Montpellier : Alex Larue invite les élus à rejoindre sa chaîne de solidarité

Il y a quelques jours, Alex Larue (LR) a lancé une chaîne de solidarité après avoir vu une initiative de Joseph Francis (UDI). Ce dernier a décidé de consacrer la totalité de son indemnité mensuelle d’élu à la région Occitanie à l’achat de dictionnaires pour les enfants de CP dans l’Hérault. Le conseiller municipal et métropolitain de Montpellier a décidé de l’imiter en reversant ses indemnités de décembre aux Restos du Coeur.

Sur les réseaux sociaux, à travers le hashtag #elusolidaire, il invite les élus, qui peuvent se le permettre, à rejoindre cette initiative. Sans arrière-pensée, si ce n’est de participer à la solidarité nationale et pourquoi pas redorer le blason des politiques. Interview.

Pourquoi avoir décidé de lancer cette chaîne ?

J’ai fait ça instinctivement. Je n’étais pas au courant de la démarche de Joseph Francis que j’ai vue chez vos confrères de Midi Libre. Je me suis dit que les élus qui le peuvent doivent envoyer un message de solidarité aux Français à travers des causes qui leurs sont chères. Ce n’est pas une façon de mettre la pression sur tout le monde car il y a plusieurs catégories d’élu. Avec Joseph Francis, ce n’est pas notre principale source de rémunération donc il doit y en avoir quelques-uns pour qui c’est aussi le cas. L’idée de la chaîne m’est venue rapidement. J’ai appelé Joseph Francis pour l’en avertir parce que, quelque part, il est à l’origine du mouvement. Il a trouvé que c’était une bonne idée et si cela fait des émules, même 2 ou 3, ce sera toujours ça de gagné pour les différentes causes. Une fois par an, les élus peuvent ainsi sous une forme diverse, et pourquoi pas avec les indemnités, contribuer à la solidarité. Quelque part ces rémunérations viennent des impôts donc c’est pas mal de les remettre dans le circuit de la société civile.

Pourquoi avoir choisi les Restos du Coeur ?

Il y a un attachement générationnel. J’ai 44 ans, je fais partie de la génération Coluche. On a grandi avec les Restos du Coeur et j’y suis très attaché. C’est une cause aussi qui ne fait pas polémique. Au mois de décembre, les Restos du Coeur connaissent traditionnellement un pic de fréquentation tout en essayant de préparer des plats de qualité pour les gens dans le besoin. J’ai donc décidé de consacrer mes indemnités de décembre à cela.

À combien s’élèvent les indemnités que vous allez reverser ?

J’ai deux mandats à la Ville et à la Métropole ce qui représente 1 100 € net par mois. J’ai bien conscience que pour certaines familles c’est une somme très importante.

Que répondez-vous à ceux qui diront, car il y en aura, qu’il s’agit d’un geste électoraliste ou de communication ?

On pourra toujours dire que c’est de la démagogie. On peut aussi dire que tout est de la démagogie. Honnêtement, ce n’est pas une stratégie pour avoir une bonne ou une mauvaise image. J’ai eu Joseph Francis au téléphone ce matin. Il m’a dit que si ça permettait de redorer de manière générale le blason des politiques cela fera un deuxième effet positif. Ce n’est nullement une stratégie pour améliorer une quelconque image dans la perspective d’une échéance électorale. Si vous pensez aux Municipales, ce n’est pas le sujet. Ce serait avoir très peu de considération pour l’électorat que de croire que, parce que j’ai donné une indemnité en décembre 2018, je vais être élu en mars 2020. Mais nécessairement, il y en a qui vont critiquer. Je préfère que l’on dise que c’est démago et que cela profite à des gens plutôt que l’on ne fasse rien.

On vous voit régulièrement en soutien de causes qui sont de sensibilités dites de gauche (population d’Alep en Syrie, marche pour la planète…). Ce sont des démarches personnelles ou la volonté d’exprimer une certaine sensibilité chez Les Républicains ?

Les deux quelque part. C’est une démarche personnelle de part mon éducation et mon histoire personnelle. Après, j’essaie de faire vivre un courant humaniste chez Les Républicains. Il y a une ligne nationale qui est ce qu’elle est. Je suis plus dans une tendance historique gaulliste moins braquée sur certains sujets de protectionnisme. Sans tomber dans les clichés, de part ma mère russe, j’ai été élevé en citoyen du monde. Je fais maintenant de la politique localement. Au niveau national, les clivages sont de moins en moins prégnants. Au niveau local, ils ne le sont pas du tout. Il y a des causes de gauche que je soutiens. À côté de ça, même si on me dit de ne pas en parler car cela fait très à droite voir Ligue du Midi, je suis très attaché à la tauromachie. Cela peut paraître paradoxale mais comme tous les êtres humains, des fois on a des goûts qui sont antinomiques qui sont le fruit de notre histoire, de notre éducation. Le week-end dernier, j’étais à la marche pour la planète car je suis très attaché à l’écologie. Je pense que j’étais le seul type de droite (rire). Il n’y a pas quelque chose de très structurée en termes de doctrine. C’est ce que je suis.

À votre connaissance, y a t-il des élus qui ont pris le relai de votre chaîne de solidarité ?

Pour l’instant, je ne crois pas. J’ai fait un hashtag mais cela ne prend pas (rire). J’avais prévu de relancer ça dans le week-end en appelant des copains élus. Encore une fois, je ne pense pas que tous les élus puissent se le permettre. Il y en a qui passent beaucoup de temps à la gestion de leur commune au détriment de leur profession. Je suis très content d’avoir mes indemnités d’élu mais cela ne correspond pas à un temps plein pour moi. Je les reçois, je ne vais pas cracher dessus. Mais pour certains, c’est une partie importante de leur train de vie et je respecte parfaitement cela. Je ne suis pas du tout là pour dire que ceux qui ne donnent pas ne sont pas sympa. Je ne veux mettre personne dans l’embarras. En 2014, quand je suis arrivé au Conseil municipal, j’ai constaté que, tous les élus, on avait des places pour différents spectacles. J’ai décidé, et Clare Hart (DVG) m’a suivi, de les donner au CCAS. Si je veux une place, je me la paye. Ce que je faisais avant et continue de faire depuis quatre ans. Au-delà des élus dans leur délégation, je trouve que l’on a maintenant un devoir de ne pas nous comporter comme des privilégiés avec des passe-droits. La chaîne de solidarité avec les indemnités peut en être un petit symbole. On doit envoyer un message positif aux Français en montrant que les élus ne sont pas là pour profiter de leur mandat. On va encore dire que je fais de la démagogie mais je m’en fous (rire).

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