Licences IV à Montpellier : la préfecture de l’Hérault désavoue la Ville

INFO MÉTROPOLITAIN. La gestion des quelque 600 terrasses des bars et des restaurants, principalement dans l’Écusson, constitue un véritable casse-tête pour la mairie. Philippe Saurel, maire et président de la métropole a décidé de calmer l’hémorragie liée aux demandes de licences IV. Du coup, des projets d’ouverture de nouvelles enseignes sont bloqués depuis le début de l’année, comme Métropolitain l’a révélé ici le 17 janvier dernier. Or, avant l’été, trois propriétaires de ce précieux sésame administratif qui voulaient les vendre à de potentiels acquéreurs pour l’exploitation de trois débits de boissons ont contesté le refus de la Ville. Ils ont, en effet essuyé chaque fois un refus catégorique du service idoine en mairie notifié en mai et en juin dernier. Coup de théâtre : la Ville vient d’être désavouée par la préfecture de l’Hérault. Elle a été officiellement informée par le préfet ces derniers jours, selon nos informations.

Ces trois propriétaires de ces licences IV résident dans la région Occitanie, un à Lunel, un autre à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne et le troisième à Saint-Juéry, près d’Albi, dans le Tarn. Concernant le dossier de Lunel, il s’agit du transfert d’un bar dans une petite rue de l’Écusson, à Montpellier. Trois nouvelles enseignes qui vont être autorisées à servir de l’alcool, alors que paradoxalement, les autorités  ne cessent de dénoncer des abus de consommation dans le centre-ville générateurs de rixes et d’agressions, comme durant l’été, en lançant régulièrement des campagnes de prévention.

Occupations illicites réglées

Outre le souci de l’insécurité nocturne liée à l’alcool, la Ville a réglé le problème du nombre très élevé de débits de boissons. Dès son arrivée à la mairie, Philippe Saurel a tapé du poing sur la table pour remettre de l’ordre dans l’attribution ou le refus des terrasses, surtout dans le centre historique, où bon nombre d’abus étaient signalés au service idoine de la Ville.

L’adjointe en charge du commerce et de l’artisanat, Brigitte Roussel-Galiana, une élue de terrain, s’est livrée à un tour du centre-ville pour lister les occupations illicites : ici, des tables et des chaises bloquant l’accès aux services de secours et aux camions de nettoyage, là, un coin de terrasse interdisant carrément le passage de piétons et de poussettes. Bref, un maillage anarchique, avec des autorisations incohérentes accordées à des bistrotiers datant de l’ère de feu Georges Frêche.

Verrues disparues

Des mesures radicales ont été prises. Inutile de dire qu’elles sont loin de faire l’unanimité. Ainsi, des vérandas et des terrasses viennent d’être supprimées, comme celle du Welcomedia, sur la place de la Comédie. Des signalements d’anciens montpelliérains et d’associations de quartier ont été adressés en mairie pour dénoncer l’installation d’un vaste espace pour la clientèle de la brasserie, sur quasiment la moitié du parvis de l’Opéra-Comédie. Une verrue qui faisait tache sur l’artère la plus belle de Montpellier.

L’adjointe au maire a tapé fort. Ainsi, un homme d’affaires qui a pignon sur rue ici et qui voulait ouvrir un nouvel établissement recevant du public -un bar à vin avec terrasse bien sûr- dans l’Écusson a vu son projet bloqué, sur la place du Marché-aux-Fleurs, en face de la préfecture et du café de la Mer, en lieu et place d’un débit de boissons déjà existant. Avec un autre problème qui se posera, si le feu vert est donné à l’ouverture de ce bar à vin : une des deux terrasses devra disparaître…

Ne pas déshabiller les villages

« Face à une demande accrue de licences IV, j’ai décidé désormais de refuser de donner l’autorisation pour celles qui proviennent d’un transfert d’un bar ou d’un restaurant extérieurs à Montpellier. Je veux préserver ces lieux publics dans les villages. Plus question de déshabiller ces communes de leurs cafés. Dans le cas précis de ce l’installation d’un bar sur la place du Marché-aux-Fleurs, la licence IV a été achetée à un bar de Palavas-les-Flots. Nous accordons les autorisations de transfert de licences IV exclusivement quand cela concerne des débits de boissons de Montpellier », a révélé Philippe Saurel, à Métropolitain. Fini le copinage d’antan.

Quand la Ville refuse le transfert d’une licence IV, le requérant peut s’adresser à la préfecture. Après analyse des trois dossiers concernant les détenteurs de Lunel, du Tarn et et du Tarn-et-Garonne, elle a eu une position différente de la mairie de Montpellier et a accordé les transferts.

Il est une certitude : les licences IV donnent l’ivresse et pas qu’au zinc.

 

4 Comments

  1. Brigitte Roussel Galiana que vous citez dans votre article, N’A PLUS, la délégation de l’Artisanat,
    Celle-ci lui ayant été retirée par l’édile de Montpellier. Soit on est Adjointe au Maire soit l’on est SOUTIEN OFFICIEL et engagé de listes en CMA ET CCI. L' »info OUI mais pluche juste c’est plus mieux 😉

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