Montpellier : la pelouse du stade de la Mosson a souffert de la chaleur

Samedi soir, la pelouse du stade de la Mosson a été une nouvelle fois sujet aux critiques après le match Montpellier – Saint-Étienne. L’année dernière, à la même période, le terrain des Montpelliérains avait énormément souffert à cause d’un champignon. S’il ne s’agit pas du même problème, il faudra encore attendre quelques semaines avant que la pelouse soit verte et bien garnie comme l’explique Patrice There, du bureau de diagnostic Nova Rea qui travaille en étroite collaboration avec de nombreux clubs de foot et de rugby ou de collectivités comme Montpellier depuis 2007.

Une pelouse critiquée

Dès leur sortie du terrain, les déclarations des joueurs, si elles n’expliquaient pas le résultat, excusaient au moins certaines difficultés à assurer un spectacle de qualité. « C’est difficile de mettre du rythme et de la justesse. Le ballon ne fait que sauter. C’est compliqué de jouer sur une pelouse comme ça » justifiait Michel Der Zakarian.

De retour à la Mosson avec Saint-Étienne, Rémy Cabella était désolé : « C’est la première fois que je la vois comme ça et c’est vraiment difficile de jouer ». Benjamin Lecomte était lui plus critique : « On est des joueurs professionnels et on nous demande d’être à un bon niveau, mais ce serait bien que cela suive aussi derrière ».

Si le MHSC évolue au stade de la Mosson, c’est la Métropole de Montpellier qui gère l’entretien de son équipement et donc de la pelouse. Pour épauler les services, les chercheurs du Cirad et les spécialistes de Nova Rea interviennent comme conseils mais également en cas de problème. Ce fut le cas, il y a deux ans avec la découverte du pyricularia qui envahit la plupart des stades français. Après la pose l’année précédente d’une nouvelle pelouse, le terrain subit les foudres du champignon durant les deux derniers débuts de saison en raison des périodes de fortes chaleurs de plus en plus longues.

Une situation différente

« Ce n’est pas la même situation car la Métropole n’est pas restée sans rien faire » précise Patrice There. Après plusieurs tests menés par le Cirad, le choix s’est porté sur un graminée de gazon résistant au champignon. La nature hybride (sable + fibre) des sols fait que les terrains souffrent désormais moins en période hivernale. « L’inconvénient c’est que ces substrats complexes sont beaucoup plus sensibles sur le plan agronomique. Dans le Sud de la France, on subit la période estivale qui est aujourd’hui le plus gros problème » observe Patrice There.

« Cette année, la pelouse n’a pas été atteinte par le pyricularia. La maladie est présente car, à partir du moment où une pelouse est infectée, le champignon peut réapparaître. Mais il n’a pas pu s’exprimer pour différentes raisons techniques qui ont été gérées et c’est un point positif » souligne Patrice There, qui donne l’explication à la situation rencontrée aujourd’hui : « Les semis ont été réalisés en juin à la fin du championnat. Les températures très fortes qui ont suivi, notamment au niveau du sol, ont bloqué la végétation. La plante survit mais elle ne peut pas se développer ». Un phénomène visible accentué sur les parties ensoleillées du terrain.

Retour à la normale dans 3-4 semaines

Une fois les températures revenues aux alentours de 25°C, la pelouse de la Mosson devrait se densifier et reverdir. En complément, des graines seront plantées dans les espaces qui n’ont pas encore été colonisés. Cette variété de pelouse permet d’avoir une hauteur de 5 cm en quelques jours. Patrice There est donc assez optimiste : « Il n’y a pas le pyricularia donc si les températures baissent, avec un regarnissage complet en semi plus la plante existante, en trois-quatre semaines le terrain peut se refaire correctement ».

Ce sera donc un peu juste pour la réception de Strasbourg dans quinze jours mais le terrain sera tout de même dans un meilleur état. « On a des substrats de plus en plus technique. C’est de la Formule 1 et il faut des pilotes qui soient de mieux en mieux formés. D’année en année, on voit le personnel monter en compétence mais il y a encore des réglages à affiner » argumente Patrice There. Si la majorité des pelouses de Ligue 1 sont aujourd’hui gérées par les clubs, le cas de Montpellier fait figure d’exception.

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