, son état de santé, sa rétention et sa présentation devant un juge d’instruction sont compatibles avec une mise en examen. Et avec une incarcération. Conformément aux réquisitions du parquet de Montpellier, elle a été placée en détention provisoire dans la nuit.

Scellé judiciaire des gendarmes sur un compacteur au CHU de Montpellier. Photo Métropolitain.
Le compacteur du CHU a été placé sous scellé. Photo Métropolitain.

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