Étang de Thau : la « Malaïgue » a décimé 4 000 tonnes d’huîtres et moules

Le chiffre donne le vertige : 4 000 tonnes d’huîtres et de moules élevées dans l’étang de Thau qui s’étend aux portes de Sète, jusqu’à Mèze et Marseillan ont été tuées par la  » Malaïgue », un phénomène naturel qui se développe en période de températures caniculaires.

Les conchyliculteurs de Thau ont enregistré la perte très exactement de 2 703 tonnes d’huîtres et de 1 218 tonnes de moules, soit un total de 3 921 tonnes de coquillages. Financièrement, la facture est lourde : près de 6 M€ -5,95 M€ -, plus précisément 4,73 millions d’euros pour les huîtres et 1,22 millions d’euros pour les moules, dont la production est détruite à 100%.

La zone Bouzigues-Loupian épargnée

Les fortes chaleurs d’une durée et d’une intensité exceptionnelles en juillet, conjuguées à l’absence de vent ont favorisé l’apparition et la propagation de la « Malaïgue » sur une partie de l’étang de Thau. Ce phénomène tant redouté des professionnels de la culture concylicole consiste en une absence d’oxygène dans le milieu marin, mettant en péril la vie de la faune et de la flore autochtones, et notamment les coquillages d’élevage. Les fonds deviennent blanchâtres sur des centaines d’hectares dans l’étang.

« La mission d’expertise diligentée par le préfet dès le 14 août dans le cadre de la procédure de reconnaissance du sinistre a confirmé les taux de mortalité très importants sur les coquillages, révèle la préfecture de l’Hérault,. Le lotissement de Marseillan fait état d’un taux moyen de mortalité sur les huîtres de 52 %, alors que sur celui de Mèze-Montpénèdre déplore une mortalité de 63,5 % ».

Commission nationale saisie

Plus d’un tiers de la production annuelle d’huîtres sur le bassin a ainsi été détruit en quelques jours. « En revanche, les huîtres de la zone de Bouzigues-Loupian ont été globalement épargnées par les mortalités, bien que des tables de production à terre aient été touchées avec 30 à 40 % de pertes. », relève la préfecture, ce jeudi.

Le préfet de l’Hérault annonce « saisir, sans délai, la commission nationale de gestion des risques agricoles, en vue de la reconnaissance du sinistre par arrêté ministériel. »

Les conchyliculteurs qui font face à une grande difficulté de trésorerie attendent une réponse rapide du gouvernement.

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