Les recherches se poursuivaient ce samedi pour retrouver un Allemand de 66 ans, un accompagnateur de la colonie, qui a disparu, alors qu’il se trouvait sur ce terrain privé touché par les inondations. Des gendarmes en treillis exploraient samedi la zone autour des campings de la commune, où l’on peut encore apercevoir des matelas accrochés aux arbres, des caravanes éventrées et de nombreux détritus jonchant le sol.

Vendredi, des témoins ont assuré avoir aperçu un corps qui flottait dans la Cèze. Des recherches entreprises dans cette zone sont demeurées vaines.

Enfants dans les arbres

Jeudi, certains enfants ont été retrouvés par les sauveteurs « accrochés dans les arbres ». Quatre gendarmes de la brigade de Pont-Saint-Esprit arrivés les premiers sur le site ont pu les secourir. « Ces militaires n’ont pas hésité à se jeter à l’eau pour ramener, malgré les forts courants et une eau à hauteur des épaules, en sécurité les adolescents agrippés aux arbres encerclés par la rivière. Côté vallée de la Cèze, les campings ont tous été sondés et les estivants mis en sécurité. L’eau, arrivée en vague brutale, était montée au moins jusqu’à la taille d’un adulte, sous des orages exceptionnellement violents. Quelque 180 personnes ont été évacuées en urgence à Saint-Julien-de-Peyrolas, dont les enfants de la colonie allemande. Neuf d’entre eux ont été légèrement blessés et les tentes, caravanes et installations ont été dévastées par le ruisseau du Valat d’Aiguèze, proche de la rivière Ardèche, transformé en torrent. Proches également de la rivière Ardèche et quasiment au même niveau que ce cours d’eau, deux autres campings homologués qui jouxtaient la colonie, selon la préfecture, ont aussi été inondés », révèle ce samedi le groupement de gendarmerie du Gard.

Les gendarmes sécurisent toujours le centre provisoire d’hébergement des jeunes allemands qui séjournaient en colonie de vacances. ils recherchent la personne disparue, avec le renfort de l’hélicoptère de la section aérienne de Montpellier. Ils recherchent également tous les biens des victimes pour les mettre en sécurité. Enfin, ils procéderont à la sécurisation du site jusqu’au départ des jeunes de la colonie.

« Les responsables du camping le savaient »

Selon le procureur de Nîmes, les deux responsables allemands ont reconnu au cours de l’enquête avoir été informés du danger. « Il est désormais établi que l’endroit où se trouvait la colonie était dans une zone à risque inondable et que les responsables du camping le savaient », déclare ce samedi, Eric Maurel.

Le maire de Saint-Julien-de-Peyrolas, René Fabrègue, « avait alerté les responsables de l’association. Il avait même saisi le tribunal administratif et, dans les 48 heures avant le drame, les autorités municipales avaient alerté les responsables de l’association sur le danger à rester là, en raison de la montée éventuelle des eaux ».

Le procureur de Nîmes indique que, « Tout au long de l’année, le procureur de la République, en lien avec les services de la préfecture, les différentes administrations concernées et l’ensemble des élus du Gard, travaillent sur la question du risque inondation, qui est un sujet extrêmement sensible pour le Gard ».

En conflit depuis un an

Depuis 2017, la commune de Saint-Julien-de-Peyrolas est en conflit avec l’association allemande propriétaire du terrain, qu’elle accuse de ne pas respecter le plan d’urbanisme. Cette association y est installée depuis 2006, après avoir été présente sur la commune voisine de Saint-Martin-d’Ardèche.

Selon le maire de Saint-Julien-de-Peyrolas, « Fondée dans les années 1950 par un prêtre catholique à Leverkusen (ouest de l’Allemagne), l’association explique sur son site Internet disposer de ce terrain de camping à Saint-Julien-de Peyrolas, qu’elle a peu à peu aménagé et agrandi. Le nombre d’enfants venant y passer leurs vacances oscille entre 150 et 185 ».

Les deux responsables de cette colonie de vacances ont été mis en examen et libérés sous contrôle judiciaire, ce samedi. En cas de découverte du corps du disparu, ils seront mis en examen pour homicide involontaire par négligence, également un délit passible du tribunal correctionnel.

Les gendarmes gardois inspectent une caravane détruite. Photo Gendarmerie.
Recherches sur le site inondé ce samedi. Un Allemand de 66 ans a disparu. Photo Gendarmerie.