Interview. Carole Delga s’engage pour le Gard

À quelques jours de la Féria des Vendanges de Nîmes, la Présidente de Région a accordé un long entretien à Métropolitain pour évoquer en profondeur sa volonté de mener sur ce territoire « porte d’entrée Est de l’Occitanie », une action politique efficace. Réaffirmant son engagement pour ce territoire « avec un tel potentiel », elle l’assure : elle compte bien s’appuyer aussi sur le Gard pour construire une région « plus forte ». Interview.

La Féria des vendanges fête cette année ses 40 ans. Pourquoi cette manifestation est-elle essentielle à vos yeux ?

La Féria de Nîmes est un des événements populaires emblématiques du Gard et bien au-delà, aussi j’ai souhaité que la Région s’y associe. Reconnaître les spécificités et les identités de chaque territoire, c’est garantir une région forte. L’Occitanie a des racines fortes, je veux les préserver. Mais elles constituent aussi des atouts importants pour son développement économique, social, culturel ou environnemental. Les traditions gardoises et camarguaises contribuent à l’attractivité culturelle de toute notre région. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé, avec mon ami Jean Denat, maire de Vauvert, un plan régional d’actions en faveur des traditions camarguaises, pour assurer leur évolution et leur promotion.

« Reconnaître les spécificités et les identités de chaque territoire, c’est garantir une région forte »

 

Vous évoquez le patrimoine. En quoi le soutien des collectivités est-il essentiel à sa survie ?

Avec ses 8 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco et ses 5 000 monuments historiques, la Région Occitanie englobe un patrimoine exceptionnel, qui raconte l’histoire de l’humanité. Pour autant, cette richesse peut parfois être menacée. Nous sommes mobilisés auprès de tous ces lieux patrimoniaux pour leur préservation. Nous développons un accompagnement spécifique, en concertation avec d’autres collectivités et l’Etat. La preuve, ce que nous avons décidé avec le conseiller régional Fabrice Verdier et la mosaïque gallo-romaine découverte lors des travaux à Uzès. Je veux faire briller ces pépites de notre territoire, sources d’attractivité et de reconnaissance sur le plan international. Qu’il soit naturel ou culturel, matériel ou immatériel, le patrimoine constitue le socle du développement touristique et culturel régional, j’en suis convaincue.

Quels indicateurs permettent de savoir qu’un soutien financier a été efficace ?

Le premier critère du soutien financier de la Région, c’est l’intérêt général. Ensuite, je veille à l’égalité territoriale. En ce qui concerne la culture, je suis attachée à une valeur forte : plus de culture partout, et pour tous. La culture n’est pas un supplément d’âme, c’est pourquoi d’ailleurs le budget régional de la culture est en constante augmentation depuis mon élection en 2016. La culture a une utilité sociale qu’il nous faut absolument préserver, coûte que coûte. C’est une arme contre l’intolérance et l’égoïsme. Si la Région contribue, peu ou prou, à ouvrir les esprits sur l’ensemble du territoire, je me dis que le contrat est rempli. Au-delà de cela, la culture représente un poids économique et un moteur touristique très fort dans notre région. Il est difficile d’avoir un chiffre global, tant les manifestations culturelles sont diverses, mais nous estimons que 1€ de subvention génère environ 6€ de retombées économiques.

Dans le même registre, vous avez identifié 40 lieux en région et avez créé pour eux un label « Grands Site Occitanie ». Dans quel but ?  

La mondialisation du tourisme et la concurrence qu’elle génère nous obligent à monter en gamme, mais pas au détriment de ce que nous sommes. Le tourisme, ou plutôt le touriste change, et cherche toujours plus d’authenticité, d’expérience. Nous devons adapter notre offre et innover. C’est le sens de notre politique régionale « Grands Sites Occitanie » où nous allions forte promotion et aides concrètes à des projets de terrain. À partir d’un patrimoine historique ou naturel exceptionnel, il s’agit d’irriguer, grâce au soutien financier de la Région, un territoire beaucoup plus large, visant à mettre en avant « l’expérience Occitanie ». Ici dans le Gard, s’exprime toute la pertinence de notre démarche : une forte dynamique touristique avec le Pont du Gard, Nîmes, Uzès, les Cévennes, la Camargue…

Au-delà la Culture, que représente le Gard pour l’économie de notre région, tirée par Toulouse et Montpellier et dont la taille est un facteur de complexité ?

Le Gard, dans mon esprit, c’est la porte d’entrée Est de l’Occitanie, un concentré d’atouts pour notre économie avec le deuxième bassin industriel d’Occitanie. Damien Alary, vous le savez, en est un formidable ambassadeur auprès de moi. Je pense notamment à Alès, à Bagnols-sur-Cèze et au couloir rhodanien, aux entreprises emblématiques du territoire comme à son riche tissu de PME, de PMI et de startups. Je n’oublie pas la filière forêt bois, tout aussi essentielle pour les Cévennes. Bien sûr, la force du Gard, c’est aussi son ouverture sur la Méditerranée, l’agroalimentaire et son formidable potentiel touristique.

Le Gard de demain, vous y pensez ?

