Montpellier : fin des barquettes en plastique et plus de bio dans les cantines

La Ville de Montpellier a annoncé la fin de l’utilisation des barquettes en plastique dans les restaurants scolaires. « Nous sommes la première ville à utiliser des barquettes 100 % bio-compostables » assure Marie-Hélène Santarelli. Une décision qui répond à une question de santé public face à l’inquiétude des parents. « Les composants plastiques qui contiennent des aliments chauds sont susceptibles d’entraîner des productions de molécules qui peuvent perturber le système endocrinien des enfants » explique la déléguée à la bio-alimentation et à la restauration scolaire. Le dispositif, opérationnel début 2019, s’inscrit dans une politique globale menée par la municipalité concernant l’alimentation et la santé des enfants.

Toujours plus de bio

Si le gouvernement prévoit de fixer dans une loi sur l’alimentation l’objectif de 50 % de produits bio ou préservant l’environnement dans les cantines d’ici 2022, la ville de Montpellier n’a pas attendu pour s’y mettre. « Nous avons fait le choix d’introduire par filière d’aliments à hauteur de 30 % de produits bio », indique Marie-Hélène Santarelli.

Dès 2015, le pain a été rejoint, avec la même attention qualitative, par les produits laitiers, le riz de Camargue, la viande rouge de l’Aubrac, des fruits et légumes cultivés à proximité. L’objectif étant de « développer des produits issus agricultures biologiques, raisonné ou des circuits de proximité ».

14’000 tonnes de tomates

« Les pommes étaient jusque-là cultivées en agriculture raisonnée donc respectueuse de l’environnement, mais des parents ont soulevé des problèmes de pesticide pouvant être contenus dans les pelures. Nous avons donc introduit 100 % de pommes bio » précise t-elle. 14’000 tonnes de tomates et 12 tonnes de melon ont ainsi été produites localement pour les restaurants scolaires de la ville.

Quant à l’objectif fixé par le gouvernement, Marie-Hélène Santarelli pense que « en 2022 nous serons en avance sur la loi ». « Nous nous donnons pour l’avenir toutes les capacités pour augmenter le pourcentage de bio dans l’alimentation de nos enfants » complète Philippe Saurel. Le maire précise que concernant les aliments servant à la réalisation des repas à la cuisine centrale de la ville : « Lorsqu’un marché arrive à échéance, nous le remplacerons par un marché bio ».

Lutte contre le gaspillage

Un temps décrié par les parents, le système de réservation a contribue à lutter contre le gaspillage alimentaire en permettant de prévoir au mieux le nombre de repas. D’autres mesures plus pratiques, comme la mise en place de tables de tri ludiques avec des animateurs pour expliquer aux enfants par exemple, auraient ainsi permis une économie de 59 tonnes de nourriture. « Cela nous permet d’acheter des aliments plus coûteux comme les aliments bio » précise Marie-Hélène Santarelli.

Désormais « 100 % des écoles trient leurs déchets et les envoient à l’usine de méthanisation. Cela représente 200 tonnes de déchets valorisés en biogaz et en compost » complète t-elle. Quand aux plateaux repas non consommés, des accords ont été passés avec la société Saint-Vincent-de-Paul et les Restos du Coeur qui ont ainsi pu récupérer respectivement 10 000 et 5 000 repas.

Cette politique en faveur de la restauration scolaire, qui a séduit les parents, va bien au-delà selon Philippe Saurel : « La cantine est devenue une attraction pour les familles de Montpellier. Depuis la modification des tarifs, la fréquentation des restaurants scolaires a été multipliée par deux. Nous avons proposé aux familles qui en ont le plus besoin la possibilité pour leurs enfants de manger tous les jours à la cantine. C’est une vraie avancée sociale ».

 

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