Nous y pensons tous ! L’Open Tourisme Lab, lancé avec Yvan Lachaud, président de l’Agglo, vise, depuis Nîmes, à imaginer le tourisme de demain. Peu de territoires peuvent se prévaloir d’une telle diversité ! Je suis pleinement mobilisée pour faire du Gard un territoire d’innovation. Il y a du potentiel. Regardez les Rencontres Internationales des Véhicules Ecologiques, à Alès, un événement unique en France à bien des égards, que j’ai décidé de soutenir fortement après sa présentation par Max Roustan, le maire de la ville.

Le Gard est un département relativement pauvre si l’on se place d’un point de vue économique. Vous dites vouloir y remédier. Mais, honnêtement, ne pensez-vous pas que l’action institutionnelle a, sur ces sujets, ses limites ?

L’action publique est importante, mais il faut opérer un véritable rassemblement de toutes les forces économiques et sociales. Je ne crois pas à la fatalité. Aucun territoire ne possède un destin tout tracé, immuable. Il faut se retrousser les manches. Je suis convaincue que c’est en misant sur la richesse et le potentiel de chacun de nos territoires – petit ou grand, en rassemblant les femmes et les hommes, que nous pourrons collectivement construire un territoire plus fort. Depuis 2016, nous avons ainsi investi 638 M€ au profit des projets gardois, soit environ 867€/habitant pour soutenir ce département et accompagner de nombreux projets structurants et porteurs d’emplois.

« Qu’il soit naturel ou culturel, matériel ou immatériel, le patrimoine constitue le socle du développement touristique et culturel régional, j’en suis convaincue ».

Quelques exemples récents ?

La création d’une salle multi-activité à Monoblet, un nouveau campus dédié à l’apprentissage sur le site de l’Ecole des Mines d’Alès, la modernisation de l’Ecole de Mer du Grau-du-Roi, la rénovation de l’abbatiale de Saint-Gilles, les études sur la réouverture au trafic voyageurs des lignes ferroviaires Pont-St-Esprit-Nîmes et Alès-Bessèges, la création d’un parc photovoltaïque à Aubais… Vous le voyez, cela touche tous les secteurs et je salue le dialogue de qualité que j’entretiens avec tous les décideurs politiques ou économiques du département, et notamment avec Denis Bouad, le président du Conseil départemental, avec qui nous sommes en phase, sur l’action pragmatique et efficace de nos collectivités.

Augmenter le pouvoir d’achat… Même pour notre président de la République, c’est un casse-tête.

C’est un casse-tête si vous choisissez de privilégier certains au profit du plus grand nombre, ce que fait hélas ce gouvernement. Ce n’est pas ma vision des choses. Un exemple concret : avec la Carte Jeune par exemple, nous avons amélioré le système d’aides aux familles des lycéens et apprentis. La fourniture de manuels scolaires gratuits et des premiers équipements professionnels ainsi que l’accès facilité à un ordinateur sont des atouts fondamentaux. Le déploiement d’aides supplémentaires spécifiques pour les apprentis – aides pour le transport, l’hébergement et la restauration – à vocation à favoriser l’attractivité de l’apprentissage. Cela représente 400 euros d’économisés par jeune en moyenne. Depuis cette année, la Région est responsable des transports scolaires, ce qui concerne près de 18’300 jeunes dans le Gard. Je me suis engagée à maintenir cette année l’abonnement à 70€ par an.

Sur un horizon de quelques mois, quels sont les grands projets pour le Gard ?

En cette période de rentrée scolaire, je pense évidemment au futur lycée de Sommières, pour lequel nous avons mobilisé 45 M€ et qui pourra accueillir en 2021 près de 1 200 élèves. J’étais par ailleurs il y a quelques jours dans les Cévennes gardoises pour visiter l’observatoire du Mont-Aigual, où nous venons de mobiliser une aide de 700 000€ pour la création sur le site d’un futur centre d’interprétation et de sensibilisation aux changements climatiques à horizon 2020. La Région contribue en parallèle à des projets d’envergure tels que le projet de rénovation et d’extension de la station thermale d’Allègre-les-Fumades, estimé à 15M€, ou encore la construction d’un campus scientifique au CFA de l’Ecole des Mines d’Alès. Je pense aussi au futur accélérateur « Cleantech Booster », en cours de création sur l’ancien site EDF d’Aramon, qui aura pour mission d’accompagner les startups et PME innovantes dans les domaines de l’énergie décarbonnée, du recyclage, de la chimie verte ou encore de l’eau.

>> Interview : Xavier Paccagnella Photos : Mario Sinistaj Vidéo : Arnaud Boularand.

 

2 Comments

  1. J’ai croiser md la Présidente au centre écusson de Montpellier la semaine dernière ,elle était a la terrasse d’un restau avec un ami et force est de reconnaitre qu’elle encore plus jolie en vrai 🙂

    (#Gros Fayo ;))

  2. Metropolitain le « pti » journal qui monte,qui monte,qui monte…

    Et qui se donne les moyens de la faire sans tabou ni omerta alors que d’autre n on de libre que le nom…

    Très bonne petite vidéo sur Md Delga
    J’aimerais bien voir une vidéo de l ‘interview du père poignarder devant le Lycée Joffre si il accepte de témoigner a visage découvert.

    C’est grave cette histoire et toutes ces agressions au centre ville et la gare de Montpellier.

    Bravo a vous d’avoir courageusement dénnoncer cela est le reste.

    La sécurité est la première des libertés individuel ,c’est un devoir inconditionnel de l’état envers ces citoyens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *